Le Centre de Visionnage : Films et débats

Discutez de vos récentes expériences cinématographiques et faites vos Tops / Flops !
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Tyra
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Les forums allocinéens sont morts, le centre de visionnage a une nouvelle vie ici, j'espère que nous seront nombreux à nous retrouver ici ! :love2:
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Mr-Orange
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On verra si ça vit ici ! Si oui, il faudra essayer de reconstruire tout l'édifice des tops réalisateurs et des classements par années, bordel quelle mine d'or et quelles archives incroyables se sont évaporées quand même. :sweat: Bon, au moins, je peux à nouveau poster sous un pseudo, et non pas en tant que visiteur. :D
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groil_groil
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Salut les amis !
ça y est ALLO / ALED c'est mort !
merci de votre invitation et de votre accueil.
j'ai rameuté tous les anciens ici, j'espère que ça va reprendre !
l'idée c'est qu'on recrée progressivement tous les tops annuels et tous les tops de cinéastes.
est-ce qu'on crée des sous sections pour ça où alors on crée tous les topics ici dans le centre de visionnage ?
bises
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Next
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Bienvenue à tous ! :)
groil_groil a écrit :
jeu. 8 oct. 2020 21:14
l'idée c'est qu'on recrée progressivement tous les tops annuels et tous les tops de cinéastes.
est-ce qu'on crée des sous sections pour ça où alors on crée tous les topics ici dans le centre de visionnage ?
Si vous préférez une section totalement vouée aux tops dites-moi.
Mais dans ce cas, à voir s'il y a un vrai intérêt à conserver cette section par rapport à F&D.
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Tyra
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L'important c'est d'avoir les tops par années séparés des tops réalisateurs.
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cyborg
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Salut à tous ! Merci de la créa et heureux de pouvoir continuer à discuter films ici !
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asketoner
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Les Trois jours du Condor, Sidney Pollack (1975)

C'est un film qui met en scène les deux plus grands scoops de l'existence, à sa voir :
1. l'autre existe (et sans Faye Dunaway, Robert Redford ne pouvait pas s'en tirer)
2. on est quand même seul.
Je crois que le film est très conscient de sa morale puisqu'il la verbalise en la déplaçant sur les photos que prend Faye Dunaway. Robert Redford dit d'elles : "quelle solitude, j'aime beaucoup".
Et j'ai adoré la fin :
- Vous allez tout foutre en l'air, s'exclame le méchant (qui a ses raisons).
- C'est précisément ce que je veux, répond le héros.
J'avais envie d'applaudir.
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groil_groil
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Coucou Asky ! Coucou Cyborg !
Génial pour le Condor, j'adore ce film !!!
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Zarbon Hayase
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Si vous préférez une section totalement vouée aux tops dites-moi.
Un sélection j'adore le cinéma pour les top réalisateur sa serais cool, je sais plus a quoi étais rattaché les top film vu par année.
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groil_groil
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Tyra a écrit :
ven. 9 oct. 2020 10:01
L'important c'est d'avoir les tops par années séparés des tops réalisateurs.
Salut Tyra.
oui c'est le but.
les tops par année seront crées ici dans le Centre, comme avant.

et si les nouveaux patrons du lieu (hello messieurs) veulent bien nous ouvrir un second onglets au même niveau d'arborescence que le Centre, et l'appeler TOPS des CINEASTES, on en profitera pour créer tous les tops cinéastes et les tops thématiques (du type top Giallo) à cet endroit.
l'idée, c'est, en tout cas en ce qui me concerne, de les créer progressivement, à chaque fois que je ou que l'un de nous voit un nouveau film d'un cinéaste en question.
Exemple : Asky crée ce jour le top Pollack.

