Film SF, Fantastique, film d'Horreur et Giallo

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aureliagreen
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L'enfant du diable, film fantastique de Peter MEDAK (The Changeling, Canada, 1980), sur un scénario de Russell HUNTER, George C. SCOTT, William GRAY et Diana MADDOX, avec George C. SCOTT, Trish VAN DEVERE, Melvyn DOUGLAS, Jean MARSH, John COLICOS, Barry MORSE, Madeleine SHERWOOD, Helen BURNS...

John Russell (G. C. Scott) est un compositeur qui se remet péniblement de la mort dans un accident de la route de sa femme et de sa fille. Claire Norman (T. Van Devere), proche du sénateur Carmichael (M. Douglas), attiré par le rôle de mécène, aide à lui procurer une très grande maison, où il pourra exercer son inspiration. Mais il devient conscient d'une présence dans la maison. Il apprend qu'il n'est sans doute pas le premier à être témoin des manifestations paranormales dans cette demeure. Mais petit à petit, il en vient à penser que celles-ci pourraient vouloir lui indiquer quelque chose. Quelque chose de lié à un événement qui s'est déroulé dans cette maison, qui a autrefois été habitée par la famille du sénateur Carmichael...

Le titre français n'est pas du tout judicieux. Car un changelin est pris ici dans le sens d'un enfant de remplacement, aucunement dans un sens surnaturel. La raison de ce titre, choquante, n'étant révélée qu'à la fin. The Changeling joue la carte du suspense et d'une certaine angoisse progressive, mais sans verser dans l'horreur, dans une optique de hantise réaliste. La construction de l'atmosphère, assez réussie, mâtinée de mystère et tournant autour de la résolution d'une énigme de type policière jusqu'à la révélation finale, est ce qui définit le film. On apprécie dans ce cadre les compositions en finesse psychologique des acteurs principaux. Cependant, comme dans d'autres productions du même genre, la fin est le théâtre d'un déchaînement d'effets de type poltergeists/télékinésie ; mais on reste dans la simplicité, loin de la surenchère dans l'horreur et le spectaculaire un peu gratuit qu'on connaîtrait plus tard, juste deux ans avant Poltergeist. On notera aussi que comme beaucoup de films fantastiques de l'époque, celui-ci joue la carte de la référence très directe à la parapsychologie scientifique, aussi bien qu'aux séances de spiritisme afin de faire avancer l'enquête psychique.
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aureliagreen
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Escape Game, film d'action et d'épouvante de Adam ROB ITEL (Escape Room, USA, 2019), sur un scénario de Bragi F. SCHUT et Maria MELNIK, avec Taylor RUSSELL, Logan MILLER, Jay ELLIS, Tyler LABINE, Deborah Ann WOLL, Nik DODANI, Yorick van WAGENINGEN...

Six personnes ne se connaissant pas reçoivent par la poste une invitation à se joindre à un jeu dans un bâtiment banal au milieu d'une ville, avec à la clé une forte somme à gagner. Une fois sur place, elles n'ont même pas le temps de faire connaissance qu'elles se rendent compte qu'elles sont enfermées. La pièce commence alors à se hérisser de pièges mortels, et d'abord incrédules, ils doivent se résoudre à admettre qu'ils vont devoir faire rivaliser d'ingéniosité s'ils veulent s'en sortir vivants...

Prenez un peu de Saw, de Cube et de Next level, puis mélangez le tout, et vous obtenez Escape game (encore un film au titre "français" débiIe). Il est certain qu'avec de telles prémisses, ce long-métrage ne peut pas être très original. On retrouve donc un groupe composé de caractères variés, comme il se doit confrontés à un maître de jeu impitoyable qui les soumet à de terribles épreuves dont ils doivent trouver la solution en un temps limité (le groupe incluant parmi ses caractères variés les inévitables génies, inévitables parce qu'indispensables pour résoudre certaines énigmes de rigueur imposées au groupe). Avec alliances et trahisons à la clé. Et un petit côté conspirationniste avec des indices de ramifications à très haut niveau, comme dans Cube et ses suites. Comme souvent avec cette formule, on a une fausse happy end, la fin est laissée ouverte. Il reste que si on goûte à la formule, le produit est plaisant, angoisse et tensions sont affirmées, les divers pièges demeurent effrayants, et il y a une certaine incertitude sur le devenir des protagonistes. Et c'est réalisé et généralement interprété de façon efficace, même si certains personnages sont un peu en carton, assez pour qu'on puisse y prendre un vrai plaisir à la vision.

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aureliagreen
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Simple mortel, film fantastique français écrit et réalisé par Pierre JOLIVET ( France, 1991), avec Philippe VOLTER, Christophe BOURSEILLER, Nathalie ROUSSEL, Roland GIRAUD, Maaike JANSEN, Yvan VALENSI, Michel LENGLINEY...

Un spécialiste des langues anciennes (P. Volter) se met à entendre des messages radio en gaélique ancien, qui lui demandent de commettre certains actes, sinon des conséquences graves toucheront ses proches, ou des personnes prises au hasard. Réticent à leur obéir, et se demandant s'il n'est pas sujet à des hallucinations, il voit cependant s'accumuler des événements qui l'incitent à les prendre au sérieux. D'autant plus que les enjeux grimpent vite, très vite même...

Pierre Jolivet livre là un de ses meilleurs films, une petite merveille de film d'angoisse extra-terrestre réalisée avec des moyens minimaux, sans effets spéciaux. Misant sur l'ambiguïté sur la plus grande longueur du film, attendant la fin pour lever les doutes, il parvient à jouer sur les nerfs des spectateurs et à distiller un vrai sentiment d'oppression et d'horreur, devant le caractère implacable des menaces, avec un minimum de scènes violentes.
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aureliagreen
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Un jeu d'enfants, film fantastique de Laurent TUEL (France, 2001), sur un scénario de Constance VERLUCA et Laurent TUEL, avec Karin VIARD, Charles BERLING, Ludivine SAGNIER, Camille VATEL, Alexandre BONGIBAULT, Aurélien RECOING, Manuela GOURARY, Pierre JULIEN...

Marianne Fauvel (K. Viard) mène une vie aisée et heureuse de classe moyenne supérieure à Paris avec son mari Jacques (C. Berling) et ses deux enfants Aude (C. Vatel) et Julien (A. Bongibault). Un soir, un couple étrange se présentant comme frère et sœur, les Worms, qui affirment avoir vécu dans leur appartement il y a longtemps, lui demandent à être autorisés à le revisiter après tant d'années. Peu après, des événements étranges commencent à se produire dans l'appartement, et Marianne Fauvel, hantée par des rêves éprouvants, en vient à se demander si leurs deux enfants, qu'elle soupçonne de commettre des sabotages, ne sont pas animés d'intentions malveillantes. Jacques sombre lui dans des hallucinations, y compris à l'état d'éveil, et mis à pied de son travail après s'être mutilé lors d'une crise, vient chercher le repos chez lui. Mais la paranoïa de son épouse ne s'arrange pas...

Pas très bien accueilli je crois à sa sortie, comme beaucoup de films fantastiques français, cette histoire de hantise doublée d'emprise sur les enfants a pourtant une certaine efficacité, bien qu'elle emprunte des sentiers battus depuis longtemps (on pense notamment au Tour d'écrou). Cela en dépit d'une certaine froideur de la réalisation de Laurent Tuel, mais qui finalement ne la dessert pas, car elle se marie bien avec l'ambiance du film, basée justement sur des personnages glaciaux au possible, les deux acteurs jouant les enfants parvenant à modeler remarquablement bien leurs émotions sur les modèles des deux adultes sensés les posséder. Il s'agit d'une histoire où on a une longueur d'avance sur les personnages, y compris Marianne Fauvel, aussi suspicieuse soit-elle envers ses enfants, mais pour qui la vérité est simplement trop dure à imaginer. Là encore, cela ne nuit pas à ce suspense entièrement psychologique ne recourant quasiment à aucun effet spécial (la ressemblance avec Le tour d'écrou n'en étant que plus grande), au contraire cela renforce plutôt le sentiment d'angoisse, le spectateur n'ayant d'autre choix que de subir cette impossibilité pour une mère de comprendre ce qui se passe. Une assez bonne réussite au sein d'une épouvante française souvent critiquée pour son manque d'efficacité.
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aureliagreen
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L'échine du diable, film fantastique de Guillermo DEL TORO (El espinazo del diablo, Mexique-Espagne, 2001), sur un scénario de Antonio TRASHORAS, David MUÑOZ et Guillermo DEL TORO, avec Marisa PAREDES, Eduardo NORIEGA, Federico LUPPI, Fernando TIELVE, Iñigo GARCÉS, Irene VISEDO, José Manuel LORENZO, Francisco MAESTRE, Junio VALVERDE...

En Espagne, en 1939, alors que la guerre civile s'approche de la fin, un garçon de 10 ans, Carlos (F. Tielve), qui vient de perdre son père en raison de la guerre, est envoyé dans un orphelinat au milieu de nulle part, dirigé par une responsable stricte mais attentionnée (M. Paredes) et un vieux professeur humaniste (F. Luppi). Carlos a des difficultés à se faire accepter par les autres orphelins, mais c'est là le moindre des problèmes qu'il rencontre : d'abord, il y a la présence d'un surveillant très désagréable, Jacinto (E. Noriega), un ancien pensionnaire de l'établissement. Et plus encore, il se rend compte que l'orphelinat abrite ce qui semble être le fantôme d'un jeune garçon...

J'ai mis longtemps à voir ce film, un des premiers de Del Toro, peu de temps après Mimic. En raison de la réputation qui le précédait, j'ai été un peu surpris de le découvrir beaucoup plus "ordinaire" que ses œuvres plus récentes, dans son thème comme dans son esthétique. Pas là de monstres difformes, simplement une histoire de hantise doublée d'un drame autour d'un orphelinat, le méchant étant un surveillant frustré et quelque peu déséquilibré. Le vrai fantastique est bel et bien présent sous la forme de cette histoire de hantise et de fantôme vengeur, thèmes très classiques, et ce n'est qu'à la fin qu'il se révèle comment cette présence paranormale s'articule avec les autres éléments principaux de l'intrigue. Le talent bien connu de Del Toro et son intérêt manifeste pour le cadre historique (tournant déjà autour de républicains espagnols, comme ce sera plus tard le cas dans Le labyrinthe de Pan), la galerie variée de personnages, l'interprétation impliquée de tous leurs acteurs parviennent à rehausser cette histoire assez prévisible pour en faire un bon petit drame fantastique. Mais rien de plus, cela reste une œuvre mineure dans la filmographie du maître, qui ne laisse guère présager de ce qu'il deviendra.
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aureliagreen
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Brightburn, film fantastique de David YAROVESKY (USA, 2019), sur un scénario de Brian GUNN et Mark GUNN, avec Elizabeth BANKS, David DENMAN, Jackson A. DUNN, Emmie HUNTER, Christian FINLAYSON, Jennifer HOLLAND, Matt JONES, Gregory Aln WILLIAMS, Elizabeth BECKA....

Tori Breyer (E. Banks), une brave fermière du cœur agricole des USA, se débat depuis des années avec ses problèmes de fertilité en essayant désespérément d'avoir un enfant, lorsque le miracle arrive : un vaisseau d'un autre monde atterrit dans le champ qu'elle et son mari Brandon (D. Denman) exploitent. En son sein, un bébé. Ils recueillent l'enfant, qu'ils décident d'élever comme le leur. Tout semble aller bien, jusqu'à ce qu'à l'adolescence, il développe de dangereuses facultés,et se met à agir de façon inquiétante...

J'ai assez bien aimé ce démarquage "inversif" de Superman, en dépit son ambition limitée, ou plutôt en partie grâce à elle. Il n'est pas une première en soi (Son Gokû dans Dragonball par exemple avait déjà tracé cette voie), mais sa construction de film d'épouvante classique, avec montée du péril, amène bien le dénouement d'horreur pure, qui est très brutal, et est amplifié par le fait que justement, on a clairement en tête une image du modèle iconique des comics DC. On a parfois critiqué le comportement de son entourage, et en premier lieu celui de ses parents, accusé d'être d'incohérent parce qu'ils ne verraient rien venir ; mais il n'en est rien. Il faut tenir compte de ce que ses derniers sont confrontés à celui qui a été leur fils adoptif durant des années, leur seul enfant en fait, que pour cette raison ils adorent et il est normal que leur jugement en soit obéré et qu'ils ne prennent pas les bonnes décisions quand le danger incarné par ce dernier se révèle. Et lorsque sa mère comprend enfin de quoi il retourne et se décide à faire ce qu'il faut, en faisant deux plus deux et découvrant où réside sa "kryptonite", le scénario prend à contre-pied les attentes du spectateur. Sur ce sujet balisé, il parvient à être assez intrigant, et comme la réalisation de son côté est ordinaire mais satisfaisante et l'interprétation bonne, notamment celle d'Elizabeth Banks, le résultat est assez agréable.
Il ne se voulait pas une description de la conquête de la Terre par Superman, seulement de la façon dont il semait la terreur et la destruction dans "Smallville" lorsqu'il prend conscience de ce qu'il est. Je ne vois pas de problèmes à ce que l'histoire s'arrête sur une vision lointaine des dégâts qu'il commet à plus grande échelle, ce qui est la conclusion logique à un tel long-métrage (les scènes intra-générique révélant que toute une anti-Justice League est en train de le rejoindre, un peu comme dans la version Ultimate de l'Escadron Suprême chez Marvel). Là, on sait que l'humanité va succomber, il n'y a pas besoin d'aller plus loin, et puis franchement, si c'était pour se payer une nouvelle super-production à 100 millions de dollars, avec un happy-end dépourvu de crédibilité à la fin, non merci. Donc, il n'a certes, rien d'inoubliable, mais il atteint ses objectifs à mes yeux.
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aureliagreen
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My Little Eye, film d'angoisse de Marc EVANS (Royaume-Uni/USA/France/Canada, 2002), sur un scénario de David HILTON et James WATKINS, avec Sean Cw JOHNSON, Kris LEMCHE, Stephen O'REILLY, Laura REGAN, Jennifer SKY, Bradley COOPER, Nick MENNEL.

