Le Centre de Visionnage : Films et débats

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B-Lyndon
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groil_groil a écrit :
lun. 16 janv. 2023 14:16

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Je vais terminer une rétrospective intégrale entamée l'an dernier, consacrée à Nuri Bilge Ceylan. Il me restait 3 films à revoir : Koza, Kasaba et Nuages de Mai, et un à découvrir, sa Palme d'Or Winter Sleep, que j'avais snobé notamment à cause de sa durée (3h16) mais surtout par les retours négatifs que j'en avais eu (long pensum, archétype du film de festival, metteur en scène trop sûr de lui, pour aller vite). Bref, je n'y allais pas à reculons, car j'adore le cinéaste, mais je n'en avais pas une envie folle non plus... Et bien contre toute attente, grosse déculottée, j'ai littéralement adoré ! Grande classe, le film est sublime, sublimement mis en scène, et à la fois Ceylan ne radote pas du tout, mais surtout je crois que jamais il n'est allé aussi loin dans le traitement de la relation de couple dans son oeuvre (encore plus loin que dans Les Climats), et tout ça en mettant en relation crise de couple et éléments naturels, c'est fait avec une beauté et une force saisissante. En cela il me fait un peu penser au dernier Reygadas (deux cinéastes qui ont pas mal de choses en commun d'ailleurs, même si l'approche est très différente). C'est dingue ça, je pensais détester et le film m'a renversé !

Ca me donne envie de le voir, j'ai toujours eu un peu peur de ce film. Tu as vu Le Poirier Sauvage ? Une merveille. :love2:
« j’aurais voulu t’offrir cent mille cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l’appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous »
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groil_groil
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B-Lyndon a écrit :
mar. 17 janv. 2023 09:33
groil_groil a écrit :
lun. 16 janv. 2023 14:16

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Je vais terminer une rétrospective intégrale entamée l'an dernier, consacrée à Nuri Bilge Ceylan. Il me restait 3 films à revoir : Koza, Kasaba et Nuages de Mai, et un à découvrir, sa Palme d'Or Winter Sleep, que j'avais snobé notamment à cause de sa durée (3h16) mais surtout par les retours négatifs que j'en avais eu (long pensum, archétype du film de festival, metteur en scène trop sûr de lui, pour aller vite). Bref, je n'y allais pas à reculons, car j'adore le cinéaste, mais je n'en avais pas une envie folle non plus... Et bien contre toute attente, grosse déculottée, j'ai littéralement adoré ! Grande classe, le film est sublime, sublimement mis en scène, et à la fois Ceylan ne radote pas du tout, mais surtout je crois que jamais il n'est allé aussi loin dans le traitement de la relation de couple dans son oeuvre (encore plus loin que dans Les Climats), et tout ça en mettant en relation crise de couple et éléments naturels, c'est fait avec une beauté et une force saisissante. En cela il me fait un peu penser au dernier Reygadas (deux cinéastes qui ont pas mal de choses en commun d'ailleurs, même si l'approche est très différente). C'est dingue ça, je pensais détester et le film m'a renversé !

Ca me donne envie de le voir, j'ai toujours eu un peu peur de ce film. Tu as vu Le Poirier Sauvage ? Une merveille. :love2:
Oui j'adore aussi, si tu aimes le Poirier tu aimeras celui-ci (j'en avais peur aussi ;) )
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asketoner
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Haut, bas, fragile, Jacques RIvette, 1995[/b