C'est con mais en fait ça m'excite à mort de tout recommencer de zéro
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asketoner
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Salut tout le monde !
Moi j'aimerais bien créer le top 1975 mais je ne sais pas où le mettre... Ici ?
(Oui moi aussi je trouve ça assez drôle de tout reprendre à zéro)
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groil_groil
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bon ben voilà je répondais à ton message avant même que tu ne l'aies écrit.
bienvenue dans TENET :D
c'est trop bien je suis excité comme une puce. Il ne manque plus que Sokol pour dire que c'est de la merde, je suis parti au bout de 15mn :D
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yhi
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Mr-Orange a écrit :
jeu. 8 oct. 2020 20:46
On verra si ça vit ici ! Si oui, il faudra essayer de reconstruire tout l'édifice des tops réalisateurs et des classements par années, bordel quelle mine d'or et quelles archives incroyables se sont évaporées quand même. :sweat: Bon, au moins, je peux à nouveau poster sous un pseudo, et non pas en tant que visiteur. :D
Apparemment y'a un bug, ton pseudo affiche Mr-Orange, mais tu es bien "Un visiteur" ?

:D
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Next
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groil_groil a écrit :
ven. 9 oct. 2020 10:43
et si les nouveaux patrons du lieu (hello messieurs) veulent bien nous ouvrir un second onglets au même niveau d'arborescence que le Centre, et l'appeler TOPS des CINEASTES, on en profitera pour créer tous les tops cinéastes et les tops thématiques (du type top Giallo) à cet endroit.
l'idée, c'est, en tout cas en ce qui me concerne, de les créer progressivement, à chaque fois que je ou que l'un de nous voit un nouveau film d'un cinéaste en question.
Exemple : Asky crée ce jour le top Pollack.
On est potentiellement plusieurs dans ma tête, mais pour le moment je suis le seul patron. :D
Je vous créerai une section Top des Cinéastes demain quand je ne serai pas au boulot, au même niveau d'arbo que cette section.
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Bon en fait j'ai créé une section en 2sec. Vous pouvez déjà utiliser ça.
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asketoner
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Bon en fait j'ai créé une section en 2sec. Vous pouvez déjà utiliser ça.
Super ! Merci !
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groil_groil
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Next a écrit :
ven. 9 oct. 2020 11:24
Bon en fait j'ai créé une section en 2sec. Vous pouvez déjà utiliser ça.
Excellent,
merci Next !
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El_Blasio
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Hey, j'espère pouvoir retrouver les retours des ALEDIENS par ici. Content que le forum d'allo puisse continuer ou du moins essayer de continuer.
NostalGique Allocinéen depuis 2002
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Tamponn Destartinn
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Bonsoir !
Heureux de vous retrouver ici, comme groil je trouve limite excitant de repartir à zéro.
Et surtout que ça a l'air très bien organisé.
Merci vivement à Next pour cette création, tu as assuré !

Petite remarque : c'est possible d'épingler un topic au dessus des autres ?
Si oui, je pense que ce serait super d'épingler ce topic là pour qu'il soit toujours en premier, et non pas noyé au milieu des nombreux topics top années.

Mais quoiqu'en soit, merci encore mille fois !! :jap:
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Next
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Tamponn Destartinn a écrit :
ven. 9 oct. 2020 21:15
Bonsoir !
Heureux de vous retrouver ici, comme groil je trouve limite excitant de repartir à zéro.
Et surtout que ça a l'air très bien organisé.
Merci vivement à Next pour cette création, tu as assuré !

Petite remarque : c'est possible d'épingler un topic au dessus des autres ?
Si oui, je pense que ce serait super d'épingler ce topic là pour qu'il soit toujours en premier, et non pas noyé au milieu des nombreux topics top années.

Mais quoiqu'en soit, merci encore mille fois !! :jap:
Sujet épinglé ! :)
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B-Lyndon
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Enregistré le : sam. 10 oct. 2020 09:31

Salut tout le monde ! B-Lyndon est dans la place !
« j’aurais voulu t’offrir cent mille cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l’appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous »
mojopin
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Coucou ! Contente de pouvoir continuer à vous lire ici. :)
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Libra
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Salut la compagnie :)

Merci à Next pour la création de ce nouveau forum!