Cinq jeunes gens acceptent de vivre ensemble durant cinq mois dans une maison isolée sans jamais la quitter, tous leurs mouvements étant enregistrés et diffusés sur internet, avec à la clé une prime de un million de dollars à la fin. À la condition expresse qu'ils ne brisent jamais leur isolement, y compris par télécommunication, la perte du prix étant alors collective. Alors que la fin du défi approche, les organisateurs paraissent corser le jeu, par le biais de diverses brimades ou provocations (livraison de briques en lieu et place de nourriture, envoi d'un pistolet, visite d'un faux conducteur égaré...). Tandis que l'un des participants reçoit l'annonce du décès d'un proche, nouvelle dont ils ne savent pas si elle se range dans cette catégorie. Les choses vont peu après encore monter d'un cran...

Filmé lors des premières années de la télé-réalité, My little eye fait partie de ces œuvres qui jouent sur l'ambiguïté entre jeu télévisé/vidéo et réalité, reprenant certains tours devenus plus ou moins classiques. Tout en apportant une véritable originalité, en présentant une situation qui se révèle aller à rebours du scénario bigbrotherien habituel en montrant des intervenants qui pensent s'exposer au grand public comme tant de participants à la télé-réalité, alors qu'en fait leur spectacle se révèle être à l'attention d'un petit nombre. À l'inverse de toutes les préoccupations au sujet de la révélation de son intimité, délibérée ou à son insu ; sans changer les implications au sujet des dangers de la surveillance permanente. La surprise fonctionne assez bien, les scénaristes réussissant longuement, parallèlement aux organisateurs du jeu, à bien brouiller les choses, et on est laissé jusqu'au dénouement dans l'expectative (même si on se doute bien que toute l'attention focalisée sur le plus ou moins barjot Rex sert à cacher une évolution toute différente de celle qu'elle nous laisse trop facilement deviner). Marc Evans et le groupe d'acteurs, qui réussissent une bonne prestation d'ensemble, particulièrement Laura Regan, gèrent bien cette pièce d'angoisse claustrophobique et paranoïaque. Et contrairement au récent Next level, il va jusqu'au bout de son propos et évite l'écueil de toute forme de happy end, même atténuée.

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aureliagreen
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En eaux troubles, film fantastique de Jon TURTELTAUB (The Meg, USA-Chine, 2018) sur un scénario de Dean GEORGARIS, Jon HOEBER et Erich HOEBER, d'après le roman de Steve ALTEN, avec Jason STATHAM, LI Bingbing, Rainn WILSON, Cliff CURTIS, Winston CHAO, Sophia CAI, Ruby ROSE, Page KENNEDY...

Une équipe d'exploration océanographique plonge au plus profond de la Fosse des Mariannes, et découvre alors tout un monde perdu isolé du reste de l'océan par une thermocline. Mais ils vont y faire une mauvaise rencontre, sous la forme d'un requin préhistorique géant, qu'ils vont relâcher maladroitement dans les océans.

The Meg est vraiment un film très tiède ; prisonnier de son statut de grosse production destinée à attirer un maximum de public, il a du mal à assumer sa nature de film d'épouvante, essaie pour la faire mieux accepter de mettre une touche marvellienne mal venue destinée à l'adoucir ; et en conséquence il se réfugie dans cette approche de "faire peur mais pas trop, rire mais pas trop" etc... Une approche qui souvent condamne les films qui y recourent à échouer sur les deux plans (on se souvient du Punisher avec Thomas Jane, une des illustrations les plus éclatantes de ce principe). L'humour est d'ailleurs plutôt forcé, un qualificatif qui s'applique tout aussi à l'impression générale que donne le film, à force d'empiler situations,personnages et relations quelque peu clichées et empruntées, voire franchement mièvres (ah que les enfants sympas peuvent être agaçants !). Certes, il est normal que les monstres se comportent de façon si peu zoologique (quand ils essaient d'avaler un mini-submersible ou une cage à requin en verre et métal, que tout animal réel recracherait illico en raison de son goût affreux), car ce sont des monstres de film d'horreur, mais cela, dans un film qui accumule les facilités et les caractères inconsistants, ne fait que renforcer l'impression d'incohérence.

Les acteurs eux-mêmes ont d'ailleurs l'air assez peu convaincus, à l'exception de Statham, sans que cela améliore la qualité générale du film, au contraire, bien au contraire, car il paraît un peu surjouer à se retrouver dans un environnement où il est si isolé et si bien peu soutenu. Il y a bien quelques scènes qui surnagent (ouaf ouaf), principalement celles d'action, par contraste avec les séquences de peur, pas très bien amenées (notamment la révélation du mégalodon) à quelques exceptions près (l'apparition du requin derrière la vitre sous-marine). À côté de ça, les images de fonds marins sont assez originales et inattendues. Mais était-il besoin de mettre 130 ou 150 millions de dollars pour ces quelques séquences ?

Et bon sang, parvenir à faire une scène où le requin nage au milieu d'une plage bondée de baigneurs, et sans faire la moindre victime ! Le politiquement correct va un peu loin. On est à mille lieux de l'audace qui pouvait caractériser Les dents de la mer, une œuvre qui était pourtant elle aussi destinée à un large public. Signe de ce que les temps ont bien changé, et dans la mauvaise direction. Quant au calmar géant (et non pas calamar !!!), il attire ce commentaire : le film se paie le luxe de deux monstres marins inhabituels, d'accord, mais alors il se doit de ne pas sacrifier l'un d'eux aussi cavalièrement.

Un gâchis, qui est hélas parvenu quand même à tirer assez bien son épingle du jeu auprès du public.
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aureliagreen
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Ghostland de Pascval LAUGIER (France-Canada, 2018), sur un scéario du réalisateur, avec Crystal REED, Mylène FARMER, Anastasia PHILLIPS, Emilia JONES, Taylor HICKSON, Kevin POWER, Rob ARCHER...

Pauline (M. Farmer) emménage avec ses deux filles, Beth et Vera dans une maison qu'elle vient d'hériter de sa tante. Sitôt après, elles sont la cible d'une attaque sauvage par des déséquilibrés, et Pauline doit se démener sauvagement pour sauver sa vie et celle de ses filles. La famille va en subir des séquelles psychologiques irrémédiables que les filles vont affronter différemment, Beth devient une auteure d'horreur, mais Vera sombre dans la paranoïa et la schizophrénie et doit rester vivre avec sa mère. Seize ans plus tard, Beth rejoint sa mère et sa sœur dans la maison familiale. Mais des événements étranges vont commencer à se produire...

Assez bien reçu à sa sortie (sans doute parce que d'une qualité inhabituelle pour un film français de ce genre), Ghostland est à mes yeux un film de psycho-killer très classique dans son thème de base, empli de références aux films liges du genre, avec recours cru à l'ultra-violence et à la peur du tueur, avec une indéniable efficacité ; le récit se redoublant de conflits familiaux assez classiques, mais bien utilisés dans leur opposition entre les personnages ; il s'en distingue par le recours à quelques tours scénaristiques récents, à savoir la surprise à base de renversement de la réalité apparente. Laugier se distingue de la plupart des œuvres recourant à ce truc en le plaçant au milieu de l'histoire, ce qui n'est pas une innovation car Dream House avait déjà utilisé cette construction. Mais son utilisation en plein cœur de l'action lui donne un caractère particulier, qui renforce l'intérêt d'un récit déjà très violent et angoissant. On passera sur les facilités du scénario, genre comment des tueurs en série aussi reconnaissables peuvent se déplacer dans un camion aussi peu discret sans être arrêtés, facilités qui lui donnent un caractère très années 70. Si j'ai trouvé les jeux d'éclairage un peu surfaits, le film fonctionne bien, et on a du mal à voir passer ses 1h31.
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aureliagreen
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Chasseuse de géants, film fantastique de Anders WALTER (I kill giants, 2017), sur un scénario de Joe Keely, adaptant sa propre bande dessinée, avec Madison WOLFE, Zoe SALDANA, Imogen POOTS, Sydney WADE, Rory JACKSON, Art PARKINSON, Jennifer EHLE...

Barbara Thorson (M. Wolfe), une jeune adolescente de 12 ans, perturbée par de graves changements familiaux menant à un déménagement, épuise sa famille, ses professeurs, ses camarades de classe et sa conseillère d'éducation (Z. Saldana) par son caractère entier. Pour supporter la réalité, elle se bâtit un monde imaginaire fantastique où elle affronte des géants, en protégeant le monde d'eux...

Anders Walters livre là un film fantastique assez original, que l'on pourrait prendre au premier coup d'œil pour une histoire sur le mal-être débouchant sur la folie, mais qui apparaît être en fait être un conte à deux niveaux recouvrant le parcours initiatique d'une adolescente, qui doit trouver la force de surmonter une très pénible épreuve à travers ce combat métaphorique contre la représentation de ses peurs. La fin jouant cependant ouvertement l'ambiguïté en empêchant de retenir toute explication réductrice trop évidente, paraissant bien prendre le parti de la réalité de ses adversaires, participant d'une mise à l'épreuve initiatique. Le principe est très proche du presque contemporain Quelques minutes après minuit, l'épreuve que subissent les protagonistes principaux des deux films étant la même et tous les deux devant faire face à des créatures surnaturelles qui sont là pour les préparer à l'inéluctable, rejetant toute happy end, si ce n'est cette acceptation. Certainement, I Kill Giants parvient à être émouvant, il le doit à de très bons interprètes bien impliqués dans des rôles difficiles, aux relations délicates à appréhender, et particulièrement au numéro extraordinaire de Madison Wolfe, confondante dans ce numéro de pile électrique survoltée à bout de nerfs, qui parvient à nous la rendre attachante dans son malheur.

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aureliagreen
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Next Level, téléfilm d'anticipation de Charles BARKER (The Call Up, USA, 2016), sur un scénario de Charles BARKER, avec Max DEACON, Morfydd CLARK, Ali COOK, Tom Benedict KNIGHT, Christopher OBI, Boris LER, Douggie MCMEEKIN, Adrianna RANDALL, Parker SAWYERS, Greg KOLPACKI...

Un groupe de jeunes joueurs en ligne sont invités pour participer à un jeu vidéo avancé. Arrivés sur place, ils se rendent compte que celui-ci est encore plus élaboré qu'ils ne s'y attendaient, il s'agit d'une plongée en immersion complète dans une réalité virtuelle simulant un combat dans un immeuble dévasté au sein d'une zone de guerre, à l'aide de tenues à capteurs multiples. D'abord surpris, ils se laissent guider par l'enthousiasme, mais celui-ci tourne à l'aigre, quand ils se rendent compte que la simulation est plus réaliste qu'ils ne l'espéraient, jusqu'au point que leurs vies soient autant en danger que dans une vraie guerre...

Le principe du joueur qui se retrouve piégé dans une réalité artificielle n'est en rien nouveau, mais Next level l'exploite très bien. Bien sûr, l'idée de base est assez prévisible, néanmoins la mise en place est bien menée. Les rebondissements au niveau des personnages, dont certains révèlent leur face sombre alors que d'autres s'effondrent, sont classiques, mais tout cela passe bien, la réalisation est assez énergique, le rythme soutenu, sans temps morts ni emballement, et les acteurs, bien que peu connus, sont tous à l'aise. Et nul n'est susceptible d'être épargné, aussi "gentil" soit-il. Classique et prévisible, donc, mais agréable à suivre. Si ce n'est que la fin nous amène un très gros bémol, en faisant une concession mièvre à un moralisme facile au prix de péripéties fort peu vraisemblables, rompant avec la logique sans concessions froidement suivi par ce téléfilm jusque là, qui aurait voulu que le méchant de l'histoire s'en sorte sans dommage.
12/20 pour cette raison.
aureliagreen
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Border, film fantastique de Ali ABASSI (Gräns, Suède-Danemark, 2018), sur un scénario de Ali ABASSI, Isabella EKLÖF et John Ajvide LINDQVIST adpatant une nouvelle de ce dernier, avec Eva MELANDER, Eero MILONOFF, Jörgen THORSSON, ANN PETRÉN, Sten LJUNGGREN, Kjell WILHEMSEN, Rakel WÄRMLÄNDER, Andreas KUNDLER...

Tina, une agente des douanes aux traits étonnamment grossiers, utilise dans son travail une curieuse capacité, celle de sentir certaines émotions humaines, notamment la peur et le sentiment de culpabilité. Un jour, elle contrôle un homme nommé Vore, aux traits aussi repoussants que les siens, qui semble défier ses pouvoirs. Intriguée, elle part à sa recherche, et après l'avoir retrouvé, elle se sent de plus en plus attiré par lui, d'une façon qu'elle n'avait jamais ressentie. Elle va alors aller de découverte en découverte sur sa vraie nature.

Gräns est un film très original et iconoclaste, qui prend des détours inattendus. Tant le portrait que le parcours psychologique des deux personnages principaux sont très bien creusés, leur différence est décrite d'une façon très convaincante, qui pénètre remarquablement le spectateur, et les deux acteurs principaux sont extraordinaires dans leurs rôles pourtant si inhabituels et difficiles à appréhender. On se laisse prendre tant à la fusion animale de Tina avec la nature qu'au ressentiment de Vorne envers l'humanité, dont on comprend les motivations, vues les persécutions de cette dernière envers les trolls. Une histoire étonnante, qui réussit à être touchante en dépit des aspects sordides de la société qu'elle touche.
Ali Abassi n'a pas volé son prix Un Certain Regard à Cannes. Cette œuvre mérite d'être découverte, qui détonne en ces temps de films fantastiques tous plus ou moins pareils.
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aureliagreen
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Quand les dinosaures dominaient le monde, film fantastique de Val GUEST (When dinosaurs ruled the Earth, Grande-Bretagne, 1970), sur un scénario de J. G. BALLARD et Val GUEST, avec Victoria VETRI, Robin HAWDON, Patrick ALLEN, Drewe HENLEY, Sean CAFFREY, Magda KONOPKA, Imogen HASSALL, Patrick HOLT...

À l'aube des temps, alors que la tribu des rochers s'apprête à sacrifier des femmes blondes à leur dieu-soleil, un cataclysme majeur surgit, permettant à Sanna (V. Vetri), une des offrandes, de s'échapper. Elle trouve refuge auprès de la tribu des sables, et s'éprend de Tara (R. Hawdon), celui de ses membres qui l'a sauvée de la mer. Mais les hommes de la tribu des rochers n'ont pas renoncé à la retrouver...