Chez Rivette on ne fait rien comme tout le monde. Le cinéaste a une vision de la vie qui n'appartient qu'à lui.
Cette vision, il la distribue (comme les cartes d'un jeu plus vaste) entre trois personnages principaux. Trois femmes : Marianne Denicourt, Nathalie Richard, Laurence Côte.
Denicourt semble sortie d'un conte de fée, en fait elle émerge seulement d'une très longue absence (un coma de cinq ans). Elle est celle qui a tout mais ne sait rien, et se trouve prise de vertige face à une représentation de Paris par des temps plus anciens. Le passé est un gouffre face auquel elle se dérobe. Pendant son coma, elle a hérité d'une grande maison dans Paris, mais elle préfère vivre à l'hôtel, "en transition", comme une personne qui ne serait pas d'ici, alors que tout l'y attache avec force.
Laurence Côte est l'adoptée qui n'a jamais connu sa première mère. Derrière elle il n'y a rien de précis, et donc possiblement tout. Elle se laisse obséder par une chanson dont elle cherche les paroles, qu'elle pense avoir entendue bien avant d'être née. Elle travaille à la bibliothèque, trie de grands livres épais et lourds dont l'ancienneté la nargue, elle qui vient tout juste d'arriver à Paris, et qui parle à son chat à défaut de s'intéresser à l'amitié ou à l'amour. Elle poursuit sa quête, ce mystère qui la lie à tous les inconnus et la sépare de tous en même temps, et pourtant ne supporte pas qu'on la reconnaisse.
Nathalie Richard est encore d'un autre genre. Elle circule dans Paris (à mobylette ou en rollers) pour livrer des colis énormes et des fleurs, elle vole, danse, joue plusieurs rôles, embrasse à l'impromptu, réclame son dû, restitue la connaissance (et non les biens). Si libre et si indépendante qu'on pourrait la croire amorale. C'est d'ailleurs sa seule inquiétude : qu'on la juge. Mercurienne, elle se lance dans la ville pour rétablir les liens entre les gens, les mondes et les époques.
Le film est très chorégraphié, parfois chanté. On y voit des personnes tourner sur elles-mêmes, monter, descendre, répondre à la musique comme si elles étaient hypnotisées, jouer et obéir à toutes les règles, même les plus dangereuses, entrer dans des maisons, suivre, poursuivre, se défiler, détruire les vieux papiers. Les hommes sont embrassés, cueillis, surpris, très tourmentés. Les femmes mènent la danse. Mais toujours dans l'ombre d'un père (comme souvent chez Rivette), duquel il faut apprendre à se défaire, quitte à déchoir. Todeschini est peut-être un ange pour Denicourt, mais c'est son père qui l'envoie à ses trousses. Alors comment savoir ce qu'est l'amour ? Le père n'est qu'une voix sur un téléphone, mais tout de même il est là, partout, caché au fond d'un meuble, présent à chaque seconde de sa vie sans qu'elle s'en aperçoive. Il lui faudra beaucoup lutter, et affronter ses peurs pour s'en séparer pour de bon.
Le film circule sans cesse entre ce qui est haut et ce qui est bas : les classes sociales, les sous-sols, les étages, les toits. La vie pour Rivette est ainsi : entre la matière et l'esprit. C'est là, dans cette tension, que se situe toute la fragilité des êtres. Et c'est ce qui les conduit à chanter et danser. Drôle de chemin pour ce cinéaste, qui réalise soudain, à 70 ans, une comédie musicale.]
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cyborg
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Sous le signe du vaudou - Pascal Abikanlou - 1976

Film fondateur du cinéma béninois, Sous le signe du Vaudou est un film extrêmement simple dans sa narration : un jeune villageois décide de partir vivre en ville pour aider sa famille à subvenir à ses besoins. Après quelques tentatives infructueuses il finit par retourner auprès des siens.
La destinée d'un seul individu pour incarner le portrait de tout un pays déchiré entre modernité et des traditions religieuses, culturelles, familiales encore très puissantes. Si le film est assez fragile cinématographiquement, tout son intérêt repose sur sa dimension ethnographique et ses images rares de la campagne du Bénin.


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Eami - Paz Ancina

Ancina prolonge sa mue cinématographique débuté dès son deuxième film "Excercice de mémoire" dans lequel elle adoptait un style flottant et aérien dénotant radicalement avec la fixité des longs plans de Hamaca Paraguya. Elle superposait alors à ses images de territoires anciennement en conflit les voix de témoignages d'opprimés de la dictature d'Alfredo Stroessner. Dans Eami elle s'intéresse aux populations amérindiennes ayant souffert de la colonisation occidentale, notamment durant la guerre du Chaco dans la deuxième et troisième décennie du XXème siècle.
Si le cinéma n'est plus le même, la toile de fond reste similaire : la guerre du Chaco. Le couple de paysan d'Hamaca attendait en effet son fils parti sur le front et dont le retour tardif ne manquait pas de générer de nombreux tourments. Nous ne connaissions rien de ce vieux couple mais nous pourrions tout à fait les imaginer en hors-champs de Eami, s'attaquant aux populations natives présent sur leur exploitation. Tout ceci n'est bien entendu que pure spéculation de ma part mais afin de souligner de quelle manière Ancina à retourné sa façon d'aborder le territoire qu'elle filme et l'histoire de son pays, ce qui l'a en retour conduit à faire évoluer sa forme cinématographique. De plus si les bruits de la campagne faisait pencher Hamaca du coté du film "sensoriel" , cet aspect est ici totalement incarné par sa mise en scène et son esthétique qui se veut au plus près des croyances traditionnelles des natifs.
Si je suis moins réceptif émotionnellement et artistiquement à ce film qu'à Hamaca, je ne peux m'empêcher de le trouver intéressant et aux intentions plus que louables.