Du coup, j’ai vu :


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Fright, de Peter Collinson (1971)

C’est l’histoire d’Amanda, jeune babysitter venant garder l’enfant d’un couple bourgeois le temps d’une soirée, laquelle dégénèrera très vite avec l’intrusion d’un mystérieux psychopathe.

Sans grande inventivité dans la mise en scène, le film a au moins le mérite, sur le papier, de préparer le terrain aux futurs slashers movies, comme Halloween. Une sorte de trait d’union entre le gothique et sa sacro-sainte maison labyrinthique, au décor surchargé, une menace extérieure qui se devine plus qu’elle ne se voit, et la terreur qui surgit de l’intérieur, du déjà là, moins spectaculaire au premier abord, mais plus viscérale et tranchante, au final. Une curiosité, mais qui ne m’a pas entièrement convaincu.


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And soon the darkness, de Robert Fuest (1970)


Jane et Cathy sont deux amies anglaises décidant de visiter les campagnes du Nord de la France à vélo. L’une des deux disparaît dans d’étranges circonstances.

Très belle édition blu-ray, qui permet de profiter pleinement des talents picturaux de son metteur en scène, Robert Fuest, un très bon celui-là, qui joue parfaitement de l’espace et de l’originalité de son décor, de ses interprètes secondaires (quasi tous français) pour distiller ce malaise propre à l’indécision de ce qu’on nous montre, de la folie qui gangrène progressivement le fil de la narration.
Conçu comme un huis-clos routier, le film préfigure la vague des films de survie naturaliste des 70’s, et sort vraiment du lot grace à la présence de son interprète principale, Pamela Franklin, à laquelle on s’attache d’emblée, qui joue ici dans un mélange de candeur et de détermination renforçant ce sentiment d’incertitude planant face à la menace.
L’autre force du film est sa mise en scène, jouant donc sur l’idée d’une disparition, d’une non-présence, pourtant traitée plein cadre, sous un soleil de plomb. Le soupçon est permanent, il interroge, il enferme. Les humains sont compressés entre ciel et terre, le temps s’étire, l’action cède la place à un immobilisme mortifère, sous nos yeux impuissants et obsédés. Le réalisateur, malgré son budget restreint, propose des idées plastiques audacieuses, spatiales tout d’abord, avec un environnement épuré et pesant, et temporelles, via ce flottement permanent, cette attente du pire, ces séquences centrées sur le choix des actions. Puisque des choix moraux de chacun, dépendent chaque trajectoire, chaque destinée.
Fuest filme à l’économie, triture et épure la matière, essaye de percer l’insondable, ce qui se cache derrière les masques et, plus encore, ce qui se cache derrière la volonté de ne pas lâcher prise, malgré les apparences.

Très belle surprise!
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Tamponn Destartinn
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Next a écrit :
sam. 10 oct. 2020 00:55
Tamponn Destartinn a écrit :
ven. 9 oct. 2020 21:15
Bonsoir !
Heureux de vous retrouver ici, comme groil je trouve limite excitant de repartir à zéro.
Et surtout que ça a l'air très bien organisé.
Merci vivement à Next pour cette création, tu as assuré !

Petite remarque : c'est possible d'épingler un topic au dessus des autres ?
Si oui, je pense que ce serait super d'épingler ce topic là pour qu'il soit toujours en premier, et non pas noyé au milieu des nombreux topics top années.

Mais quoiqu'en soit, merci encore mille fois !! :jap:
Sujet épinglé ! :)
Merci mille fois !! :jap: :jap:
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B-Lyndon
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En haut des marches, Paul Vecchiali, 1983.