Quatre ans après Un million d'années avant J.C., cette nouvelle production de la Hammer (ironiquement initiée par un projet de la Warner afin de concurrencer le film de 1966) reprend les mêmes recettes. Et les mêmes qualités et défauts qui vont avec. Réalisateur et acteurs parviennent à se dépatouiller plutôt bien des obligations d'un concept improbable, reposant notamment sur un langage primitif, certaines scènes de transe collective parvenant à être assez inquiétantes. Victoria Vetri fait aussi un peu plus crédible en femme des cavernes que Raquel Welch. Mais ce sont toujours les effets spéciaux, secondés par le cadre primitif et la musique "antédiluvienne" envoûtante, qui tiennent la vedette. Ray Harryhausen a été remplacé par Jim Danforth, qui parvient par moments même à surpasser le maître dans le domaine de l'animation image par image des animaux préhistoriques, ainsi avec celle de la "mère" de Sanna et ses petits détails anatomiques criants de vérité. Il est très bien secondé par David Allen, qui livre une scène avec un chasmosaure qui paraît vraiment avoir été filmé en même temps que les comédiens. Les superbes et sauvages paysages naturels, toujours filmés aux Canaries, sont très bien combinés avec de magnifiques peintures sur verre "préhistoriques". Un vrai morceau de cinéma pulp comme il s'en faisait autrefois, et qui demeure toujours cité parmi les classiques du film "préhistorique".

13,5/20
aureliagreen
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Colossal, film fantastique écrit et réalisé par Nacho VIGALONDO (USA, 2016), avec Anne HATTAWAY, Jason SUDEIKIS, Austin STOLWELL, Tim BLAKE NELSON , Dan STEVENS, Hannah CHERAMY...

C'est une litote de dire que la vie de Gloria (HATTAWAY) se retrouve dans une impasse. Journaliste en ligne au chômage, elle a un sérieux problème d'alcoolisme et pour cette raison vient de se faire larguer par son petit ami qui l'a en prime vidé de son appartement à New York. Elle retourne dans sa maison natale afin de se recomposer, et croise la route d'un ancien ami d'enfance, Oscar (SUDEIKIS). À ce moment-là, un gigantesque monstre de type Kaiju se met à apparaître régulièrement à Séoul, mettant le monde dans un état d'urgence. Gloria en vient à réaliser que aussi incroyable que cela paraisse, cette créature semble entièrement liée à elle lorsqu'elle se rend dans un certain parc. Elle va devoir essayer de comprendre comment son existence si banale peut avoir de telles répercussions à l'échelle du monde ; d'autant que Oscar se révèle également générer un phénomène identique...

Dans ce film étrange, Vigalondo jongle avec différents thèmes dans un équilibre subtil. Une intrigue complexe autour des deux personnages principaux, à la personnalité déviante et aux relations se révélant de plus en plus alambiquées, étant agrémentée de beaucoup d'hommage à la culture populaire japonaise, une pincée de mysticisme et de considérations sur le devenir de l'humanité face à un événement qui la transcende. Vigalondo réussit à entretenir jusqu'au bout l'intérêt pour cette histoire étrange autour de la psychologie de ses deux figures, notamment en jouant sur les attentes. Il sait désorienter et tenir en haleine, laissant son spectateur dans l'expectative sur la direction que va prendre l'histoire, autant que sur le sens qu'il veut lui donner. Je pense n'avoir compris le message exact qu'il entendait faire passer qu'à la toute fin. Il parvient à établir une très bonne synergie avec les deux acteurs principaux. Anne Hattaway est très bonne en femme complètement à la ramasse, un rôle très difficile et différent de ce à quoi elle nous a habitués. En face, Sudeikis parvient lui aussi très bien à se glisser dans la peau d'un personnage complexe, qui apparaît d'abord comme agréable, avant d'évoluer dans une direction très différente, illustration de la volonté du scénario de nous surprendre, en finissant quasiment sur une note de quête héroïque.
En bref, une œuvre pas évidente à saisir, mais qui vaut le détour.
14/20
aureliagreen
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Don't breathe : La maison des ténèbres, film d'horreur de Fede ALVAREZ (Don't breathe, 2016), sur un scénario de Fede ALVAREZ et Rodo SAYAGUEZ, avec Stephen LANG, Jane LEVY, Dylan MINNETTE, Daniel ZOVATTO, Emma BERCOVICI, Franciska TÖROCSIK...

À Detroit, Rocky, Alex et Money sont trois cambrioleurs qui ont l'habitude de s'introduire dans des maisons équipées d'un système se protection mis en place par l'entreprise du père d'Alex. Rocky, qui rêve de s'installer avec sa sœur en Californie loin de leur mère violente, accepte d'aider ses comparses une dernière fois lorsque Alex lui propose de s'introduire chez un vétéran de guerre, rendu aveugle par une explosion en Irak, afin de lui dérober une somme d'argent importante qu'il a reçue en dédommagement de la mort de sa fille dans un accident de voiture. Seulement, les choses se compliquent, lorsqu'il se révèle que le vétéran en question est plus dangereux qu'ils le pensaient, et qu'ils découvrent qu'il cache en plus un lourd secret dans le tréfonds de sa maison.

On ne peut pas dire que Don't breathe soit un film très surprenant, au moins par son principe de départ ; on se doute dès le début que les trois cambrioleurs sont imprudents de violer la maison d'un vétéran des Forces Spéciales, qui plus est joué par Stephen Lang, et c'est un cliché de montrer un aveugle avantagé dans le noir. Mais la grande intensité et l'extrême brutalité des scènes des scènes d'action/horreur de ce home invasion un peu particulier, qui se double d'un petit côté Saw lorsqu'est découvert ce que le cambriolé récalcitrant cache, l'explication en étant cependant inattendue et audacieuse. Le scénario joue aussi habituellement au chat et à la souris avec le spectateur au sujet du dénouement, louvoyant constamment au sujet de l'identité de celui qui s'en tirera. La fin est d'ailleurs ouverte, car elle montre qu'une fois arrivée sur place, la police a trouvé assez d'éléments pour que celui qui s'en est sorti se retrouve incriminé.

Par sa réalisation solide, son ambiance angoissante de huis-clos, sa grande violence et ses bonnes prestations, notamment de Jane Levy et, sans surprise vue la nature du rôle, de Stephen Lang, ce long-métrage détonne assez par rapport à la plupart des films d'horreur actuels.
15/20
aureliagreen
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La nonne, film d'horreur de Corin HARDY (The nun, USA, 2018), sur un scénario de Gary DAUBERMAN et James WAN, avec Demián BICHIR, Taissa FARMIGA, Jonas BLOQUET, Bonnie AARONS, Ingrid BISU, Patrick WILSON, Vera FARMIGA, August MATURO, Charlotte HOPE, Lynette GAZA...

Un prêtre exorciste au passé tourmenté et une apprentie nonne sur le point de prendre ses vœux sont envoyées dans l'après-guerre par le Vatican afin d'enquêter sur la mort d'une jeune nonne dans un couvent de Roumanie. Accueillis assez fraîchement par les religieuses, ils se rendent compte que ce qu'elles essaient de dissimuler est une affaire de possession démoniaque particulièrement puissante...

Et voilà la nouvelle mouture des dérivés multiples des dossiers Warren, que les dirigeants de New Line Cinema et Atomic Monster se sont jurés d'exploiter sous toutes les coutures jusqu'à épuisement de la substance. C'est peu dire que toutes les ficelles du genre, déjà exploitées jusqu'à plus soif, le sont encore et encore, jusqu'à épuisement du spectateur. On aura donc droit à toutes les péripéties, pour ne pas dire les clichés, du genre de la possession démoniaque et des grands effets horrifiques hérités de L'exorciste, agrémentés des sursauts et autres jump scares. Techniquement, c'est assez réussi, avec des maquillages bien effrayants, des effets de lumières et d'obscurité inquiétants, une bonne réalisation, et une interprétation correcte, et même une très bonne prestation de Taissa Farmiga. Mais bon, tout est déjà vu et revu mille fois, et l'histoire est d'une crédibilité très limite. Et bon, il faut bien reconnaître que le coup du "les personnages qu'on croyait tous réels depuis le départ, c'était en fait des fantômes", cela commence vraiment à fatiguer à la longue. Alors, c'est certainement un film pour une certaine niche, on peut penser que ceux qui aiment ce genre de film aimeront, probablement ; mais pour les autres, sans doute vaut-il mieux qu'ils passent leur chemin.
10/20 (pour la prestation de Vera Farmiga)
aureliagreen
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La malédiction de la Dame Blanche, film d'horreur de Michael CHAVES (The Curse of La Llorona, USA, 2018), sur un scénario de Mikki DAUGHTRY et Tobias IACONIS, avec Linda CARDELLINI, Roman CHRISTOU, Jaynee-Lynne KINCHEN, Raymond CRUZ, Marisol RAMIREZ, Patricia VELASQUEZ, Sean Patrick THOMAS, Tony AMENDOLA, Irene KENG...

À Los Angeles, une fonctionnaire des services sociaux, Anna Tate-Garcia (L. Cardellini) doit s'occuper du cas intriguant d'une femme mexicaine, Patricia Alvarez (P. Velasquez), accusée d'enfermer ses enfants, afin, prétend-elle, de les protéger d'une entité mythologique mexicaine ravisseuse d'enfants, La Llonora. Après que ses enfants aient été séparées de leur mère, ils sont retrouvés morts noyés, comme cette dernière l'avait prédit. Anna se rend compte que des phénomènes étranges, similaires à ceux que Alvarez avait décrits, commencent à se produire autour d'elle et de ses deux enfants. Après une rencontre particulièrement alarmante, elle va voir le père Perez (T. Amendola), qui lui explique que ce que signifie La Llorona, et que elle et ses enfants sont sans doute en grand danger. Il lui présente un ancien prêtre catholique, Rafael Olvera (R. Cruz), spécialisé dans les exorcismes, qui pourrait les aider à se débarrasser de cette entité maléfique qui les harcèle...

J'ai fini par voir ce film, avec une certaine appréhension en raison de critiques pas fameuses. Ce qui m'a aidé à ne pas être déçu, mais sans être satisfait pour autant. La Llorona est une de ces entités du type des Dames Blanches d'Europe, créatures surnaturelles entre fées et fantômes, ravisseuses de voyageurs ou d'enfants imprudents, curieusement peu exploitées au cinéma. Les deux premiers tiers du film sont les plus intéressants, assez prenants, baignant qu'ils sont dans une bonne ambiance de mystère paranormal, Linda Cardellini apportant de plus sa présence charismatique. Puis, ça se gâte dans la dernière partie, quand ça tourne au film d'exorcisme tendance warrenfilesienne, ce qui n'est pas surprenant, dans la mesure où quelques références "subtiles" nous indiquent qu'on se trouve dans ce qu'on pourrait appeler l' "Annabellevers". Univers dont le principe est de décliner le concept de L'exorciste de Friedkin en version franchement blockbusterienne, à coups de grandes scènes d'action. On a donc droit une nouvelle fois à de multiples acrobaties d'exorcistes et de victimes volant à travers les pièces. Mais le personnage de La Llorona ne se prête guère à ce traitement, de plus il faut bien dire que l'exorciste incarné par Raymond Cruz n'est pas très crédible, manquant de charisme. Cela plaira peut-être aux aficionados, mais je soupçonne qu'une lassitude doit commencer à se faire jour.

11/20, pour les deux premiers tiers du film.
aureliagreen
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La planète des dinosaures, film de science-fiction de James K SHEA (Planet of dinosaurs, USA, 1977), sur un scénario de Ralph LUCAS et James AUPERLE, avec Mary APPLESETH, Harvey SHAIN, Derna WYLDE, Michael THAYER, Chuck PENNINGTON, Chharlotte SPEER...

Dans un futur plus ou moins éloigné, un vaisseau spatial en grandes difficultés est obligé de se poser sur une planète après avoir lancé un S.O.S. L'équipage se rend compte que celle-ci ressemble à la Terre. En essayant d'organiser leur survie, dans l'attente d'hypothétiques secours, ils se rendent compte qu'elle est peuplée de dinosaures...

Autant le dire, ce film en vaut que par ses bons effets spéciaux en animation images par images par Doug Beswick, qui parvient à créer une bonne intégration entre personnages humains et dinosaures (on regrette cependant que les figurines soient plus brillantes que l'environnement dans lequel elles sont filmées en rétro-projection complexe, de type similaire à la Dynamation de Ray Harryhausen). Car pour le reste, l'interprétation est très amateure (on notera que les personnages portent le même prénom que leurs acteurs !), et la réalisation l'est encore plus, le scénario étant évidemment minimaliste. L'exemple ultime du film que l'on regarde en vidéo en sautant jusqu'aux passages mettant en scène des dinosaures, plus encore que Un million d'années avant J.C. et Quand les dinosaures dominaient le monde (dont l'interprétation et le scénario, pour "typés" qu'ils étaient, se tenaient). Il ne s'agit pas d'un film de James Shea, mais bien uniquement de Doug Beswick.
9/20, uniquement pour les effets spéciaux.
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Alita : Battle Angel, film de science-fiction de Robert RODRIGUEZ (2019), sur un scénario de James CAMERON et Laeta KALOGRIDIS, d'après la bande-dessinée de KISHIRO Yukito, avec Rosa SALAZAR, Christoph WALTZ, Jennifer CONNELLY, Mahershala ALI, Ed SKREIN, Jackie Earle HALEY, Keean JOHNSON, Jorge LENDEBORG Jr, Lana CONDOR...

Une vision donnée par Rodriguez et Cameron du fameux manga cyberpunk Gunnm de Kishiro.