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Illustration parfaite de l'expression "allumer une bougie au lance-flamme".
Que nous adapterons aux circonstances thématiques du film : "remplir une tasse à café à la lance à incendie".
Merci quand même James, on t'aimait bien.



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En 1902, les derniers jours d'une famille afro-américaine avant leurs migration vers le nord des Etats-Unis. De vives discussions, entre désaccords, tendresses et souvenirs, émergent entre les 3 générations réunies, et notamment 3 femmes occupant le cœur du film.
Daughter of the Dust, paru en 1991, fut le premier film réalisée par une femme noire à bénéficier d'une large sortie commerciale aux USA. C'est peut-être cette ambition "commerciale" du film qui, à mes yeux, l’empêche d'être artistiquement satisfaisant. Nous sommes en effet à deux doigts du film académique en costume, plombé par une séries de choix esthétiques semblant très 90s avec 30 ans d'écart (les ralentis, la musique synthétique surgissant sans cesse...). Ces considérations mise à part, l'ampleur portée par le film (les échanges entre les générations, les choix de vie, le rapport au passé et au futur) est bien mené et surtout le film à le grand mérite de m'avoir fait découvrir la culture Gullah et les "Sea Island" de Caroline du Sud dont je n'avais absolument jamais entendu parler.



Je me permet de signaler que j'ai découvert ce film par le classement Sight & Sound paru récemment.
Du coup je m'adresse à @groil_groil qui tapait sur Michel Ciment qui disait que si Akerman était première du classement ce n'était qu'un effet post-me too. Ciment le dit n'importe comment et avec une sale bêtise pleine de sous entendus, mais il n'a pas complètement tort. En effet S&S semble avoir laaaargement changé/ouvert son panel de votant pour son dernier vote, cherchant assurément à diversifier les points de vues et les opinions. C'est la seule explication possible pour un tel résultat obtenu : je doute que les votants d'il y a 10 ans ai soudainement décidé de porter la radicalité du cinéma Akermanien au nu et que Citizen Kane c'était un peu moins bien. Ce type de procédé me semble plus que souhaitable et aura permis de belles surprises, et de découvertes pour beaucoup, tout en servant sans doute aussi un certain agenda politique (le film ci-dessus est censé être le 30 ou 40ème meilleur film de tous les temps, et malgré ses qualités je me permettrais tout de même d'en douter...).
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Tamponn Destartinn
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Documentaire aux hallucinantes images crues, après leur tout aussi hypnotisant Léviathan.
L'idée est de filmer au plus près le corps humain et sa santé.
Evidemment, les images chocs premières sont celles venant de caméras à l'intérieur du corps lors d'opérations chirurgicales, et c'est ce qui est le plus intéressant dans le film.
Je m'interroge un poil plus sur les scènes qui suivent de près des vieilles femmes séniles ou un monsieur malade mentalement, car tout aussi marquantes soient-elles, la question de consentement à immortaliser ses moments tragiques de leurs vies m'empêche de les apprécier entièrement. Et puis même, c'est voyeuriste...
En dehors de cela, le film est une priorité pour qui n'a pas la phobie de ce genre d'images
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Tyra
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cyborg a écrit :
mar. 17 janv. 2023 18:33
(le film ci-dessus est censé être le 30 ou 40ème meilleur film de tous les temps, et malgré ses qualités je me permettrais tout de même d'en douter...).
:hello: L'image ne s'affiche pas pour moi, du coup je ne sais pas de quel film tu parles.
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Narval
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groil_groil a écrit :
mar. 17 janv. 2023 09:43
Oui j'adore aussi, si tu aimes le Poirier tu aimeras celui-ci (j'en avais peur aussi ;) )
Perso, autant j'aime beaucoup le Poirier sauvage (ainsi que la plupart de ses films), autant le Sommeil d'hiver est ruiné pour moi par le personnage principal. J'ai trouvé ça mauvais, voire insupportable, notamment à cause des dialogues interminables et de la vision complètement ridicule du couple ainsi que du théâtre qui est dépeinte. Par ailleurs le salaud de personnage principal n'est jamais remis en question pendant l'intégralité du film malgré son comportement (remis en question par le cinéaste hein). Si on rajoute en plus à ça des sous-intrigues putassières avec un accident et des gamins qui n'aboutissent à rien, je trouve que c'est son moins inspiré et son plus boursouflé.