C'est un film qui commence très fort, je pensais tenir un chef-d'œuvre poétique, et qui finalement se délie un peu. Non, il ne se délie pas, disons qu'il tient sa ligne et que sa ligne, il la systématise. Peut-on, en 1h30, faire ressurgir le passé et l'analyse du passé ? Car c'est l'ambition du film : il y a la matérialité du passé, les rues, les arbres, les mains, les corps abandonnés. Il y a son analyse : on s'est trompé de camps, mais était-ce si facile ? La veuve d'un homme assassiné parce qu'il était soupçonné de pétainisme revient à Toulon, vingt ans après, se venger de ceux qui l'ont dénoncé. Le film est très concret : Danielle Darrieux ne vient pas qu'avec sa mémoire, elle vient avec un revolver. Et ça change tout.
Je crois que le cinéma français ne voit plus, c'en est finit, on ne voit plus des films qui voient. On voit des films qui se détournent du réel par paresse ; ou des films qui alignent des morceaux de réel, s'y conforment, sans révolte, par paresse aussi. On ne voit plus des films qui montrent une rue, une église, une pierre, en faisant surgir à la fois la mémoire qu'elles cachent et la beauté de ce qu'elles sont matériellement. On ne voit plus de films bressoniens, pourtant Vecchiali le disait, "tout ce qu'il y a de bien en France vient de Bresson". Je crois qu'il a raison, et si je délire un peu, je dirais que c'est même une fatalité, et que cette fatalité est très belle : en France on ne peut *voir* que si on est bressonien, il n'y a pas d'autre solution. C'est à dire que la question de Bresson c'est la question de la France et les plus grands cinéastes de notre pays ont compris que Bresson était abordable sur ce terrain là.
On ne voit plus, en France, des films délimités par le tragique comme celui ci, des films qui prennent le risque de ce confronter à cette question, c'est quoi la France, qu'est-ce que c'est que ce pays, ce territoire minuscule mais si compliqué, c'est quoi cette lâcheté et cette grandeur française. Après Bresson, donc, Godard, Pialat, Eustache, jusqu'aux petits Dumont et Guiraudie, ont épousé ce vertige là. Vecchiali est l'un des leurs. Mais son film m'a appris quelque chose. Un film qui voit n'est pas qu'un film qui sait seulement saisir la matérialité des choses. Cela, c'est le minimum. Un film qui voit est un film qui comprend, qui analyse, qui dialectise ce qu'il montre. Ainsi, En haut des marches ne cesse de nous poser des questions sur ce que nous voyons - une femme qui déambule, qui souffre, Danielle Darrieux qui n'a jamais été aussi belle. Mais les visages, les souvenirs, le vent, l'éclat des vagues, le souvenir de la mère ; tout cela qui coexiste - ne cessent de distiller le doute. Suffit-il de n'avoir pas vu pour être coupable ? Le film, lui, est assez frontal, il voit tout, il ressent tout, d'une femme qui n'a pas vu - ou qui n'a pas voulu voir ; et ça changerait tout. Dans les rues de Toulon, elle voit déambuler sa mère aveugle, qui lui touche le visage. Il ne s'agit pas d'être là, de tout comprendre, il s'agit surtout de savoir ce qu'on vit. Et le film épouse cette pensée : il montre tout autant qu'il démontre. C'est une ambition folle et en même temps, Vecchiali n'a pas la grâce de Godard, qui a lui l'art de la suspension, de la nuance, de ces temps démonstratifs brusquement interrompus par la contemplation - c'est là que la pensée peut vraiment naître.
Vecchiali finit par vouloir faire ressurgir tout le passé, au lieu de le laisser affleurer. On ne finit par plus écouter les beaux monologues des personnages, on voudrait être un peu seuls dans ces rues de Toulon. Finalement, ce vertige, le film ne cesse de nous le désigner, au lieu de nous laisser l'éprouver. C'est un peu étouffant à la longue, mais la poésie, la folie, l'invention et l'audace sont là.
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Ilan
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Edge of tomorrow - Doug Liman - 2014