L'adaptation est bonne dans l'ensemble, la réussite graphique est à peu près complète, la recréation de Iron City et de l'inquiétante Zalem qui lui plane au-dessus est à peu près parfaite, le rendu des cyborgs de Kishiro est bluffant. Il est d'ailleurs scandaleux que le film n'ait été nominé ni aux BAFTA ni aux Oscars pour ses effets spéciaux, rien que la performance capture sans défaut autour de Rosa Salazar l'aurait justifié. Quant au scénario, qui a fait le choix d'emprunter les éléments originaux venant des OAVs de 1993 (aussi incomplète ait-elle été, ils n'en constituaient pas moins la seule adaptation à avoir jamais été réalisée du manga avant ce film), il n'en réussit pas moins bien son exercice de contraction. Si certains fans intégristes ont regimbé devant cette option, elle est la règle de toute adaptation de cette ampleur, il n'est ainsi nullement gênant que certains événements se passent dans un ordre différent, que Gally commence à récupérer ses souvenirs si tôt, qu'elle participe déjà aux combats de cyborgs, et même que le Dr Nova se manifeste si précocement, toutes choses qui se produisent dans le manga bien après la mort de Yugo. On peut regretter cependant que le choix d'introduire les particularités des OAVs, s'il enrichit le récit originel de plusieurs éléments intéressants, prive Vector toute possibilité de rachat (il est vrai que la suite où celui-ci aurait pu avoir lieu est devenue désormais très improbable).

Le caractère exubérant de Rodriguez qui le mène régulièrement à faire du n'importe quoi peut se révéler positif lorsqu'il est encadré. Les scènes d'action, notamment les combats de Gally contre Zapan et Grewishka et les courses de motorball sont ainsi très réussies, et ne sont pas envahissantes. La violence est grande, et parfois gore, rendant incompréhensible que le film ait eu un classement si complaisant en France (j'ai eu du mal à croire qu'ils aient osé réserver à Chiren exactement la même fin ultra-gore que dans les OAVs), ce qui n'empêche pas que le ton général soit assez rafraichissant, les personnages sont bien adaptés, on peut se laisser prendre aisément par leurs mésaventures et le côté dramatique de leurs interactions. Sans que le film verse dans le larmoyant et le sentimentalisme. J'ai été satisfait de voir qu'ils n'ont pas sacrifié à la facilité hollywoodienne en maintenant la mort de Yugo, très proche de celle du manga.

La qualité de l'interprétation est avec la réalisation de Rodriguez et la création artistique un autre grand atout pour le film. La symbiose de Rosa Salazar et de l'imagerie de synthèse parvient à rendre une cyborg plus vraie que nature, dont les grands yeux passent relativement inaperçus (il est vrai qu'au milieu de tant de cyborgs complètement refaits ils ne détonnent guère). Christoph Waltz capte parfaitement le caractère réservé de Ido, Keean Johnson celle de Yugo, aussi complexe que dans les mangas, Ed Skrein et Jackie Earle Haley assurent en chasseurs cyborgs malfaisants. Si le personnage de Chiren, originaire des OAVs, n'est pas celui qui a la plus grande présence, il bénéficie du talent de Jennifer Connelly, dont c'est le rôle le plus important depuis longtemps. On peut regretter cependant que lorsqu'elle déclame une phrase au sujet de son identité de "mère", certes courte et sobre mais plutôt surfaite, elle retombe dans ses travers, qui expliquent cette carrière récente étonnamment terne. Le point le plus négatif étant Mahershala Ali, très moyen en Vector dont il paraît avoir du mal à capter la perfidie, réduit qu'il est à une sorte de margoulin.

Seulement, le film a ses limites. Il ne reste qu'à la surface des choses. S'il reste une partie de l'exercice de critique sociale du manga, qu'il est vrai difficile de manquer tellement il est évident, il souffre cependant d'une simplification de certains graves enjeux (ainsi le frère de Yugo et sa montgolfière sont tout juste mentionnés), et surtout, les questionnements philosophiques du récit original sont à peine ébauchés. Il ne reste ainsi pas grand-chose des interrogations de Gally et d'autres personnages au sujet de l'identité humaine ou cyborg, où s'arrête l'une et où l'autre commence-t'elle à prendre le pas, l'interaction humain-machine etc.... Tout ce qui concerne le "transhumanisme" en fait. Et la relation entre Gally et Yugo en est réduite à une amourette très ordinaire. On a donc une belle aventure au vernis cyberpunk, mais qui ne profite pas de la richesse de son matériau d'origine, par peur de braquer le public. Sur ce point, le Ghost in the Shell de 2017 assumait vraiment le côté philosophique en prenant les risques qui allaient avec. Il est vrai qu'au vu des grandes différences au box-office, on se dit que le choix de Carpenter et Rodriguez était justifié... Mais malgré celui-ci, le succès n'a pas été assez au rendez-vous pour permettre une suite, d'autant plus que le rachat de la Fox par Disney va rendre les producteurs encore plus frileux. Ce qui ne fera que plus encore ressortir l'absence d'exploration des motivations du Dr Nova, si importantes pour l'histoire, ce qui était compréhensible dans le cadre d'une franchise, mais apparaîtra comme un grave manque en l'absence de cette suite (mais bon, les acharnés pourront toujours se rabattre sur le manga...).

Pour ces raisons, ce long-métrage ne saurait prétendre être incontournable, se contentant d'être une adaptation que je qualifierais de réussie en surface, mais qui reste un simple gros divertissement de masse. Un peu l'équivalent cyberpunk d'un film Marvel. Avec ses qualités artistiques, il plaira sans doute au spectateur moyen, mais le fan du manga aussi bien que l'amateur de science-fiction élaborée sera moins satisfait.
12/20
aureliagreen
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In Fear, film d'épouvante et thriller de Jeremy LOVERING (Grande-Bretagne, 2013), sur un scénario de Jon CROCKER et Jeremy LOVERING, avec Iain DE CAESTEKER, Alice ENGLERT, Allen LEECH...

Tom et Lucy, un couple de jeunes amoureux, se rendent à un festival au cœur de l'Irlande où ils doivent rejoindre un groupe d'amis. Ils ont prévu de passer la nuit précédente dans un hôtel. Tout se déroule normalement, mais après avoir rejoint la localité où se trouve l'hôtel, ils peinent curieusement à trouver celui-ci. Plans et pancartes ne correspondent pas, et ces dernières ne semblent pas mener au bon endroit. La nuit finit par être toute proche, et alors que Tom et Lucy sortent de voiture pour trouver un éventuel point de vue plus élevé afin d'observer les environs, ils découvrent des indices de la présence de quelqu'un qui pourrait les suivre...

Alors, il y a plusieurs côtés à In Fear. Si on a affaire à un survival au point de départ assez classique, plus proche d'un Eden Lake que de Délivrance, un de ces films d'épouvante britanniques qui savent capitaliser sur les possibilités du cadre rural, il tente un pari assez original, en ne montrant quasiment que trois acteurs d'un bout à l'autre (quelques figurants sont aperçus très brièvement et au loin). Comme film d'angoisse en pleine campagne dans un cadre nocturne, il est certainement réussi, il est bien construit, gère bien la montée de la peur de ces deux citadins plongés dans une situation inattendue, déroule une ambiance inquiétante dans ce quasi-huis-clos, la musique est bien sentie, et les rares acteurs sont bons.

Cependant, à côté de ce pan technique vraiment maîtrisé, il y a de drôles de bizarreries au niveau du scénario. Non pas au niveau de la réaction des deux tourtereaux face à ces trajets en cul-de-sac, contrairement à ce que j'ai pu lire parfois. Il est normal de refaire le même chemin en estimant avoir pu manquer un panneau ou une sortie, surtout sur une petite route de campagne, et de toute façon quand ils se rendent compte que ce n'était pas le cas, ils en essaient ensuite plusieurs autres. On arrive vite à la nuit comme ça. Ils ne se débrouillent pas si mal (et puis oui, les gens peuvent vraiment être des manches quand ils sont loin de chez eux). Mais parce qu'il est difficile d'admettre que leur harceleur puisse faire tant de choses à lui tout seul, là où on attendait toute une troupe. Il se retrouve présent à proximité d'eux au bon moment à chaque fois, ce qui implique de se déplacer à une étrange vitesse, parvient à échapper à leur attention et à voler leurs affaires de même, toujours d'une façon un peu magique. Même si on admet qu'il connaît tous les recoins et tous les chemins de traverse du coin, carrossables ou piétons, cela est dur à avaler (et comment faire tenir un arbre en place jusqu'à ce que ses proies arrivent au bon endroit ?). Sans compter le montage du coup à l'avance, en piégeant Tom par internet en inventant un hôtel inexistant, ce qui nécessiterait un énorme travail de surveillance, sans la moindre garantie de réussite.

J'imagine que pour les scénaristes, il s'agissait de les confronter à un antagoniste auquel il était impossible d'échapper, un archétype à l'aura quasi-surnaturelle. Max est donc plus un fantasme de citadin qu'un véritable tueur en série comme on est susceptible d'en rencontrer en milieu rural. Et le réalisateur réussit son pari de mettre en scène la rencontre avec cette figure sinistre. Mais en raison des invraisemblances liées à un tel concept, je ne mets pas plus de 12/20.
aureliagreen
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Terre maudite, western fantastique d'Emma TAMMI (The Wind, USA, 2018), sur un scénario de Teresa SUTHERLAND, avec Caitlin GERARD, Julia GOLDANI, Ashley ZUKERMAN, Dylan McTEE, Miles ANDERSON, Martin C. PATTERSON...

Vers la fin du XIXème siècle, dans les grandes plaines de l'Ouest des USA, une femme mène une vie difficile au sein d'une ferme isolée. Laissée seule une grande partie du temps, seulement ravitaillée par certains voisins, elle commence à se sentir menacée par des forces invisibles. Mais y-a-t'il vraiment une menace surnaturelle, où commence-t'elle simplement à perdre pied mentalement en raison de sa solitude ? La question va se révéler cruciale, lorsqu'un couple nouvellement marié s'installera dans une ferme voisine...

Un film d'horreur psychologique autour d'une lente plongée dans la folie efficace, à la grande tension psychologique mais assez ordinaire dans ses thèmes. Comme d'autres films du même genre, il joue sur le doute au sujet de la réalité des phénomènes perçus par la principale protagoniste. Comme certains d'entre eux, il donne l'impression de se laisser aller à jouer à l'extrême avec les nerfs du spectateur sur ce point, même s'il semble finir par prendre parti, même brièvement, en faveur de la réalité des menaces. Mais tout en laissant toujours floue la frontière entre ce qui est réel et ce qui est causé par l'état de panique et de décrépitude induite de l'assaillie. Pas trop mal joué, bien mis en scène, tout en restant très classique, ce film n'est pas sans rappeler le récent The witch, en moins mémorable cependant.
13/20
aureliagreen
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Antebellum, thriller/film d'horreur écrit et réalisé par Gerard BUSH et Christopher RENZ (USA, 2020), avec Janelle MONÁE, Jena MALONE, Eric LANGE, Arbella LANDRUM, Tongayi CHIRISA, Achok MAJAK, Jack HUSTON, Kiersey CLEMONS, T. C. MATHERNE, Gabourey SIDIBE...

Au cours de la Guerre de Sécession, les esclaves d'une plantation du sud séparatiste des USA sont soumis à un très rude régime par des membres d'une unité de l'armée confédérée. Au début du 21ème siècle, Veronica HENLEY (J. Monáe), une autrice et polémiste noire célèbre pour ses écrits contre le racisme, mène une vie de grande bourgeoise urbaine épanouie et hédoniste avec sa famille et ses amis. Mais elle se ne se rend pas compte qu'elle est observée par des individus aux motivations empreintes d'hostilité, et est enlevée par ces derniers. Elle semble se retrouver dans ce même monde cauchemardesque, dont elle tente vainement de s'évader...

On a fait la promotion de ce film en mettant en avant le fait qu'il avait été écrit par un blanc et un noir motivés par la lutte contre le racisme, et autant le dire, il s'agit d'un film ouvertement militant, écrit par d'authentiques social justice warriors. La fin, avec ses gros plans sur certaines statues et parcs, enfonce encore bien le clou à ce sujet, si besoin en était encore à ce moment-là. Du point de vue de l'histoire, ils prennent le parti de la présenter comme un récit fantastique, en laissant entendre qu'on a affaire à une histoire de réincarnation, avec va-et vient entre deux époques avec les mêmes protagonistes, un peu comme dans Cloud Atlas, à moins qu'il ne s'agisse même d'un voyage dans le temps. Finalement, après avoir laissé quelques indices qui maintenaient toujours le doute, la supercherie est révélée, et on apprend que la situation est en réalité proche de celle du Village de Shyamalan. Cela change toute la signification de ces va-et-vient, notamment la peinture de la confortable vie moderne de Veronica Henley, le message étant qu'elle est fragile et peut lui être retirée à tout moment, rien n'étant acquis.

Une charge donc très percutante contre les racistes et sexistes blancs, avec de bonnes performances (Jena Malone à l'aise dans son registre habituel de personnage limite), qui sait ne pas toujours verser dans la caricature en brossant des portraits variés (les racistes se déclinant ainsi entre le pur exploiteur et l'ambigu), et qui veut jouer la carte du récit à mystère alambiqué. Il n'est cependant que moyennement réussi de ce côté, le suspense aurait gagné d'une révélation plus maîtrisée. Et surtout, cette charge est un peu excessive, à force de vouloir trop bien faire, et bien peu de racistes blancs se reconnaîtront dans les actes des méchants de l'histoire. De plus, le portrait de ces hédonistes sans retenue, notamment Dawn (G. Sidibey), l'agente de Henley, les rend en fait vraiment débectants ; le discours ultra-progressiste de Bush et Renz pouvant parfois se retourner contre eux.

12/20
aureliagreen
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Cold Skin, film d'épouvante de Xavier GENS (2017, Espagne-France-USA), sur un scénario de Jesús OLMO et d'Eron SHEEAN, d'après le roman d'Albert SÁNCHEZ PIÑOL, avec Ray STEVENSON, David OAKES, Aura GARRIDO, Winslow J. IWAKI, John BENFIELD, Ben TEMPLE, Iván González...

En juillet 1914, alors que se prépare la guerre en Europe, un nouveau gardien de poste météorologique prend ses quartiers dans une île près du Cercle Antarctique, se préparant à vivre une longue année de solitude. Il est loin de se douter que celle-ci va en fait se remplir d'une compagnie qui va vite la faire tourner au cauchemar, car son phare est régulièrement assailli par des créatures marines écailleuses semi-humanoïdes qui sortent en masse de la mer la nuit...