Mais bon c'est la tradition de palmer les moins films des grands cinéastes donc...
Modifié en dernier par Narval le mar. 17 janv. 2023 22:07, modifié 1 fois.
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Narval
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Tyra a écrit :
mar. 17 janv. 2023 21:56
:hello: L'image ne s'affiche pas pour moi, du coup je ne sais pas de quel film tu parles.
Bizarre, j'arrive à voir celle de Cyborg mais certaines du dernier post de groil sont manquantes...
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Kit
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Tyra a écrit :
mar. 17 janv. 2023 21:56
cyborg a écrit :
mar. 17 janv. 2023 18:33
(le film ci-dessus est censé être le 30 ou 40ème meilleur film de tous les temps, et malgré ses qualités je me permettrais tout de même d'en douter...).
:hello: L'image ne s'affiche pas pour moi, du coup je ne sais pas de quel film tu parles.
idem pour moi (que ce soit avec Vivaldi ou Firefox)
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Narval a écrit :
mar. 17 janv. 2023 22:06
Tyra a écrit :
mar. 17 janv. 2023 21:56
:hello: L'image ne s'affiche pas pour moi, du coup je ne sais pas de quel film tu parles.
mais certaines du dernier post de groil sont manquantes...
idem pour moi que ce soit avec Vivaldi ou Firefox

bizarre sur l'ordi du boulot avec Firefox je vois toutes les images
Modifié en dernier par Kit le mer. 18 janv. 2023 23:19, modifié 1 fois.
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hommage à Gina Lollobrigida sur Arte à 13h35
La Belle des belles (La donna più bella del mondo) 1955 Robert Z. Leonard
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cyborg
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Je parlais du film Daughters of the dust de Julie Dash


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sokol
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cyborg a écrit :
mar. 17 janv. 2023 18:33
C'est la seule explication possible pour un tel résultat obtenu : je doute que les votants d'il y a 10 ans ai soudainement décidé de porter la radicalité du cinéma Akermanien au nu et que Citizen Kane c'était un peu moins bien.
je parie qu'ils ne l'ont jamais vu le film d'Akerman. Ton explication est, bien évidement, le seul possible.
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
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asketoner
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Nos Soleils, Carla Simon


(C'est l'ours d'or 2022, sorti donc presque un an après son prix, et sous un autre titre que celui sous lequel il a été présenté, à savoir Alcarras.)

Le film est bon, et même assez parfait, mais un peu trop "comme il faut". Je chipote, mais disons que le réalisme fait un peu figure, ici, d'académisme. Pour aller vite, je n'aime pas du tout les scènes avec le grand-père qui cueille les fruits à l'ancienne dans son verger paisible avec ses gestes lents (j'ai envie de dire : mon oeil) ; ni celles où l'on m'explique que la famille est unie malgré les épreuves, que le moment passé ensemble est de qualité, ou que l'ambiance est bonne envers et contre tout (on dirait Klapisch). Toute la première partie est un peu trop posée (voire poseuse) et pas assez vivante pour que je la traverse avec mes propres perceptions. La réalisatrice me demande de comprendre son film, et non de le voir. Ce n'est pas le cas dans Y aura-t-il de la neige à Noël, Les Merveilles ni La Cienaga, qui sont certainement les grands modèles de Nos Soleils.
Et puis ça s'améliore. Peu à peu, le film se débarrasse de sa prudence, il se défait de sa première esthétique et tente d'élaborer des scènes plus narratives, qui sont tout de suite énigmatiques, incertaines et vibrantes. C'est bon signe pour cette réalisatrice, qui fera sûrement de belles choses par la suite. En attendant il y a ce Nos Soleils, un peu tiède au préalable mais finalement assez âpre, très touchant à force de creuser la piste d'une défaite à laquelle un homme ne se résout pas, pourtant inévitable, entraînant avec lui, vers la catastrophe évidente, toute sa famille, et notamment son pauvre fils qui lui est si fidèle, beau personnage transi de peur à l'idée de perdre l'amour de son père.
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yhi
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asketoner a écrit :
ven. 20 janv. 2023 17:04
Le film est bon, et même assez parfait, mais un peu trop "comme il faut".
Tellement que je l'ai trouvé barbant.
C'est un film ou les jumeaux portent les mêmes vêtements, où les enfants montent une pièce de théâtre pour leurs parents, où les agriculteurs font grêve en laçant des fruits pourris. Il n'y a aucune altérité, j'ai eu l'impression de voir des successions de platitudes qui font du film une tautologie. Je ne veux pas enlever au film que c'est son évidence qui fait sa force, mais sur 2h c'était compliqué. C'é"tait déjà come ça dans son premier film, je crois, qui ne m'a laissé quasiment aucun souvenir.