Marrant de se dire qu' Un jour sans fin a finalement créé un genre à part entière, à lui tout seul : le "same day again and again movie".
Est-ce que d'autres films ont fait ça sur les trente dernières années ? Pas à ma connaissance.
Celui-là est malin, bien fichu, divertissant, et se revoit bien (c'était ma deuxième fois).
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asketoner
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Enregistré le : ven. 9 oct. 2020 10:28

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Kajillionaire, Miranda July

C'est comme Une affaire de famille de Kore-Eda, en beaucoup plus sombre et très inventif. Et ça parle parfaitement d'aujourd'hui, puisqu'on y voit une société gouvernée par l'imminence d'une catastrophe.
J'ai aimé la dimension physique du film, la danse du corps de la jeune fille pour éviter les caméras de surveillance, ses réactions pendant la séance de massage, l'agitation qui s'empare des parents dans l'avion quand celui-ci passe en zone de turbulences, les stratégies de la famille pour éviter d'être vue par le propriétaire, et la parade amoureuse finale, presque abstraite, dérisoire. La cinéaste a eu une merveilleuse idée en introduisant, au sein de cette famille hyper-dysfonctionnelle, un corps totalement autre, celui de Melanie, qui n'est pas seulement normal, mais aussi sexuel (au même titre que Terence Stamp dans Théorème). Sexuel car il ne renvoie pas les autres à la solitude de leurs propres corps, mais au contraire en développe les potentialités (sans pour autant les conformer). Melanie parvient à s'introduire dans la famille verrouillée sur elle-même par la seule faille possible, celle de la peur. Le père, qui a peur en avion, a besoin qu'on lui parle quand ça secoue. Comme tous les autres membres de sa famille ont peur comme lui (la paranoïa est son patrimoine), il fait appel à sa voisine, qui justement adore parler pour ne rien dire et ne le lâchera plus jusqu'à ce qu'elle soit intégrée dans la communauté.
Une réussite, donc, pour laquelle je n'ai qu'un reproche : tout y est très lisible. Mais quelle fin grandiose !
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asketoner
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En haut des marches, Paul Vecchiali, 1983.
BLyndon, c'est beau ce que tu écris sur ce Vecchiali. Je ne le verrai sans doute pas car je crois que je n'aime pas Vecchiali, je trouve son cinéma bouffi d'auto-satisfaction. D'où le fait qu'il ne coupe ou suspend jamais ce qu'il instaure...
On dirait d'ailleurs, à te lire, que ce voir est plutôt un regarder, sinon même un montrer. Est-ce que ce serait ça, la dérive du bressonnisme appliqué ? Savoir tellement ce qu'on veut donner à voir qu'on finit par ne plus voir soi-même ?
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B-Lyndon
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On dirait d'ailleurs, à te lire, que ce voir est plutôt un regarder, sinon même un montrer. Est-ce que ce serait ça, la dérive du bressonnisme appliqué ? Savoir tellement ce qu'on veut donner à voir qu'on finit par ne plus voir soi-même ?
Oui c'est exactement cela, et en même temps, le film voit, c'est indéniable. D'où ma réserve. D'où le fait que j'aime de moins en moins le film, alors que je le trouve magnifique dès le début. Disons qu'à la fin, on est tellement saturés qu'on n'entend plus, qu'on n'écoute plus, on rentre dans une attitude extrêmement passive. Cela n'a rien à voir avec la beauté du film, pourtant. Je crois que ça à voir avec son manque de mystère, ou plutôt, son insistance à nous désigner qu'il y a un mystère. Chez Bresson je crois qu'il n'y a pas plus de mystère que ça, ou plutôt le mystère est cinématographique, il réside dans la manière dont Bresson donne à voir. Alors tout est aligné : l'alignement ne se fait pas ici.
Mais je te conseillerais sans doute de le voir : il y a là dedans beaucoup de cinéma.