Un thème assez inhabituel pour un film d'horreur, tant par son cadre que par la nature de la menace. Si on a évoqué un peu trop souvent l'influence de Lovecraft, en raison de Dagon et de Le cauchemar d'Insmouth, il est à mes yeux nettement plus proche de William Hope Hodgson, grand spécialiste du fantastique marin. Le récit et la réalisation de Gens opèrent un savant mélange entre une ambiance de huis-clos désolé du bout du monde, quand tombe la nuit arctique, et une d'assaut incessant subi par ce gardien reclus, soumis tant aux éléments en furie qu'à ces créatures tout autant furieuses. Créatures qui en quelques sorte redoublent ces éléments, car elles en sont très clairement une métaphore.
Assurément, cette ambiance très éprouvante prend à la gorge, on ressent l'angoisse qui étreint Gruner lorsque les sosies de l'Étrange créature du Lac Noir sont de façon répétée sur le point de franchir ses défenses qu'il croyait efficaces mais qui se réduisent de plus en plus, puis lorsqu'il se réfugie dans une illusoire sensation de sécurité derrière ses fragiles murs à chaque fois qu'elles retraitent. J'ai cependant regretté que Gens nous assène de telles hordes, qui nuisent à la crédibilité du récit, et n'étaient pas nécessaires pour induire ce sentiment d'épouvante, là où une douzaine d'assaillants par nuit auraient largement suffi. Un peu dommage, ça m'a un peu gâché la vision de ce long-métrage d'épouvante marine et élémentale, pour le reste prenant.
13/20
aureliagreen
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Titane, film d'horreur de Julia DUCOURNAU (France, 2021), sur un scénario de Julia DUCOURNAU, Jacques AKCHOTI et Simonetta GREGGIO, avec Agathe ROUSSELLE, Vincent LINDON, Garance MARILLIER, Laïs SALAMEH, Mara CISSÉ, Marin JUDAS, Diong-Kéba TACU, Myriem AKHEDDIOU, Bertrand BONELLO, Céline CARRÈRE, Adèle GUIGUE...

Alexia (A. ROUSSELLE) subit à l'âge de 7 ans un terrible accident de voiture et doit se faire greffer une plaque de titane sur la tête. Après être sortie de l'hôpital, elle rejette ses parents, puis développe progressivement à l'adolescence des problèmes de sexualité et d'identité, débouchant sur des pulsions violentes. Après avoir commis plusieurs meurtres, elle doit prendre la fuite, et revêt l'identité d'un garçon. Elle se fait passer pour un enfant disparu il y a une dizaine d'années, et se fait accueillir par le père de celui-ci, Vincent (V. LINDON), un pompier aux tendances dépressives.

Si on a un sens de l'humour caustique, on peut dire que Titane, c'est du Ducournau sans surprise. Car elle est en train de creuser son sillon de réalisatrice dont on attend qu'elle en mette plein la figure du spectateur, en insufflant une grande puissance dans l'illustration de l'anormalité, acquérant ainsi l'image d'une Cronenberg française. Après Grave, elle nous offre un nouveau portrait de femme plongée dans une profonde maladie mentale, qui interroge sur le problème de l'identité (ce qui semble en effet devenir une marque de fabrique chez elle), et condamne à une fuite dans l'ultra-violence, jusqu'à ne plus pouvoir espérer de rédemption. Et ne nous ménage pas les scènes très dures, tant psychologiquement que physiquement, et gores parfois. Ce portrait de tueuse en série est, toujours comme dans Grave, servie par une actrice exceptionnelle (à noter que Garance Marillier fait une apparition), magnifique dans sa peinture d'une déchéance tenant autant de la démesure que d'une fuite pitoyable vers une perte sinon un déni d'identité, le tout sans espoir de retour. Loin de toute vision romantique du transsexualisme et des autres troubles de la personnalité. À cela s'oppose la superbe prestation d'un Vincent Lindon, qui se spécialise lui aussi dans les rôles de détruits de la vie, dans ce personnage de pompier traumatisé et incapable de faire face à la réalité de la perte d'un enfant, se réfugiant lui aussi dans le déni, tant psychologique que physique (recourant au dopage pour contrer les effets du vieillissement).

Ce mélange explosif retourne le spectateur, dommage cependant qu'il soit gâché par une énorme invraisemblance scénaristique. Jamais un enfant disparu depuis des années et brusquement "retrouvé" ne serait traité aussi cavalièrement par la police. Loin de le retourner à son père présumé, et puis c'est tout, ils enquêteraient de près sur ses aléas ; et bien sûr, ils le feraient tout de suite examiner par un médecin, surtout vu son état (et non, ils n'auraient pas besoin de demander à son père l'autorisation de faire un test ADN, car on serait dans le cadre d'une enquête criminelle).
aureliagreen
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Cell phone, film fantastique de Tod WILLIAMS (Cell, USA, 2016), sur un scénario d'Adam ALLECA d'après un roman de Stephen KING, avec John CUSACK, Samuel L. JACKSON, Isabelle FUHRMAN, Clark SARULLO, Ethan Andrew CASTO, etc...

Bon, eh bien, un nouveau récit d'invasion d'infectés, et cette fois, il fallait bien s'y attendre un jour ou l'autre, on a affaire à des gens dont l'esprit a été infecté par internet. Ce qui n'empêche pas d'y retrouver plein de traits classiques du genre, désir de faire du mal aux non-infectés, esprit de ruche etc... Et comme dans le contemporain Extinction, ils évoluent dans leur organisation. Bien sûr, personne n'aura mal à remarquer une métaphore transparente des réseaux sociaux et du décervelage de leurs membres.

Le résultat est très moyen, ce qui est d'autant plus décevant que l'affiche était belle. En plus, semble-t'il, d'un certain nombre de libertés prises avec le livre de King, le concept improbable amène un certain nombre de scènes surréalistes, comme celle du stade, susceptibles certes de donner un très bon résultat avec une grande maîtrise de réalisation, mais Tod Williams n'est qu'un faiseur très moyen. Il faut lui reconnaître cependant une vingtaine de premières minutes de grand entrain, mais après cela le rythme s'essouffle, les péripéties s'enchaînent sans être toujours passionnantes, il y a quelques longueurs, les personnages sont très ordinaires, ils auraient pu donner là encore quelque chose d'intéressant sous une meilleure direction, surtout vus les acteurs impliqués, quant à la fin elle donne dans la facilité. Le résultat est certes regardable, un peu meilleur que ce qu'en ont dit diverses critiques à sa critique, malgré et même en partie grâce à ses potentiels inexploités, mais au plus du niveau d'un bon téléfilm.
10/20
aureliagreen
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The Lighthouse, film d'épouvante de Robert EGGERS (USA, 2019), sur un scénario de Max et Robert EGGERS, avec Robbert PATTINSON, Willem DAFOE, Logan HAWKES...

Vers la fin du XIXème siècle, deux hommes prennent leur tour de garde dans un phare du Maine, dans le Nord-Ouest des USA. L'un Thomas Wake (W. Dafoe), le chef de garde, est un vieux loup expérimenté. L'autre, Thomas Howard (R. Pattinson), est un jeune homme à la recherche de revenus. Si la cohabitation se passe au départ bien, les ressentiments vont s'accumuler, et la santé mentale fragile des des deux hommes, particulièrement Wake, va au fil des jours se dégrader, avec des conséquences dramatiques.

The lighthouse, souvent présenté comme un film d'épouvante, est aussi un thriller, un de ces films de descente dans la folie illustrée, sans éléments vraiment fantastique mais en restant souvent à la lisière, en en reprenant les codes et l'imagerie. C'est au fond une histoire de harcèlement au travail, dans le milieu très confiné d'un phare où sont isolés durant quatre semaines deux hommes. Une durée qui ne serait en rien insupportable, et qui est d'ailleurs endurée sans problème par nombre d'équipes qui se succèdent en cette fin de XIXème siècle dans ce phare de Nouvelle-Angleterre. Seulement, lorsque les membres de l'équipe sont pour l'un un vieil homme doté d'une manie de tout contrôler et dominer à sa botte, et pour l'autre un jeune homme motivé, mais manifestement affecté d'une santé mentale fragile, qui se dégrade encore lorsque soumise aux abus répétés de son supérieur, elle peut déboucher sur un cauchemar qui paraît interminable.

C'est donc le récit d'une descente aux enfers en milieu confiné, entre des caractères incompatibles, un point de départ assez classique en soi. Le traitement graphique et violent de Robert Eggers, que l'on sait à l'aise après The Witch dans ce domaine du suspense fantastique en lieu isolé, se basant sur le choc de ces deux personnages qui n'auraient pas du se rencontrer, et sur la représentation d'hallucinations allant grandissant chez Thomas Howard, n'a pas peur d'aller jusqu'au bout en montrant jusqu'à la dégénérescence ultime des protagonistes. Un huis clos bien sûr aidé par le talent de ces deux acteurs cérébraux s'il en est, Robert Pattinson et William Dafoe. Un vrai film d'horreur, donc, violent et éprouvant, étouffant même par moments.

15/20
aureliagreen
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Rings, film d'horreur de F. Javier GUTTIÉREZ (USA, 2017), sur un scénario de David LOUCKA, Jacob ESTES et Akiva GOLDSMAN, avec Matilda LUTZ, Alex ROE, Johny GALECKI, Vincent D'ONOFRIO, Aimee TEEGARDEN, Bonnie MORGAN...

Cette nouvelle déclinaison de la malédiction vidéo de Samara, version nord-américaine bien sûr, qui reprend toutes les recettes des précédents, a pour cette raison été assez mal reçue. Pourtant, plusieurs séquences sont vraiment réussies, notamment celle du début dans l'avion, et parviennent à apporter quelques innovations par rapport aux premiers. Ainsi cette même séquence initiale, ou l'accent mis davantage sur les procédés retors auxquels les victimes potentielles de la malédiction sont acculées afin de refiler la malédiction à un autre (et qui établit que la malfaisance de Samara peut s'activer même en public et si on a pris la précaution de s'éloigner des écrans de télévision, le fantôme vidéo à la robe blanche et aux longs cheveux noirs pouvant se faufiler dans tout type d'écran électronique). Après une première partie très axée sur l'angoisse pure, la deuxième partie se dégonfle quelque peu en se concentrant sur une enquête sur l'origine de la malédiction, plus poussée que dans les premiers épisodes ; avant de faire repartir la tension à la hausse toute à la fin. La révélations sur la vraie nature de Samara n'est cependant pas forcément très bienvenue, car si les scénaristes se sentaient sans doute fier d'amener une nouvelle ambition à la saga, celle-ci n'apparait que démesurée, voire prétentieuse et ne parvient à faire de la franchise qu'un nouvel exemple d'histoire à la The Omen de plus. Pas suffisant cependant pour gâcher complètement les qualités de ce film d'horreur assez bien mené.
11/20
aureliagreen
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Saint-Ange, film fantastique écrit et réalisé par Pascal LAUGIER (France, 2004), avec Virginie LEDOYEN, Lou DOILLON, Catriona McCALL, Dorina LAZAR, Virginie DARMON, Jérôme SOUFFLET, Marie HERRY....

En 1958, dans les Alpes Françaises, une jeune servante, Anna Jurin (V. Ledoyen), arrive à l'orphelinat de Saint-Ange alors que les orphelins sont dirigés vers de nouvelles familles. Anna, secrètement enceinte, rencontre la dernière orpheline encore présente, Judith (L. Doillon), laissée derrière en raisons de troubles mentaux. Elles deviennent proches lorsque Anna découvre que Judith peut entendre des voix et des bruits de pas d'enfants invisibles. Anna essaie alors de découvrir quel secret les lieux peuvent dissimuler...

J'ai mis longtemps à voir ce film, dont on parlait tellement comme un symbole de renouveau du cinéma fantastique français. J'admets que je suis un peu resté sur ma faim, sans doute parce que j'en attendais trop à la suite des commentaires plutôt enthousiastes, mais il reste que le résultat est très supérieur à ce qui se fait en France habituellement dans le domaine (d'où sans doute d'ailleurs ces commentaires si dithyrambiques !).

C'est un film plus d'atmosphère et de psychologie que de vraie épouvante, dans une esthétique proche du gothique, qui bascule à quelques moments dans l'effroi, se contentant le reste du temps de suggérer le mystère dans une approche contemplative, sans jamais basculer dans l'ennui. C'est une de ces œuvres qui ne donnent pas d'explication définitive, à l'image de beaucoup de long-métrages fantastiques récents. Un choix délibéré de Laugier à mon avis, qui préfère laisser une aura de mystère permettant diverses interprétations, qui viennent en renfort de cette ambiance gothique. Cette approche est cependant une faiblesse, d'autant que sa répétition dans tant d'œuvres récentes peut devenir lassante. Mais pour moi, l'image finale ne peut se comprendre que si Anna a réellement été confronté à des fantômes d'enfants qui ont autrefois vécu à l'orphelinat. Cela même si la part pathologique dans ce qu'elle vit est importante, mais c'est justement le balancement entre les deux mondes de cet esprit perturbé qui contribue à la construction de l'atmosphère et qui permet de comprendre les événements. C'est son grave déséquilibre qui l'aide à percevoir mieux que les autres ce qui se passe dans les murs. On a là une situation qui ressemble beaucoup à celle de Shining, les lieux contribuent de par les esprits (complets ou non) qu'ils abritent à la folie de l'héroïne.

Cette indécision (ou faiblesse, diraient certains) ne nit pourtant pas à l'ambiance, bien maîtrisée par Laugier, dans un cadre entre gothique et modernisme froid du début du XXème siècle, et l'interprétation en finesse de Virgine Ledoyen ne contribue pas peu à sa mise en place. Après, c'est sûr que le scénario est trop ordinaire, sans vraie surprise. Cela reste cependant un film fantastique français d'une qualité inhabituelle, en cela ses admirateurs avaient raison...
13,5/20
aureliagreen
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Child's Play : La poupée du mal, film d'horreur de Lars KLEVBERG (Child's Play, USA, 2018), sur un scénario de Tyler BURTON SMITH et Don MANCINI, avec Aubrey PLAZA, Gabriel BATEMAN, Beatrice KITSOS, Ty CONSIGLIO, David LEWIS, Brian Tyree HENRY, Carlease BURKE, Amro MAJZOUB, Marlon KAZADI...