Carla Simon a réalisé un court métrage (d'échanges épistolaires) avec Dominga Sotomayor avec qui elle doit être proche. Leurs cinémas se ressemblent et pourtant pas facile de déceler pourquoi ce qui ne fonctionne pas chez la première prend bien pour moi chez la seconde.
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asketoner
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yhi a écrit :
ven. 20 janv. 2023 17:11
asketoner a écrit :
ven. 20 janv. 2023 17:04
Le film est bon, et même assez parfait, mais un peu trop "comme il faut".
Tellement que je l'ai trouvé barbant.
C'est un film ou les jumeaux portent les mêmes vêtements, où les enfants montent une pièce de théâtre pour leurs parents, où les agriculteurs font grêve en laçant des fruits pourris. Il n'y a aucune altérité, j'ai eu l'impression de voir des successions de platitudes qui font du film une tautologie. Je ne veux pas enlever au film que c'est son évidence qui fait sa force, mais sur 2h c'était compliqué. C'é"tait déjà come ça dans son premier film, je crois, qui ne m'a laissé quasiment aucun souvenir.

Carla Simon a réalisé un court métrage (d'échanges épistolaires) avec Dominga Sotomayor avec qui elle doit être proche. Leurs cinémas se ressemblent et pourtant pas facile de déceler pourquoi ce qui ne fonctionne pas chez la première prend bien pour moi chez la seconde.
Je ne connais pas du tout Sotomayor, mais je comprends que ce cinéma laisse froid. Ce n'est pas très intense en fait.
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sokol
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yhi a écrit :
ven. 20 janv. 2023 17:11


Tellement que je l'ai trouvé barbant.
C'est un film ou les jumeaux portent les mêmes vêtements, où les enfants montent une pièce de théâtre pour leurs parents, où les agriculteurs font grêve en laçant des fruits pourris.


Au cinéma, tu veux t’évader. Pas t’y immerger . Tout ça c’est banal (enfants, pièce de théâtre etc) pour toi. Je comprends mais qu’est ce que je ne suis pas d’accord !

Très beau film. Très démocratique. Même TRÈS TRÈS démocratique (exemple : quand la femme fout une baffe au fils de son beau frère, elle en foute une aussi à son mari). Rarement dans un film choral les personnages ont à une seconde près droit à l’image ou à la parole.

Chapeau !!
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Jean-Marie Straub
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Tyra
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Sinon, personne pour servir de cobaye et se cogner les 3 heures de Babylon ? :D
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Kit
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Tyra a écrit :
ven. 20 janv. 2023 22:04
Sinon, personne pour servir de cobaye et se cogner les 3 heures de Babylon ? :D
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yhi
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Tyra a écrit :
ven. 20 janv. 2023 22:04
Sinon, personne pour servir de cobaye et se cogner les 3 heures de Babylon ? :D
Vu cet après midi et j'ai pris une bonne claque.
Mais mes avis différent souvent de ceux des gens qui postent par ici, et je suis loin d'être sûr que tout le monde y trouve son compte.
C'est ambitieux et à mon opinion plutôt à la hauteur de ses ambitions. Après ça reste un gros morceau qui peut vite provoquer l'indigestion pour ceux qui 'y accroche pas (c'est assez hystérique, vulgaire et bruyant, mais c'est l'idée du film, Babylone)
Kahled
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Vu cet après-midi aussi. J’ai également adoré mais pas sûr que ça emballe beaucoup de monde ici en effet. :saint: :D
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asketoner
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Je vais sans doute y aller, j'ai détesté Lalaland mais la période décrite me passionne.