Je n'ai vu que deux films de Vecchiali, celui-ci et Femmes, femmes (que j'adore sans réserves, c'est vraiment l'un des plus beaux films du monde, je crois que pour toi aussi). Mais auto-satisfaction me paraît être un bon terme (d'ailleurs, le bonhomme est en lui-même extrêmement auto-satisfait aussi, pour l'avoir entendu parler deux ou trois fois, mais bon, c'est l'homme, pas son cinéma)
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asketoner
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Oui, j'adore Femmes, femmes, mais je m'en méfie presque à présent que j'ai vu quelques autres films de Vecchiali. D'ailleurs j'avais parlé avec lui sur Facebook, je lui avais écrit pour lui dire que j'avais aimé Femmes, femmes, il m'avait répondu que lui, ce film ne lui plaisait pas, qu'il lui avait échappé, et que je ferais mieux d'en voir d'autres de lui (et qu'il était très malheureux parce qu'il aurait aimé que des millions de spectateurs aillent voir ses films, et que les autres cinéastes arrêtent de tourner parce qu'ils étaient vraiment trop nuls, etc...)
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B-Lyndon
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S'il dit que ce film lui a échappé, c'est bon signe !!
Il a l'air assez différent des autres
Et sur le dernier point a t-il vraiment totalement tort... :D
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Ilan a écrit :
sam. 10 oct. 2020 23:38
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Edge of tomorrow - Doug Liman - 2014

Marrant de se dire qu' Un jour sans fin a finalement créé un genre à part entière, à lui tout seul : le "same day again and again movie".
Est-ce que d'autres films ont fait ça sur les trente dernières années ? Pas à ma connaissance.
Celui-là est malin, bien fichu, divertissant, et se revoit bien (c'était ma deuxième fois).
Clairement un de mes Cruise préféré. Oui en effet il y a encore quelques semaines dans la dernière saison de Marvel agent of SHIELD le même thème a été utilisé. Bloqué dans une boucle temporelle qui mène inéluctablement à la mort les personnages revivent des centaines de fois la même boucle. Ils meurent de plus en plus tard en améliorant la sortie de crise avec l'expérience acquise. A ranger dans la catégorie des inévitables épisodes en noir et blanc se déroulant à Hollywood ou les épisodes chantés.
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L'envie de faire l'amour c'est fort, l'envie de chier c'est bien plus fort.
Kahled
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:hello:

Heureux de tous vous revoir et vous lire ici. :jap:
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asketoner
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La Nuit nous appartient, James Gray

J'ai adoré revoir ce film, c'est une merveille.
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groil_groil
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Bon j'ai craqué et j'ai créé tous les topics annuels :D
j'ai une belle tendinite.
je ne vais pas tout de suite faire la même chose pour les cinéastes, il y en a un peu plus...
Concernant La Nuit nous Appartient, ça fait longtemps que j'ai envie de le revoir, sans jamais me décider, tu m'y incites encore un peu plus.
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groil_groil
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Quel curieux film quand même... j'avais vu ça une fois y a mille ans, mais je ne me souvenais presque que de la musique, et des deux icônes musicales qui occupent les rôles de protagonistes. C'est d'ailleurs totalement étrange de confier les rôles à deux musiciens. Et de ne confier la musique qu'à l'un des deux. Ils auraient fait un truc génial tous les deux ensemble. Le film, pour en revenir à lui, il est à la fois raté par sa théâtralité et son côté factice, mais en même temps, ça lui donne un vrai style, c'est quasi du Fassbinder nippon, des références gays de partout dans une atmosphère ultra virile et un tantinet SM, et des scènes d'extérieur éclairées en bleu flashy et en rose bonbon.

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J'avais vu ce Fulci il y a des lustres, et le revoir dans cette sublime copie bluray est une vraie rédécouverte. C'est donc bel et bien l'un de ses meilleurs films, mi-slasher mi-giallo, totalement habité du début à la fin avec des idées de mise en scène à chaque plan, et c'est très souvent brillant. Mention spéciale à la scène du début, avec cette jeune femme à vélo dans les rues de NY, qui embarque sur le ferry pour Staten Island, jusqu'à son meurtre dans la voiture garée dans le ferry, toute cette séquence est extraordinaire. Coin coin !