La firme Kaslan Industries a développé la poupée Budi, plus qu'un simple jouet, un mini-robot capable capable d'interagir avec son propriétaire de se connecter aux objets de domotique. Karen (A. Plaza), employée d'une grande surface élevant seule son fils Andy (G. Bateman), décide de lui en ramener un exemplaire de son magasin. Mais elle ignore que ses programmes inhibiteurs ont été levés par un employé maltraité au Vietnam. Chucky, comme le surnomme Andy, se comporte d'abord bien, mais il fait preuve d'un caractère de plus en plus protecteur envers son "maître", qui à l'insu de ce dernier connaît de moins en moins de bornes quand il en vient à ce qu'il pense être le protéger...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le retour de Chucky la poupée tueuse en une version remise à jour tient ses promesses pour l'amateur d'horreur pure. Remise à jour, car si son aspect extérieur est à peu près respecté, le concept du nouveau Chucky est si éloigné de l'original qu'on ne peut pas parler de remake, ni même de simple reboot ; car cette fois, il n'est plus du tout question de possession par un fantôme, mais d'un "jouet" doté d'une intelligence artificielle qui se détraque. Un concept beaucoup plus proche de Small Soldiers de Joe Dante, et décliné dans un esprit sarcastique assez proche de ce dernier, s'en prenant de même à la culture de l'innovation des grandes entreprises technologiques (se finissant sur le même numéro de contrition du PDG). Mais en nettement plus horrifique, car il ne lésine pas sur les grandes louches de gore, emplies de références à la culture du film d'horreur, et recouvertes d'un humour parfois très noir. Tout en surfant donc sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies et leur utilisation abusive à tout va, jusque dans les usages les plus inutiles, débouchant sur de nombreux dangers tout aussi inutiles, mais permis par cette course à la facilité. Bien sûr, tout cela est très prévisible, les personnages sont plus ou moins clichés, avec l'ado plus ou moins isolé, ses amis branchés et craignos qui s'unissent pour combattre le monstre, la mère seule, le petit ami boulet, dont l'interprétation est correcte mais dans les clous dans ce type de film ; il ne peut guère en aller autrement dans une relance de Chucky, et la réalisation est suffisamment dynamique pour satisfaire les attentes. Un bon résultat, qui évidemment n'est pas pour tout le monde, car ça n'a jamais été le but.
14/20
aureliagreen
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Vorace, western fantastique de Antonia BIRD (Ravenous, 1999, Tchéquie-Gr. Bretagne-USA-Mexique), sur un scénario de Ted GRIFFIN, avec Guy PEARCE, Robert CARLYLE, David ARQUETTE, Jeremy DAVIES, Jeffrey JONES, John SPENCER, Stephen SPINELLA, Neal McDONOUGH, Joseph RUNNINGFOX, Bill BROCTRUP, Sheila ROUSEY...

En 1847, durant la guerre USA-Mexique, le lieutenant de l'US Army John BOYD (PEARCE) s'évanouit lors d'un combat, et pris pour mort se retrouve entassé avec des cadavres par les soldats mexicains. Il avale accidentellement le sang d'un des morts puis par chance parvient à capturer le QG ennemi. Promu capitaine, il est exilé dans un fort de la Sierra Nevada par un général qui n'est pas dupe que sa bravoure cache un acte de lâcheté. Peu après son arrivée en plein cœur de l'hiver, la garnison très clairsemée du fort accueille un immigrant écossais exténué, du nom de F. W. COLQHOUN (CARLYLE), qui leur raconte une histoire stupéfiante : son groupe de pionniers a été égaré dans les montagnes par un certain colonel IVES, puis bloqué par la neige, ils ont commencé à dévorer leurs morts sous les auspices du même colonel. Lequel aurait développé un goût de la chair humaine et s'en serait alors pris aux autres. Un groupe part alors sous le commandement du colonel HART (JONES) sauver la dernière autre survivante selon Calqhoun, une certaine Mrs McReady. Mais sur le chemin, le guide amérindien George (RUNNINGFOX) prévient Boyd que comme il a goûté à la chair humaine, Calqhoun pourrait être devenu un wendigo, assoiffé de chair humaine. Comme Boyd se souvient de l'expérience similaire qu'il a vécu au Mexique, dont il se demande si elle pourrait lui avoir donné la force de perpétrer son exploit guerrier, une interrogation qui le hante depuis, il est troublé. Arrivé sur place, le groupe se rend compte que Calqhoun est l'organisateur du massacre, et la plupart d'entre eux sont tués dans un piège. Boyd parvient à lui survivre, mais Calqhoun se révèle une force de la nature, et il doit lui échapper et fuir jusqu'au fort...

Prenant comme point de départ une histoire réelle de cannibalisme au sein d'un convoi de pionniers coincé dans la Sierra Nevada en 1847-48, Vorace est une tentative originale de traiter le thème du cannibalisme sous un angle fantastique, mettant l'accent sur les pouvoirs magiques que diverses traditions attribuent à la chair humaine et sa consommation. On est donc là loin par exemple d'un Cannibal Holocaust, qui n'utilisait cette pratique que pour montrer gratuitement de l'horreur ; là, elle st le moteur principal du récit. On sait que la rencontre entre western et fantastique, ici dans son versant gore, n'a pas toujours bien marché, mais Bird se sort bien de l'entreprise, livrant une œuvre intrigante, à l'ambiance particulière, le fantastique se mettant lentement en place sans brusquerie, en dépit du caractère extrême du sujet. Jonglant notamment sur le contraste entre le parcours personnel en demi-teinte du personnage principal, illustré par une musique légère et aventureuse, tout en captant remarquablement le caractère primitif des lieux (Damon Albarn et Michael Nyman ayant remporté un Satellite Award pour leur composition), de grands espaces montagneux sauvages (filmés dans les Tatras), évoquant tour à tour liberté et inquiétude par leur primitivité, et l'horreur brute des actes de Ives/Colqhoun. Côté acteurs, Pearce livre un protagoniste central inhabituel, en la personne de ce militaire à la personnalité sans relief, par les yeux duquel le choix est fait de présenter l'histoire, manifestement mal à l'aise depuis l'origine dans l'armée, et refusant toujours d'admettre ce qui lui est arrivé, même après son "exploit". Il est le moyen d'accoutumer progressivement le spectateur à la réalité brutale qui va lui être assénée, tout en réalisant le pendant de Ives, qui complète ce duo de ressuscités (au sens littéral du terme) en embraçant pleinement le plaisir addictif nouvellement découvert de la chair humaine, doublé d'effets guérisseurs magiques ; un personnage porté par un Carlyle manifestement très inspiré. Parmi les autres performances, toutes bonnes, on notera plus particulièrement celles de Sheila Trousey en amérindienne mutique et de Neal McDonough en soldat très bourru. Le scénario apporte de plus une dimension supplémentaire en n'hésitant pas à faire du cannibalisme de Ives et Hart une métaphore du capitalisme exploiteur et de l'expansion des USA qui lui est liée. Un message franchement subversif, liant Vorace à nombre de films gore de la scène underground.

Une bonne curiosité dans le mélange des genres.
15/20
aureliagreen
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Dans la brume, film fantastique de Daniel ROBY (France-Canada, 2018), sur un scénario de Guillaume LEMANS, Jimmy BEMON, Mathieu DELOZIER, avec Romain DURIS, Olga KURYLENKO, Fantine HARDUIN, Michel ROBIN, Anna GAYLOR...

Mathieu (R. Duris) s'apprête à vivre une journée comme une atutre à Paris, quand soudain, une fumée surgit en de multiples points du sous-sol, envahissant progressivement la ville. Cette étrange brume, à l'origine inexplicable, se révélant toxique, il se hâte de rejoindre sa femme Anna (O. Kurylenko) et sa fille Sarah (F. Harduin), habitant dans un appartement en hauteur, que les émanations, cantonnées au niveau du sol, n'atteignent pas. La famille découvre cependant avec effroi que la brume s'épaissit d'heure en heure, gagnant ainsi en hauteur. Survivre va se révéler un défi d'autant plus difficile que Sarah est une enfant-bulle...

J'avoue avoir eu des sentiments assez mitigés à la vision de ce film plus ou moins post-apocalyptique. Le choix de narrer une histoire de fin, ou du moins de ravage de l'humanité sous l'effet de l'invasion inexpliquée d'un brouillard toxique, par le point de vue d'un petit groupe de survivants, est assez classique. Mais il y a une indéniable efficacité à faire celui de maintenir une grand part de mystère, de ne nous offrir qu'une vue très partielle des événements, et de découvrir progressivement l'étendue du désastre par les yeux de quelques-uns, tout en étant laissés dans l'ombre pour une grande partie. Plutôt que le grand spectacle, le film joue ainsi sur l'angoisse et sa montée progressive, les personnages se retrouvant face à la perspective de leur complète impuissance devant l'évolution des événements ; à chaque fois qu'ils ont, difficilement, conquis une période de répit et se mettent à espérer qu'ils ont assuré leur sureté, ces espoirs se révèlent vain.
Une formule éprouvée, mais qui de par là-même amène bien sûr de la prévisibilité. Si les scènes d'angoisse et les quelques poursuites sont bien menées, avec leur lot de rencontres de rigueur avec des "monstres" humains ou non, il y a des bizarreries ; il est ainsi étrange que Mathieu ne parle pas à Anna de sa rencontre avec un chiot survivant, et la scène de cavalcade avec le chien est un peu gratuite (même si le fait de nous laisser cogiter sur les raisons de son comportement est un peu dans la logique de l'approche adoptée par le film), en plus de récidiver dans l'incongrüité précédente. Et surtout, la fin est un peu grosse de facilité. Malgré tout, on peut apprécier ce film qui donne la priorité à une approche psychologique d'un thème qui aurait facilement pu donner un gros blockbuster bourrin.
13/20
aureliagreen
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Doctor Sleep, film fantastique écrit et réalisé par Mike FLANNAGAN (USA, 2019), d'après le roman de Stephen KING, avec Ewan McGREGOR, Rebecca FERGUSSON, Kyliegh CURRAN, Cliff CURTIS, Zahn McCLARNON, Emily Alyn LIND, Selena ANDUZE, Robert LONGSTREET, Carel STRUYCKEN, Katie PARKER...

Une trentaine d'années après les événements de Shining de Stanley Kubrick, Dan Torrance traîne son mal-être, jusqu'à ce qu'il doive confronter un groupe constitué de gens comme lui, mais malfaisants, car se nourrissant de l'énergie vitale d'autres gens comme lui et eux, ce qui leur permet d'acquérir l'immortalité. Il va devoir recevoir l'être d'une enfant également douée de dons parapsychologiques, très douée même...

J'ai souvent lu que Doctor Sleep n'était qu'un roman assez moyen de King (cela quand il n'est pas décrit comme étant dans le bas du panier de ses œuvres), nettement inférieur à celui dont il est la suite directe, cela n'est guère important pour apprécier les qualités de cette adaptation. Car si on a parfois expliqué que si elle avait été si bien reçue à sa sortie, cela venait de ce que la plupart des adaptations du Maître étaient médiocres, et plus encore que cela faisait longtemps qu'on n'avait plus eu droit à une de bonne qualité (ce qui aurait conduit à la sur-évaluer du fait de cette attente si longue d'un film ne serait-ce que correct), les bonnes critiques dont elle avait bénéficiées ne sauraient à mes yeux s'expliquer simplement par un effet "au royaume des aveugles, les borgnes sont rois". Car elle fait preuve d'une vraie finesse tant dans le rendu des personnages et dans le maniement du récit, que dans le raccordement respectueux avec son prestigieux prélude.

Si le désir de mettre l'accent sur ces liens avec le film de Kubrick a paru aux yeux de certains comme un fan-service un peu lourd, il s'agit plus là en effet de respect, et on ne saurait être empêché de goûter pleinement la recréation des simili-fantômes du film de 1980, très réussie. Et passée la facilité faiblarde de situer l'action en 2019, le récit déroule ses tentacules pour nous instiller une grande ambiance de pure horreur. Le choix de faire une suite au long-métrage, en passant par dessus les différences d'avec le roman (d'où le fait que Dick Halloran ne soit présent que comme un fantôme), choix accepté par King, qui a fini par surmonter sa colère envers Kubrick, était assez naturel, les références multiples ne pouvant être considérées comme des débordements. Et je veux bien croire ceux qui trouvent l'adaptation très supérieure au roman, mais en portant l'attention principale du récit sur les méfaits de ce qu'il faut bien appeler une bande de mutants super-vilains, mais qui dans le même temps apparaissent de facto comme des vampires psychiques, immortels et dépendant de l'énergie d'autrui, Mike Flanagan réussit à faire ressentir un sentiment d'épouvante très dérangeant. Et oui, Rebecca Fergusson est étonnante en chef de cette sorte de secte paranormale, mélange de magicienne et de succube.
Peut-être pas la toute meilleure des adaptations de King, mais nettement dans le haut du panier. Et très supérieure au très surfait Ça sorti tout juste quelques mois plus tôt.
15/20
aureliagreen
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The End (Fin), film fantastique de Jorge TORREGROSSA (2012, Espagne), sur un scénrio de Sergio G. SÁNCHEZ et Jorge GUERRICAECHEVRRÍA d'après le roman de David MONTEAGUDO, avec Maribel VERDÚ, Daniel GRAO, Clara LAGO, Carmen RUIZ, Andrés VELECOSO, Miquel FERNÁNDEZ, Blanca ROMERO, Antonio GARRIDO, Eugenio MIRA, Sofiá HERRAIZ...