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Kino-Glaz, Dizga Vertov, 1924

Kino-Glaz, comme Genèse d'un repas de Luc Moullet, remonte à la source de ce que nous mangeons. Le procédé de Vertov est littéral : en faisant tourner la bobine dans le sens contraire de son enregistrement, il transforme le pain en pâte, la pâte en farine et la farine en épis de blés sous le soleil soviétique. Le procédé est non seulement amusant mais aussi didactique, et idéologique : c'est en remontant le cours du temps que l'on peut penser. Le geste cinématographique de Vertov est donc bel et bien celui de l'analyse. Il s'agit d'inverser l'ordre des choses, pour le renverser si besoin.
Après l'aventure des actualités de Kino-Pravda (que j'ai vues aussi, mais pas toutes), Dziga Vertov invente le documentaire. L'enthousiasme du film est flagrant. On suit ces jeunes pionniers, bien décidés à apporter quelque chose de neuf et de juste en ce monde. Staline ne tardera pas à mettre fin à cette joie sans doute un peu trop pure, qui irradie, en la qualifiant de formaliste. Pourtant je ne sais pas si on peut faire un film plus convaincu de la nécessité du communisme. Ni même un film plus joyeux, au fond, que celui-ci.
Mais un détail du réel saisit, lors d'une scène a priori anodine où les pionniers se jettent dans le lac. Tous vont se baigner sauf un, qui hésite, puis renonce carrément. La peur est toujours plus forte.
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sokol
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asketoner a écrit :
sam. 21 janv. 2023 21:19
Staline ne tardera pas à mettre fin à cette joie sans doute un peu trop pure, qui irradie, en la qualifiant de formaliste.
Tu parles en général ou particulièrement à propos de «Ciné-œil» (Kino-glaz) ?

Je ne crois pas que Staline (vers la fin des années 20 je parle) a voulu mettre fin à cette façon de faire de l’art en la trouvant ‘trop pure’ (car, il ne savait pas du tout comment les choses allaient continuer : c’est la première fois que la classe ouvrière prenait le pouvoir, au moins sur papier donc, tout était de la pure expérimentation). C’est avant tout parce qu’il voulait crée une méthode officielle de l’art, pour bien la distinguer de l’art des autres pays dit capitalistes. Il la appelait la méthode du réalisme socialiste.

Avec le recul (pour être franc, je connais assez bien l’histoire de l’URSS des années 20, le début du début quoi) je pense que, si on considère que ce que l’Union Soviétique a construit économiquement était un capitalisme d’état (puisque l’accumulation du capital restait tout de même le socle de toute activité économique), on peut déduire que la méthode du réalisme socialiste est à l’art capitaliste ce que le capitalisme d’état est au capitalisme (tout court). Car, mine de rien, la méthode du réalisme socialiste a ‘piqué’ à l’art capitaliste son socle : le réalisme.
Ce qui prouve que, in fine, on ne peut jamais parler d’art communiste (puisque le communisme est impossible d’exister comme système - la preuve : il s’agissait d’un capitalisme d’état) mais plutôt on peut parler de communisme des arts (ce que Vertov a tenté de faire) donc certainement pas comme une méthode systémique (puisque le communisme ne peut être un système mais un mouvement) mais comme un horizon. Un mouvement qui tente vers ce horizon.

ps: ce qui est intéressant c’est que le fameux Marx n’a quasiment jamais parlé du communisme : son « Capital » n’est qu’une critique du capitalisme lequel, toujours selon lui, contrairement aux autres systèmes (à l’esclavage, au féodalisme) se distingue par l’accumulation du capital (qui est à l’origine de tous les maux : l’aliénation par le travail, les inégalités, la crise écologique etc etc). Le capitalisme d’état (le bloc soviétique) a produit les mêmes conséquences (bureaucratie, Tchernobyl etc etc). Il était inévitable que l’art du réalisme socialiste soit également un échec.

ps2 : La preuve de ce que je dis est la facilité avec laquelle le capitalisme d’état des pays de l’Est a été transformé en capitalisme (tout court) à partir des années ‘90. Pourquoi ? Parce que c’était tout de même du capitalisme (accumulation du capital).
Il en est allé de même pour l’art du réalisme socialiste : « Quand passent les cigognes » n’a rien de communiste (c’est déjà du Hollywood dans toute sa splendeur) et pour Mikhalkov, faire des films dans une société capitaliste d’état ou capitaliste (tout court), à part la mode de production (publique ou privé, mais capitaliste tout de même), n’a jamais était une vrai différence. Par contre, après les années 20, on entend presque plus de Vertov. Hazard ? Pas du tout : la suite logique (hélas, bien sûr) de ce que je viens d’argumenter plus haut
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
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sokol a écrit :
dim. 22 janv. 2023 16:00
asketoner a écrit :
sam. 21 janv. 2023 21:19
Staline ne tardera pas à mettre fin à cette joie sans doute un peu trop pure, qui irradie, en la qualifiant de formaliste.
Tu parles en général ou particulièrement à propos de «Ciné-œil» (Kino-glaz) ?