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Un Petri, une Palme d'Or et un film archi connu que je n'avais pas encore vu. Et c'est super bien. Petri filme ici comme Lina Wertmüller, et il lui emprunte son actrice fétiche, et fait un film sur l'aliénation du travail à la chaine, et comme ce dernier transforme les hommes en machine. Un film sans espoir puisqu'après la révolte, la seule issue possible est, et encore si le patron veut bien de vous, d'avoir la chance de pouvoir retourner au travail et recommencer ce cycle infernal. Même les relations sexuelles deviennent une suite d'actes machinaux et répétitifs. Petri filme très bien cette aliénation et ce côté programmatique de la répétition. La musique de Morricone est l'une de ses plus célèbres et de ces plus réussies, mais bizarrement j'ai trouvé que Petri l'utilisait très mal, il la pose sur des scènes de dialogues, à bas volume, en diminuant son côté assommant et aliénant, alors que Morricone l'avait justement composée pour accentuer cet effet.
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JanosValuska
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Salut à tous,
Super content de pouvoir vous relire par ici :)
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groil_groil
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Mr-Orange
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Le Prestige — Christopher Nolan — 2006

Sans doute l'un des Nolan que je préfère, car l'un des rares à ne pas totalement évaporer la notion de "mystère" et d'imagerie/imaginaire (on en parlait avec Sokol, il me semble). Le film aurait pu être une sorte de manifeste théorique du réalisateur, mais force est de constater qu'il a pris exactement le chemin inverse de ce que prône le personnage de Hugh Jackman à la toute fin.


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Nous — Artavazd Pelechian — 1969

C'est vraiment très beau, de la poésie en cinéma. Il y a une alchimie des images, et du son, qui est vraiment saisissante. Et je ne parle pas de la virtuosité du montage, c'est tout simplement l'univers atomique en mouvement.

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Clueless — Amy Heckerling — 1995

D'Amy Heckerling, j'aimais déjà beaucoup Fast Times at Richmond High, bel objet pop sur l'adolescence américaine des années 1980. Dans celui-là, j'aime particulièrement comment la cinéaste va jusqu'au bout de son délire, en assumant complètement, et de manière totalement consciente, la classe sociale et l'univers de quartier, complètement hors-sol et déconnectés de tout, dans lesquels elle décide d'ancrer son récit et ses personnages, sans jamais tomber dans la sitcom ultra sucrée et complaisante, mais sans jamais abattre ses (beaux) personnages.
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Babs
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poucenlair

Coucou les loulous !!! :hello: :D
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Ilan
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Clairement un de mes Cruise préféré. Oui en effet il y a encore quelques semaines dans la dernière saison de Marvel agent of SHIELD le même thème a été utilisé.
Je ne connais pas cette série mais ça donne envie d'y jeter un oeil, j'ai un faible pour les time loop movies (puisque j'ai appris qu'on les nommait ainsi) ;)
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groil_groil
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Babs a écrit :
lun. 12 oct. 2020 19:38
Coucou les loulous !!! :hello: :D
chériiiiiiie :love2: :love: :D :love2:
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yhi
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Ilan a écrit :
lun. 12 oct. 2020 21:01
Je ne connais pas cette série mais ça donne envie d'y jeter un oeil, j'ai un faible pour les time loop movies (puisque j'ai appris qu'on les nommait ainsi) ;)
Quand j'étais petit, il y avait une série de bouquins pour gosse que j'adorais avec ce concept.
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Bon par contre je doute que lire ça adulte soit une bonne idée. :D
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yhi
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B-Lyndon a écrit :
dim. 11 oct. 2020 13:15
Et sur le dernier point a t-il vraiment totalement tort... :D
Je me rappelle que quand il était venu présenter Le cancre à Grenoble, il avait sorti un truc du genre comme quoi tous les cinéastes français étaient de grosses brelles sauf lui (je reformule mais c'était l'idée).
Franchement en voyant le résultat de son film ensuite, il y avait de quoi ricaner.