Un groupe de jeunes quarantenaires se réunissent dans la maison de montagne reculée de l'un d'eux afin de se retrouver après ne plus s'être vus depuis une vingtaine d'années. Les retrouvailles sont cependant plombées par le souvenir de vieux agissements laissés en suspens, notamment au sujet d'Angelo dit « le prophète », l'original du groupe qui étrangement ne s'est pas rendu à la réunion. Étrangement, car il se révèle que c'est lui qui en avait eu l'idée... Au milieu de la nuit, alors qu'ils sont réunis autour d'un feu de bois dans une ambiance tendue, un phénomène étrange se produit, le ciel s'illumine et tous les équipements tombent en panne, téléphones, horloges, voitures, électricité etc... Le lendemain, le groupe se résout à se rendre à pied à la ville la plus proche, mais leur inquiétude grandit quand ils se rendent compte qu'ils sont seuls dans le coin, tout le monde semblant avoir déserté les lieux – évacués ? Sur le long chemin vers la vallée, ils font une dangereuse rencontre sur un chemin de montagne très escarpé, découvrent pourquoi leur ami n'est pas arrivé, et finissent par se rendre compte que les choses sont encore plus inquiétantes qu'ils ne le craignaient et toutes leurs tentatives de rationalisation vaines ; car il devient évident que tandis que les machines s'obstinent à rester désespérément en panne, les gens n'ont pas pu être évacués, et pire, il semble que la même malédiction qui a effacé les habitants les frappe l'un après l'autre...

Fin (comment peuvent -ils être assez bêtes pour ne pas conserver le titre original), justement récompensé par le prix du jury à Gérardmer en 2013, est une agréable surprise. Certes, le scénario, tiré d'un roman à succès en Espagne, a certainement un air de déjà-vu ; sans même parler des innombrables récits de survivants impuissants face à une apocalypse qui les anéantit, j'ai pensé plus spécifiquement au Dernier survivant (The quiet Earth de Geoffrey Murphy, 1985). Mais c'est un film qui en présentant de façon crédible une fin du monde quasiment sans effets spéciaux renoue avec la définition même du fantastique, à savoir un genre qui plonge des gens ordinaires dans des situations extraordinaires. Il repose tout à la fois sur une habile réalisation du téléaste Jorge Torregrossa ; de bons acteurs, campant des personnages divers dont les caractères différents sont en conflit les uns avec les autres, tant avant que face à la catastrophe, ce sans verser dans les clichés ; de très beaux décors naturels sauvages donnant un cadre grandiose au drame, renforçant l'impression de perdition des protagonistes face à une nature qui reprend tous ses droits ; une musique inquiétante et envoutante, en accord avec ces derniers et qui renforce le côté inexorable du désastre.

SPOILER/On se laisse prendre ainsi par cette histoire d'apocalypse où les gens disparaissent simplement s'il se sentent esseulés, délaissés ou désespérés. Le rythme est parfois contemplatif, mais tout le temps l'angoisse monte sans jamais retomber ; les anciens amis se trouvent confrontés à une série d'événements inquiétants qui signent la désagrégation de l'ordre ancien, ainsi la fuite des chèvres, la horde de chiens, l'avion écrasé, et même la vision de météorites et l'effacement d'étoiles dans la nuit. Ils prennent aussi conscience que Angelo avait eu la prémonition de tout ce qui allait se passer, ce qui amène d'autres interrogations. Fin est des films qui ne donnent pas toutes les réponses d'emblée, et laisse le spectateur deviner ce qui se passe ; des indices sont semés en route, le mystère étant petit à petit levé par bribes, les survivants finissant par comprendre la situation vers les deux-tiers du film. Seulement sa signification ultime restera inconnue, en porte-à-faux avec la mode des longs-métrages où tout est prémaché et rabbaché pour que le cerveau ait le moins à fonctionner possible. La fin se déroule ainsi dans une ambiance crépusculaire mêlant angoisse et sentiment de recueillement devant le spectacle des agglomérations vides (magnifique petit port méditerranéen perché, qui n'est pas sans rappeler Les survivants de l'an 2000) , avant de monter à nouveau en intensité dramatique lorsque les trois derniers membres du groupe croisent enfin une autre survivante, mais ce n'est que pour être aussitôt confrontés à un lion échappé d'un cirque, symbole de la perte de contrôle de l'humanité. La tension va crescendo pour se terminer par leur résignation finale, le suicide de l'une des leurs entre les griffes du félin, et la fuite des deux derniers en voilier.

Le récit s'achève sur une conclusion ouverte et ambigüe (sont-ils seulement encore vivants), il est vrai assez classique, même si le couple nous démarque des traditionnels trios amoureux à la Le monde, la chair et le diable. Il reste le sous-entendu autour du nom d'Eva qui laisse entendre un nouveau départ, amenant à se demander si paradoxalement ce n'était pas l'acceptation du nouvel ordre des choses qui conditionnait leur survie.

16,5/20
aureliagreen
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Cargo, film de science-fiction d'Ivan ENGLER et Ralph ETTER (Suisse, 2009), sur un scénario d'Arnold BUCHER, Ivan ENGLER et Patrick STEINMANN, avec Anna Katharina SCHWABROH, Martin RAPOLD, Regula GRAUWILLER, Yangzom BRAUER, Pierre SEMMLER, Claude-Olivier RUDOLPH, Michael FINGER, Gilles TSCHUDI...

Vers 2270, la Terre est largement inhabitable, la majeure partie de la population vit dans des bases spatiales en orbite, et les plus fortunés choisissent souvent d'émigrer vers la lointaine Rhéa. Le Dr Laura Portmann (A. Schwaboh) accepte un emploi sur un cargo qui fait l'aller-retour vers Rhéa, en transportant une cargaison d'émigrés en animation suspendue, un voyage de 4 ans dans chaque sens. Mais au bout de 44 mois, l'équipage est réanimé prématurément, des choses étranges se déroulant sur le vaisseau...

Dans la lignée du contemporain Moon, on avait le plaisir de voir un nouveau film de SF prenante sans gros budget, aux accents philosophiques, nous montrant des protagonistes faisant face à une réalité spatiale morne mais se retrouvant confrontés à un enjeu crucial. Certes, le sujet n'est pas particulièrement original, brassant des thèmes déjà exploités de tous les côtés et on peut se douter tôt que quelque chose ne va pas, mais la sauce prend. C'est un peu Silent running (ou Alien (sans monstres) pour l'ambiance long voyage en vaisseau spatial commercial crade et froid) croisé avec Matrix, avec des références à 2001, l'odyssée de l'espace. Certainement, le fait que le film soit européen, délivré d'une influence souvent néfaste des fastes hollywoodiens, joue beaucoup sur le contenu du film. L'accent est ainsi mis sur le suspense et le drame au détriment de l'action, présente juste à la bonne dose, au service d'un message écologique et humaniste sur fond d'ambiance sombre et pessimiste, évoquant en cela les œuvres de Matsumoto Leiji. Comme dans Matrix, on a un contraste entre des personnages qui essaient de faire éclater la vérité devant le monde entier, et d'autres qui préfèrent se perdre dans la simulation en toute connaissance de cause. La fin vient ébranler la tonalité générale pessimiste en générant une note d'espoir, mais attention, même si les protagonistes parviennent à faire éclater la vérité au public, rien n'indique qu'ils seront crus ; on ne peut donc pas parler avec certitude d'un happy end à l'hollywoodienne, l'incertitude est délibérément laissée.

L'interprétation n'est pas extraordinaire mais n'en a pas besoin pour être satisfaisante et bien adaptée à l'histoire et à l'ambiance, on est loin des acteurs hollywoodiens qui surjouent. La réalisation est sobre et également appropriée, les effets spéciaux sont bons et joints à la direction artistique rendent très bien la dimension glaciale de l'espace. Cela peut devenir un petit classique de SF à l'européenne, même s'il manque un petit quelque chose pour faire un chef d'œuvre. Preuve une fois de plus que la surenchère à l'américaine n'a rien d'utile pour livrer une bonne œuvre dans ce domaine.

15/20
aureliagreen
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The Crazies, film fantastique de Breck EISNER (2010, USA), sur un scénario de Scott KOSAR et Ray WRIGHT, d'après le film de George ROMERO du même titre de 1973, avec Rdha MITCHELL, Timothy OLIPHANT, Danielle PANABAKER, Joe ANDERSON, Christie LYNN SMITH, Brett RICKABY, Preston BAILEY, John AYLWARD...

Dans les Grandes Plaines des USA, un avion s'écrase près d'une bourgade agricole typique de la région. Peu après, des résidents commencent à développer des comportements étranges, parqués par une grande propension à la violence. La situation échappe rapidement au shérif Dutton (T. Oliphant), qui avec sa femme Judy (R. Mitchell), son adjoint (J. Anderson) et une jeune habitante de la fville (D. Panabaker) tentent de combattre pour leur survie face à un nombre grandissant de contaminés, et une autre menace peut-être encore plus inquiétante...

Je ne peux pas le comparer au film original (La nuit des fous-vivants en VF), ne l'ayant jamais vu. J'ai cependant l'impression que ce dernier est le véritable promoteur de film de contaminés meurtriers à la 28 jours plus tard et ses nombreuses imitations, Romero étant ainsi l'initiateur de ce sous-genre au même titre que de celui des invasions de mort-vivant (ce qui n'est pas surprenant vu la grande parenté des deux). J'ai eu l'impression un peu paradoxale que plutôt que d'avoir vu encore un exemple d'un sujet rebattu encore et encore jusqu'à plus soif, j'ai en fait regardé une version plus sobre, plus réaliste de ces œuvres devenues si stéréotypées. Là, pas d'hommes transformés en un tour de main en monstres bestiaux comme dans le film de Danny Boyle et sa suite ou la récente adaptation de I am Legend, et tant d'autres ; de façon beaucoup plus prosaïque, ce film nous montre des gens qui perdent lentement la raison, se mettent à se comporter de façon de plus en plus incohérente et deviennent simplement des schizophrènes agressifs coupés du monde, rien de plus.

Cela suffit à fournir la matière d'un film d'horreur d'assez bonne qualité. La mise en scène est classique, s'attarde au début sur la vie d'une petite bourgade du Middle West des USA afin qu'on s'attache à ce cadre sympathique. Peinture habituelle mais assez judicieuse, même si certains plans sont un peu longs. Elle aide à la mise en place de la montée de la tension, au travers de quelques scènes choc, et d'une interaction assez vigoureuse entre les acteurs principaux. Les scènes avec les contaminés sont assez peu nombreuses, mais très bonnes, la tension joue beaucoup de leur présence menaçante potentielle. Les militaires sont en fait autant les ennemis que les contaminés, les fuyards passant autant de temps à échapper aux uns qu'aux autres. Il est vrai que la charge anti-militariste et anti-gouvernementale est très forte, sans doute trop car il n'est pas certain que les autorités s'enferrent dans une telle fuite en avant. Mais elle est dans l'air du temps, à une époque où les forces armées US ont acquis une image de criminels de guerre qui s'estiment intouchables. Hélas, la fin n'est pas la partie la plus réussie, comportant quelques scènes peu vraisemblables, surtout lorsque les principaux protagonistes sortent indemnes d'un camion faisant plusieurs tonneaux. Le coup de l'arme nucléaire lui-même nous renvoie au gimmick du Retour des mort-vivants de Dan O'Bannon ou d'Alien vs Predator 2. La dernière image, laissant entrevoir une suite, est assez prévisible. Cette fin, avec son caractère de blockbuster prévisible, jusqu'à l'image finale qui laisse entrevoir une suite, trancherait avec le caractère plus décalé de l'ensemble du film, à l'importante nuance près qu'elle nous évite le happy end traditionnel.

Cela n'est donc pas suffisant à le plomber, le film reste d'assez bonne facture, malgré ces défauts.
13/20
aureliagreen
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Fright Night, film d'horreur de Craig GILLESPIE (USA, 2011), sur un scénario de Tom HOLLAND et Marti NOXON, avec Anton YELCHIN, Colin FARRELL, David TENNANT, Toni COLLETTE, Imogen POOTS, Christopher MINTZ-PLASSE, Dave FRANCO...

Lorsqu'un nouveau voisin s'installe dans son quartier, Charley Brewster (A. Yelchin) s'entend dire par son ami « Evil Ed » (C. Mintz-Plasse) que celui-ci est un vampire. Incrédule, il ne tarde pas à avoir des soupçons semblables à mesure que s'accumulent des indices étranges.

Je dois dire que j'attendais avec appréhension de voir ce remake. Appréhensions en partie justifiées, liées pour la plupart à la "mise au goût du jour" pour les jeunes actuels du classique de Tom Holland.
Avec tout ce que cela implique de changements en phase avec l'époque. Tonalité plus gore, violence plus directe, dialogues plus crus. Les vampires doivent aussi se mettre à la mode. Ils subissent la disparition de leurs pouvoirs de se changer en animal. Partiellement compensée par le gain d'une nouvelle "face de vampire", faisant un peu un mix entre la lignée buffyenne, tout en s'en démarquant, et l'inspiration du premier film. Certainement efficace, mais je préférais quand même le plus grand classicisme de Fright Night 1985 (même s'il était déjà un des films qui avaient lancé la mode des vampires à face hideuse). Et bien sûr, les vampires se consument à leur mort, passage désormais obligé. Sinon, ils ne peuvent toujours pas se refléter ni entrer sans autorisation dans un domicile, brûlent au soleil et les croix ne marchent que si leur porteur a la foi, fidèles en cela au premier film.

Pour les acteurs, Anton Yelchin est de ceux qui assurent bien, mais est un peu trop âgé. Toujours du côté des satisfactions, Imogen Poots, fraîche et ravissante en Amy, et Christopher Mintz-Plasse en Evil Ed le geek. La relation entre Charlie et Amy est assez différente, mais au final aussi riche que dans la première version.
Côté moins, Colin Farrel qui se la joue un peu trop, avec son attitude genre m'as-tu-vu. Un vampire bien moderne, trop moderne, de la douteuse progéniture de Buffy the vampire slayer (enfin, un peu moins fade, mais la présence de Marti Noxon au scénario confirme que cette filiation n'est pas une pure vue de l'esprit), là où Chris Sarandon était une véritable incarnation du magnétisme de Dracula. Et le nouveau Peter Vincent par David Tenant, devenu un magicien de show-biz au look pseudo-sataniste doublée d'une star blasée et odieuse, louchant vers le métrosexuel. Époque différente... C'est vraiment un moins pour ce remake, parce que si il ne pouvait que difficilement retrouver l'enthousiasme du premier, j'espérais avoir un film qui repose au moins sur ses interprètes. Et on se retrouve avec des choix d'interprétation très moyens, qui le plombent un peu.