Je ne crois pas que Staline (vers la fin des années 20 je parle) a voulu mettre fin à cette façon de faire de l’art en la trouvant ‘trop pure’ (car, il ne savait pas du tout comment les choses allaient continuer : c’est la première fois que la classe ouvrière prenait le pouvoir, au moins sur papier donc, tout était de la pure expérimentation). C’est avant tout parce qu’il voulait crée une méthode officielle de l’art, pour bien la distinguer de l’art des autres pays dit capitalistes. Il la appelait la méthode du réalisme socialiste.

Avec le recul (pour être franc, je connais assez bien l’histoire de l’URSS des années 20, le début du début quoi) je pense que, si on considère que ce que l’Union Soviétique a construit économiquement était un capitalisme d’état (puisque l’accumulation du capital restait tout de même le socle de toute activité économique), on peut déduire que la méthode du réalisme socialiste est à l’art capitaliste ce que le capitalisme d’état est au capitalisme (tout court). Car, mine de rien, la méthode du réalisme socialiste a ‘piqué’ à l’art capitaliste son socle : le réalisme.
Ce qui prouve que, in fine, on ne peut jamais parler d’art communiste (puisque le communisme est impossible d’exister comme système - la preuve : il s’agissait d’un capitalisme d’état) mais plutôt on peut parler de communisme des arts (ce que Vertov a tenté de faire) donc certainement pas comme une méthode systémique (puisque le communisme ne peut être un système mais un mouvement) mais comme un horizon. Un mouvement qui tente vers ce horizon.

ps: ce qui est intéressant c’est que le fameux Marx n’a quasiment jamais parlé du communisme : son « Capital » n’est qu’une critique du capitalisme lequel, toujours selon lui, contrairement aux autres systèmes (à l’esclavage, au féodalisme) se distingue par l’accumulation du capital (qui est à l’origine de tous les maux : l’aliénation par le travail, les inégalités, la crise écologique etc etc). Le capitalisme d’état (le bloc soviétique) a produit les mêmes conséquences (bureaucratie, Tchernobyl etc etc). Il était inévitable que l’art du réalisme socialiste soit également un échec.

ps2 : La preuve de ce que je dis est la facilité avec laquelle le capitalisme d’état des pays de l’Est a été transformé en capitalisme (tout court) à partir des années ‘90. Pourquoi ? Parce que c’était tout de même du capitalisme (accumulation du capital).
Il en est allé de même pour l’art du réalisme socialiste : « Quand passent les cigognes » n’a rien de communiste (c’est déjà du Hollywood dans toute sa splendeur) et pour Mikhalkov, faire des films dans une société capitaliste d’état ou capitaliste (tout court), à part la mode de production (publique ou privé, mais capitaliste tout de même), n’a jamais était une vrai différence. Par contre, après les années 20, on entend presque plus de Vertov. Hazard ? Pas du tout : la suite logique (hélas, bien sûr) de ce que je viens d’argumenter plus haut
Oui, bien sûr, il ne s'attaque pas à la pureté en soi, mais à l'expérimentation formelle de Vertov (dans laquelle réside sa pureté, je crois, la pureté de son cinéma en tout cas : cette espèce de joie inaliénable), pour imposer le réalisme socialiste.
Donc je parlais en général, parce qu'effectivement, passé 1930, Vertov s'éclipse...
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asketoner
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Babylon, Damien Chazelle