(rien à voir mais pour l'anecdote, j'ai entendu que c'était le plus âgés des cinéastes français en activité)
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yhi
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Mr-Orange a écrit :
lun. 12 oct. 2020 13:45
Clueless — Amy Heckerling — 1995
C'est top Clueless. Je le préfère même à Fast Times. Le film invente presque son propre langage autant visuel que dialogué. Difficile de savoir pour ne pas avoir vécu ni le lieu ni l'époque, mais je pense que le film est quand même très déconnecté de la réalité dans laquelle il prétend s'inscrire (mais de manière positive car il crée son propre monde finalement)


Rien à voir, mais en allant voir un film chez un pote via Netflix, j'ai remarqué que le film était dans le top des visionnages du moment sur la plate-forme apparemment. Étrange mais réjouissant :crazy:
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Skipper Mike
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Ilan a écrit :
sam. 10 oct. 2020 23:38
Est-ce que d'autres films ont fait ça sur les trente dernières années ? Pas à ma connaissance.
Happy Birthdead et sa suite récemment. Et il me semble qu'il y en a eu un ou deux autres du même genre ces dernières années.
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B-Lyndon
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yhi a écrit :
lun. 12 oct. 2020 23:48
il avait sorti un truc du genre comme quoi tous les cinéastes français étaient de grosses brelles sauf lui (je reformule mais c'était l'idée).
Franchement en voyant le résultat de son film ensuite, il y avait de quoi ricaner.
Je le reconnais bien là, très aigre, très désagréable.
« j’aurais voulu t’offrir cent mille cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l’appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous »
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groil_groil
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William Dieterle est un cinéaste du Hollywood classic dont on ne parle pas suffisamment, et dont tous les films que j'ai vu jusqu'à présent sont excellents.
Ici, un excellent film d'aventures avec deux icônes magnifiques, Joseph Cotten et Corinne Calvet (une actrice française ayant fait toute sa carrière à Hollywood) dans une Chine post-seconde Guerre mondiale, tiraillée entre deux types de pouvoir qui s'affrontent. La première partie, la meilleure, se déroule intégralement dans un train (qui donne son nom au film) et elle est si belle qu'elle rivalise avec les meilleures réussites du genre du type Hitchcock ou Fleischer.
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asketoner
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Le Fantôme de la liberté, Luis Bunuel, 1974

Ca faisait très longtemps que j'avais envie de voir les Bunuel que je n'ai pas vus. J'entame ce cycle avec Le Fantôme de la liberté, une sorte de film à sketchs passant d'une séquence à une autre selon le principe de l'association libre, à partir d'une première scène traumatique, historique, où des civils espagnols sont fusillés par les troupes napoléoniennes. L'Histoire surgit à de nombreuses reprises dans les différentes séquences (la mention des colonies par un prêtre libidineux est assez réjouissante), mais pas seulement. En vérité c'est tout ce qu'on enfouit qui est visé par Bunuel : la sexualité, l'inceste, la violence, la merde... et même l'autre (avec cette scène, très belle, où une enfant "disparaît"). On dit toujours beaucoup de mal des films à sketchs, en vérité il y en a de très beaux (je pense à L'An 01 notamment, aux Contes de Canterbury de Pasolini...). Ce sont des films qui nous racontent que nous sommes unis par autre chose qu'un scénario. (Et en ce moment, ça fait du bien.)

(Ma réserve sur ce film tient essentiellement à ses couleurs, beiges et brunâtres, qui font de chaque plan un petit supplice esthétique.)
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groil_groil
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j'adore Buñuel, j'adore ce film - que je considère comme le frère du Charme Discret, ils ont tellement en commun, et je suis un énorme fan des films à sketches
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