D'une façon générale, les scénaristes ont choisi de ne pas trop coller à la ligne au premier film, même si quelques scènes sont décalquées assez fidèlement, mais dans un ordre différent. Ils ont souvent préféré essaimer quelques références pour les connaisseurs,
surtout sous la forme de renversements de situation "clins d'œil" ironiques que ces derniers pourront s'amuser à dénicher. Comme l'interversion de la possession de la voiture et de la mobylette entre Amy et Charlie, de leurs rôles lors de la scène où ils essaient de coucher ensemble. Bien plus lourd de conséquences, celle entre les places respectives de sceptique et de croyant au vampire entre Charlie et Evil Ed, un peu déroutant mais qui passe assez bien. Et finalement logique, puisque dans le premier opus les deux personnages étaient après tout à front renversé. Il pouvait paraître plus naturel que ce soit Ed le geek qui croit aux vampires et tente de convaincre son pote.
Tout cela induit quelques différences conséquentes entre la structure des deux scénarios, notamment Evil Ed qui tombe plus vite. Je trouve par contre surprenant qu'ils n'aient pas capitalisé sur la mère de Charlie en gourde "maillon faible", qui permet au suceur de sang de pénétrer chez elle et parvient à passer à côté des événements sans jamais réaliser ce qui se passe, case qu'elle remplissait bien dans le film d'origine (un peu la précurseuse de Joyce Summers). Là, elle est beaucoup moins attirée par son voisin, et subit de plein fouet l'attaque d'un Jerry Dandrige beaucoup moins discret et prudent que son prédécesseur. Sans doute le plus gros changement.

Qui a pour conséquences que ce remake n'est pas empreint de la même subtilité que son modèle. Il reste que l'attaque de Dandrige débouche sur une véritable montée de tension avec la scène de poursuite (où vient se placer la caméo de Chris Sarandon, un peu dispensable à vrai dire), puis l'attaque du domicile de Peter Vincent, sans doute la partie la plus réussie du film. La scène finale est plus décevante. Si elle est plus "primairement" horrifique, elle n'a pas le côté train fantôme décalé de l'original. Billy Cole est remplacé par une horde de vieux vampires contrôlés par Jerry Dandrige, certainement effrayants, mais cela ne fait pas vraiment l'affaire à mes yeux. Et la solution du "pieu de Saint-Michel" est trop facile et simpliste.

Au total, pas vraiment une bonne surprise pour moi. Le film est regardable, en tant que simple film d'horreur pour jeunes, il fait encore l'affaire, en dépit de son caractère parfois un peu trop tape-à-l'œil. Mais c'est un remake, et doit être jugé en tant que tel. Son problème est que c'est que c'est un de ces films pour jeunes qui paraissent datés assez vite, parce que vraiment trop en phase avec leur époque. Et là où l'original a atteint le statut de classique, il risque de se retrouver démodée plus vite.
12,5/20 comme film d'horreur « isolé », 10/20 comme remake.
aureliagreen
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Attack the Block, film d'horreur et de science-fiction écrit et réalisé par Joe CORNISH (Grande-Bretagne, 2011), avec John BOYEGA, Jodie WHITTAKER, Alex ESMAIL, Leeon JONES, Franz DRAMEH, Simon HOWARD, Maggie McCARTHY, Danielle VITALIS, Paige MEADE, Gina ANTWI, Nick FROST...

Dans une banlieue de Londres à forte population immigrée, un essaim de météorites s'écrase. Un groupe de jeunes durs de la cité réalise assez vite qu'il a amené avec lui des créatures velues assez semblables à des paresseux, qui se révèlent plutôt agressives. Craignant que cette petite invasion d'outre-espace finisse par amener les autorités, ils doivent former une alliance improbable avec Sam (J. Whittaker), une jeune femme du quartier qu'ils avaient agressée un peu plus tôt...

Le film était à sa sortie une bonne surprise, au ton assez léger, dans la lignée de Direct 8, un hommage aux films des années 80 mettant en scène des adolescents confrontés à une menace extraordinaire. Cela bien que l'action soit transposée dans la culture "gangsta" des années 90 et 2000. Beaucoup avaient d'ailleurs eu un peu mal à le percevoir. Notamment l'humour british décalé, le film n'étant pas du tout une ode au mode de vie des voyous. Il montre simplement une invasion ET un peu particulière, celle de créatures animales, donc sans plan, ce d'un point de vue inhabituel, et aussi légitime que les autres, n'en ait déplu alors à certains. On sent que tous les participants ont pris du plaisir. Ainsi les acteurs, non professionnels pour la plupart, qui parviennent à nous rendre attachants les personnages d'ados cailleras (certains étant en effet vraiment originaires de ce milieu). On sent l'influence de Nick Frost, même si non crédité au scénario. Au passage, bien sûr, on appréciera une des premières apparitions de John Boyega, 4 ans avant Le réveil de la Force. Le scénario est concis et sans fioritures, fait d'une succession de situations bien amenées, la réalisation à la fois classique et simple, et intelligente et efficace. Les ET sont assez originaux et bien conçus, assez effrayants pour faire des adversaires dangereux.

Personnellement cela ne me dérange pas que les "héros" soient des voyous. Ni que l'infirmière se retrouve à les aider après avoir été agressée et avoir porté plainte contre eux, son comportement est au contraire parfaitement logique. Ni que les personnages semblent se comporter en crétins ne réalisant pas l'importance de leur découverte. Cela est traitée avec deuxième degré, dans la scène où ils se retrouvent chez eux justement à discuter des suites à donner - et où ils se rendent compte que rien n'est facile en ce domaine ; tout ça apporte justement une touche de réalisme. Le rôle de la police est lui aussi réaliste, la seule chose qui les intéresse est d'intervenir pour appréhender les cailleras qu'ils pensent être responsables de la mort de deux des leurs (et que feraient-ils, même s'ils étaient au courant de ce qui se passe ?). Le film joue sur les clichés tant des cités que des spéculations sur les ET et des productions de SF "conspirationnistes", mais au final beaucoup ne réagiraient pas de façon bien différente s'ils étaient confrontés à une situation de ce genre.
15/20
aureliagreen
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Ça, film fantastique et d'horreur de Andrés Muschietti (It, 2017), d'après le roman de Stephen King, avec Jaeden LIEBERHER, Jeremy Ray TAYLOR, Sophia LILLIS, Finn WOLFHARD, Chosen JACOBS, Jack DYLAN GRAZER, Wyatt OLEFF, Bill SKARSGÅRD, Nicholas HAMILTON, Jake SIM, Logan THOMPSON...

Cette première partie d'une adaptation du fameux roman de Stephen King avait défrayé la chronique en remportant à sa sortie un grand succès de fréquentation en salles, tout-à-fait inhabituel pou un film d'horreur. Mais pour ma part, je ne l'avais pas trouvé si extraordinaire que ça, ce film que l'on disait révolutionner les adaptations de Stephen King et enfin rendre l'esprit de son fameux roman, cassant tout sur son passage en attirant les foules d'une façon souvent présentée par les critiques comme méritée, grâce à toutes ces qualités. Mais celles-ci ne sont guère présentes, l'esprit en question n'est pas tellement là, et le résultat est certes correct, mais certainement pas au niveau de ce que tant ces critiques que ce grand succès, à un niveau effectivement incroyable pour un film d'horreur, pouvait paraître impliquer.

La peinture des adolescents et de leur arrière-plan familial, jamais bien reluisant, est réussie dans l'ensemble, mais on reste quand même dans le cadre de clichés (le gros, l'obsédé, le garçon manqué etc...). La réalisation est efficace, Muschietti manie correctement l'ambiance d'épouvante ; mais il veut parfois donner un peu trop dans le spectaculaire, n'évitant pas quelques effets de grand-guignol faciles ; tout cela au détriment de la description du contrôle mental que Ça exerce sur la ville de Derry, un élément très lourd de signification dans le roman (et dans le téléfilm de 1990). Et contrairement à ce que certains enthousiastes prétendaient, criant sous tous les toits que cette adaptation permettait "enfin" de voir l'éventail des apparences de Ça, oubliant étrangement au passage que le téléfilm avait déjà largement exploré cet angle, le clown acquiert de même une importance démesurée, le réalisateur s'amuse à le ressortir sous toutes les coutures (c'est criant dans la vieille maison abandonnée), au détriment des autres aspects que prend Ça. Et la scène de l'affrontement final entre le club des ratés et Ça tourne un peu au ridicule, par son côté bagarre échevelée, plus à sa place dans un blockbuster que dans un film d'horreur. Et s'il suffit de ne pas avoir peur de lui pour lui faire relâcher son emprise (un peu comme dans la série Captain Herlock Endless Odyssey), la menace posée par Ça est finalement très limitée, loin des rituels et des armes magiques nécessaires pour lui faire lâcher prise chez King... Toutes choses que les scénaristes ont paresseusement laissées de côté. De façon générale, si la première moitié du film est très fidèle, il se laisse aller ensuite à plusieurs écarts regrettables, allant dans le sens de la même simplification des enjeux qui présidait aux précédents choix. Si, à la vision de la suite, le scénario n'a pas fait mourir Henry Bowers très tôt comme on en avait l'impression au premier visionnage, (un élément absurde, vu la chute qu'il se prend), on se demande toujours où sont passées les lumières mortes ? Pour le choix de la découpe de l'intrigue de façon chronologique, en abandonnant la trame complexe, faisant des allers-retours constants entre les époques, il se justifie certes aisément dans le cadre d'une adaptation en deux volets, dans le but d'accrocher plus facilement le public (bien que le téléfilm en deux parties avait retenu l'ordre du roman) ; mais on retrouve là encore cette volonté de vulgariser le contenu.

Alors, au final, on a un bon petit film d'horreur correctement troussé, à l'image de tant d'autres, telle que la série des Conjuring, reprenant les mêmes recettes éprouvées mais nullement transcendant, sa seule vraie audace étant d'oser montrer le meurtre sanglant d'enfants, sans prendre de gants, là où le téléfilm avait reculé. Mais ça ne saurait suffire à justifier son succès à l'ampleur imprévue. Malheureusement, la suite n'allait pas dévier de cette mollesse générale.

13/20
aureliagreen
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Moon, la face cachée, film de science-fiction de Duncan JONES (Moon, USA, 2009), sur un scénario de Nathan PARKER et Duncan JONES, avec Sam ROCKWELL, Dominique McELLIGOTT, Rosie SHAW, Adrienne SHAW, Kevin SPACEY (voix), Kaya SCODELARIO, Benedict WONG, Robin CHALK...

L'astronaute Sam Bell (S. Rockwell) est basé sur la Lune, dans une station chargé d'envoyer des ressources précieuses en hélium-3 vers la Terre. Au bout de trois ans, sa situation semblerait bonne, mais il commence à avoir le mal du pays, et désirerait rentrer sur Terre afin de voir sa fille Eve, née juste avant le début de sa mission lunaire. Mais il découvre la présence de ce qui semble être un double de lui-même, et commence à se demander s'il ne perd pas la raison...

Tourné pour à peine 5 millions de dollars, Moon se révèle être une bonne surprise. L'histoire est assez simple, mais cela ne l'empêche pas d'être riche. Elle progresse au début de façon assez linéaire, en nous faisant partager le quotidien d'un employé solitaire sur une station lunaire, dont la vie se trouve d'un coup bouleversée par un accident. À partir de là tout change et il se retrouve étrangement dédoublé. Durant un temps ce mystère est au cœur de l'intrigue, il y a alors la possibilité que tout ça soit le résultat de la folie du protagoniste due à l'isolement prolongé, et j'ai vraiment hésité un moment. Cependant, vu que ce gimmick du récit de SF qui se révèle n'être que dans la tête du personnage principal a été fait tant de fois au cinéma comme à la télévision, j'ai été très content que la solution n'ait pas été aussi bête. Je regrette juste qu'ils n'aient pas gardé le doute un peu plus longtemps. L'explication du clone se révèle être la bonne, ce n'est pas un thème très original non plus, mais il est au final plus intéressant dans ce cas – bien que pour moi il avait un sérieux goût de déjà-vu, car j'ai regardé Moon juste après avoir revu Oblivion (!). On a donc là un film qui brasse beaucoup de sujets anciens, mais il n'y a pas de raison de bouder son plaisir, justement car il marque le retour d'une certaine SF cinématographique à l'ancienne. Moon renvoie certainement à ces films déjà plus tout jeunes comme 2001, Silent running, Outland, Dark star etc... qui dépeignent une conquête spatiale résolument terre-à-terre et marquée par la routine industrielle et l'ennui.

Ce film relate l'histoire du train-train banal de Sam Bell, l'employé banal d'une grande firme d'exploitation lunaire sans doute en situation de monopole, qui fait son boulot répétitif et solitaire en attendant de rentrer sur Terre retrouver sa famille. Seulement, les choses ne sont pas aussi simples, et il se révèle que l'exploitation est en fait réalisée par une série de clones qui croient tous être la même personne, l'un remplaçant au bout de trois ans son prédécesseur sans en être conscient. Jusqu'à ce qu'un concours de circonstance amène à ce que l'un d'eux découvre la vérité. Le film pose plein de questions sans réponse, certaines effleurées dans la scène finale (le vrai Sam Bell est-il sur Terre, est-il vraiment le père d'Eve, comment le clone a-t'il pu avoir une vision de cette dernière, que va-t'il advenir de l'exploitation, quel sera le sort du clone rentré sur Terre et quelles en seront les conséquences politiques ? Etc...). On peut notamment s'interroger sur le comportement énigmatique du robot, mais on est en droit de penser que celui-ci est évolutif en suivant les lois d'Asimov. En ça, il est bien un film à l'ancienne mode qui oblige les spectateurs à réfléchir et à utiliser leur imagination, en plus de soulever de nombreux thèmes philosophiques sur l'identité et l'asservissement.

Si la réalisation n'est pas extraordinaire, elle est de facture suffisamment classique pour soutenir le scénario, aidée par une très bonne interprétation de Sam Rockwell et Robin Chalk. Les effets spéciaux sont peut-être minimaux, mais dépeignent une surface lunaire crédible. Cela montre qu'on peut encore faire de la SF intelligente avec peu de moyens. Rien que pour ceci, Moon mérite d'être vu.

15,5/20
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