Caca, vomi, sang, larme. Voilà pour le trajet spirituel du film. On est à peu près dans le même genre de vision du monde que sur le paquebot de Ruben Ostlund. Ces derniers temps, les cinéastes ont tendance à réduire leur discours à : merde alors. Chez Chazelle, c'est vraiment étonnant, on dirait que le film est atteint par le syndrome de la Tourette, tout ce qu'il pourrait montrer ou inventer ou dire est remplacé par de la merde.
Et on est bien aux Etats-Unis : c'est toujours à la fin qu'on pleure, jamais au début. (La Rivière Rouge de Howard Hawks est vraiment un film courageux, unique, avec sa scène finale de mélodrame placée en ouverture.) Mais j'exagère, la fin de Babylon sert aussi de leçon d'histoire. Soudain, l'un des protagonistes s'assoit dans une salle de cinéma et voit tout ce qui a été fait et tout ce qui le sera. Le montage entremêle des séquences de son propre film, la musique de Chantons sous la pluie, des cartons colorés et le visage d'Anna Karina assise au cinéma dans Vivre sa vie de Godard. Le visionnaire Chazelle en profite pour imaginer un art où les taches de couleur danseront sur une toile blanche. Sympa.
Mais je crois que le problème vient surtout du fait que Chazelle n'aime pas le cinéma. C'est-à-dire qu'il aime l'effet que ça lui procure peut-être, mais pas la pratique. Il semble tourner des scènes à contre-coeur. On ne voit presque rien alors que ça déborde de costumes et de personnages. La musique tente de faire tenir ensemble des séquences que le montage tresse n'importe comment. Il y a des idées sans plaisir, autrement dit : des solutions. Chazelle ne tourne pas un film, il le résout. Il ne veut pas donner à voir, il veut juste que ça passe. C'est peut-être le dernier film d'auteur de cette ampleur à Hollywood, et c'est un film qui se fuit lui-même, qui se sabote tout le temps, et se défile. Même une publicité est plus franche : au moins, elle montre le produit.

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Le Mur des morts, Eugène Green, 2021

Qu'est-ce qu'on fait avec des principes ?
Parfois un cinéma très ennuyeux, dévitalisé, étroit et théorique.
Parfois un cinéma à travers les structures duquel souffle un esprit qui emporte tout.
Le Mur des morts présente ces deux facettes. Il y a quelques moments de grâce qui surnagent dans pas mal de facilités. Je trouve assez belle l'idée de rejouer chaque rencontre deux fois. Mais ce que propose le film la deuxième fois n'est pas toujours grandiose.
Par ailleurs, une scène m'a vraiment fait tiquer, celle avec l'épicier. Le héros rencontre un clochard à qui il ne donne rien (la deuxième fois non plus). Puis il manque de se faire renverser par un cycliste qui l'insulte (là, il n'y aura pas de deuxième fois ; ça fait un peu HidagoSaccageParis mais passons). Enfin, il s'arrête face à l'épicier, arabe, posté devant sa boutique, les bras croisés, il ne trouve rien à lui dire et prend un air affligé. La deuxième fois, il lui dira bonjour, et l'épicier lui sourira en retour. Je ne sais pas ce que cette scène raconte réellement, mais elle est juste horrible. Elle n'est peut-être pas profondément raciste, mais elle sème un trouble et c'est presque pire. Ok, le cinéma est un art de droite, produit par des gens de droite et tout et tout, mais il y a des limites.
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sokol
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asketoner a écrit :
lun. 23 janv. 2023 01:27
Ces derniers temps, les cinéastes ont tendance à réduire leur discours à : merde alors. Chez Chazelle, c'est vraiment étonnant, on dirait que le film est atteint par le syndrome de la Tourette, tout ce qu'il pourrait montrer ou inventer ou dire est remplacé par de la merde.
C'est la faute à Pasolini (Salo quoi) ^^ :D

ps; au Goulag, au Goulag, au Goulag !
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
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asketoner
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Closed Curtain, Jafar Panahi & Kambuzia Partovi, 2013


Ce film de Panahi n'est pas sorti en France. C'est loin d'être son meilleur, c'est vrai, mais bon, quand même, Panahi n'est pas le moindre des cinéastes. Et même quand il se rate un peu, ça reste intéressant.
D'ailleurs au début c'est excellent, presque une science-fiction, avec un homme qui cache son chien et des gens qui surgissent au milieu de la nuit, et qui sont peut-être les personnages du scénario qu'il est en train d'écrire. Et puis, quand le vrai et le faux se croisent encore un peu plus, quand Panahi lui-même surgit et rencontre l'un des personnages inventé par l'homme au chien qui n'est peut-être lui-même qu'un personnage inventé par Panahi, ça ne produit pas le vertige attendu. Le sens se referme sur la question de l'autoportrait en artiste empêché, la mélancolie s'abouche mal à la dystopie, elle semble l'expliquer au lieu de l'ouvrir. C'était si beau de voir un homme arriver dans une maison et poser des rideaux noirs sur toutes les fenêtres.
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Kit
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ce soir sur C8 vers 21h20 (si la bande d'abrutis ne monopolise pas plus l'antenne)
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Vosg'patt de cœur
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merci !
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