L'ode à la loose c'est plutôt genre Aimer Perdre qui arrive à rendre ses personnages attachants malgré leurs travers.
Dans The mastermind je ne vois qu'un combinard de fait divers menteur et voleur que pas grand chose n'excuse, regardé avec le surplomb de la grande histoire et de la réalisatrice.
Top des Films sortis en 2026
à propos de tout ça :
Il y a 3 films récents qui portent des tires ironiques :
1. Un film qui affirme que le gaze n’a pas de sexe (il peut même s’agir d’un female gaze), mais qu’il est toujours de classe : les rêves, ici, restent donc vains :

2. Un film qui veut nous dire que la lose n’a rien de mal… mais qu’il faut en assumer les conséquences, parfois même politiques :

3. Et un troisième, qui porte le titre d’un vieux film mais, ironie du sort, le spectateur peut prendre le personnage principal pour un espion, alors que c’est tout le contraire:

Cinématographiquement parlant, aucun des trois n’est ironique, mais tous portent des titres ironiques, comme pour nous rappeler ce que disait déjà, avec mélancolie, Octave, interprété par Jean Renoir dans La Règle du jeu : “Le drame dans ce monde, c’est que chacun a ses raisons”. Ou encore Ozu : la vie est simple, et l’homme ne cesse de la compliquer en “agitant l’eau dormante”
C'était dans les années '30. On dit très souvent que notre époque ressemble beaucoup à celle d'il y a 100 ans...
Il y a 3 films récents qui portent des tires ironiques :
1. Un film qui affirme que le gaze n’a pas de sexe (il peut même s’agir d’un female gaze), mais qu’il est toujours de classe : les rêves, ici, restent donc vains :
2. Un film qui veut nous dire que la lose n’a rien de mal… mais qu’il faut en assumer les conséquences, parfois même politiques :

3. Et un troisième, qui porte le titre d’un vieux film mais, ironie du sort, le spectateur peut prendre le personnage principal pour un espion, alors que c’est tout le contraire:

Cinématographiquement parlant, aucun des trois n’est ironique, mais tous portent des titres ironiques, comme pour nous rappeler ce que disait déjà, avec mélancolie, Octave, interprété par Jean Renoir dans La Règle du jeu : “Le drame dans ce monde, c’est que chacun a ses raisons”. Ou encore Ozu : la vie est simple, et l’homme ne cesse de la compliquer en “agitant l’eau dormante”
C'était dans les années '30. On dit très souvent que notre époque ressemble beaucoup à celle d'il y a 100 ans...
Modifié en dernier par sokol le lun. 9 févr. 2026 14:49, modifié 1 fois.
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Jean-Marie Straub
C'est marrant car en regardant le film, je me suis dis : d’où sort cette caisse ? A mon opinion, Todd Haynes a eu tordTyra a écrit : ↑lun. 9 févr. 2026 13:41
Et encore, vous n’avez pas vu les vingt minutes durant lesquelles Josh O’connor construit la caisse dans laquelle sont rangés les tableaux! Parce qu’il l’a vraiment construite lui-même, il avait appris comment faire puisque son personnage est un menuisier au chômage. J’ai entièrement filmé cette fabrication. Mais lorsque j’ai montré le film avec les deux séquences, la caisse et la grange, à mon ami Todd Haynes, il m’a dit qu’il y en avait une de trop, qu’il fallait que je choisisse entre les deux.
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
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Tyra a écrit : ↑lun. 9 févr. 2026 13:41
Interview de Kelly Reichardt, dans laquelle elle parle un peu du montage :
https://projection-publique.com/2026/02 ... astermind/
@asketoner
Si, par hasard, il nous lit, d’autant plus qu’ailleurs il a justement exprimé beaucoup de réserves sur ce dont Reichardt parle
Merci beaucoup @Tyra
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Jean-Marie Straub
Oui, mais je n'ose imaginer le réaction du public venu voir le film vendredi après midi, déjà pas mal exaspéré par la lenteur du film.sokol a écrit : ↑lun. 9 févr. 2026 14:34C'est marrant car en regardant le film, je me suis dis : d’où sort cette caisse ? A mon opinion, Todd Haynes a eu tordTyra a écrit : ↑lun. 9 févr. 2026 13:41
Et encore, vous n’avez pas vu les vingt minutes durant lesquelles Josh O’connor construit la caisse dans laquelle sont rangés les tableaux! Parce qu’il l’a vraiment construite lui-même, il avait appris comment faire puisque son personnage est un menuisier au chômage. J’ai entièrement filmé cette fabrication. Mais lorsque j’ai montré le film avec les deux séquences, la caisse et la grange, à mon ami Todd Haynes, il m’a dit qu’il y en avait une de trop, qu’il fallait que je choisisse entre les deux.
Oui, d’autant plus que le film a été doublé !! À Bordeaux, il passait non seulement à l’UGC (en plus de l’Utopia, le ciné art et essai de la ville), donc dans deux cinémas, mais en plus deux séances sur cinq à l’UGC étaient en VF (je parle au passé parce que je doute qu’il fasse long feu dans ce cinéma...).
J’ai l’impression que les distributeurs ont misé sur l’aspect suspense (le côté film de braquage) sous lequel le film a été vendu.
Dans ma salle aussi, les spectateurs sont partis à une vitesse folle
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Jean-Marie Straub
C’est marrant, je trouve de mon côté le film mal distribué à Paris, notamment au regard d’une campagne d’affichage assez importante.sokol a écrit : ↑lun. 9 févr. 2026 16:50Oui, d’autant plus que le film a été doublé !! À Bordeaux, il passait non seulement à l’UGC (en plus de l’Utopia, le ciné art et essai de la ville), donc dans deux cinémas, mais en plus deux séances sur cinq à l’UGC étaient en VF (je parle au passé parce que je doute qu’il fasse long feu dans ce cinéma...).
J’ai l’impression que les distributeurs ont misé sur l’aspect suspense (le côté film de braquage) sous lequel le film a été vendu.
Dans ma salle aussi, les spectateurs sont partis à une vitesse folle![]()
Je sais que ça peut paraître curieux de voir une ode à la loose mais, prenant un exemple simple :
Vers la fin du film, il y a une scène où le personnage principal demande de l’argent à sa femme : on peut dire que la loose capitule devant le cynisme. Mais la cinéaste n’y prend aucun plaisir ; elle se contente de constater, c’est tout.
À la fin de « Ce que cette nature te dit », le dernier Hong Sang-soo, il se joue presque la même partition : la voiture du protagoniste tombe en panne. Le voilà contraint d’appeler le réparateur, et, très probablement, son père pour qu’il lui avance l’argent. Détail frappant : lui aussi est fils de juge et revendique son indépendance à l’égard de sa famille, précisément de son père.
J’ai le sentiment que HSS comme Reichardt nous disent ceci : ils n’y sont pour rien, c’est l’époque qui veut cela. Triomphe de la technologie, de la « modernité » — tout se paie, tout a un prix, tout s’achète. Pour autant, on ne peut pas dire qu’ils ne font pas preuve de tendresse envers leurs personnages car, fait incontestable, ils les placent au centre de leurs œuvres !
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Jean-Marie Straub
Je les reverrais bien un jour :
1. The Mastermind (Kelly Reichardt, USA) 9.0
Une fois ça suffît :
2. Father mother sister brother (Jim Jarmusch, USA) 8.0
3. Dreams (Michel Franco, USA) 7.0
Je n’aurais pas dû aller les voir :
4. Ella McCay (James Brooks, USA) 4.0
5. exæquo : Le gâteau du président (Hasan Hadi, Irak/USA) 4.0
À mes yeux, les deux films se valent (quoi de mieux que de parler d’un film en parlant d’un autre ? Et inversement).
Si Ella McCay semble tout droit sorti des années 80 (au point que certains lui reprochent un côté ringard, accusation d’ailleurs plus complexe qu’il n’y paraît), le film irakien incarne, lui, le pur produit du cinéma de festival venu de ce qu’on appelait alors un « pays tiers-mondiste ».
Godard disait à l'époque : « Les gens préfèrent un mauvais film américain à un bon film bulgare ». Nous y sommes presque à l’envers : le « mauvais » film américain peine désormais à sortir en salles, tandis que le « bon » film bulgare (irakien, en l’occurrence) y trouve toute sa place.
Pourtant, les deux œuvres se rejoignent dans une même neutralité 'qualitative' : ni vraiment bonnes, ni franchement mauvaises. Si le film américain ressemble à un téléfilm de luxe, entièrement construit sur des champs-contrechamps bavards, sans le moindre plan (ou plan-séquence) marquant en près de deux heures, le film irakien, lui, offre quelques beaux élans visuels (ah ces travellings d’ouverture sur les maisons flottantes au milieu des roseaux des marais mésopotamiens, à l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate !). Mais au final, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
Où réside alors le « secret » de cette égalité ? Dans le scénario, encore et toujours ! Car lorsqu’on apprend que le réalisateur irakien enseigne le cinéma à l’Université de New York en tant que professeur associé (adjunct professor) au Graduate Film Program, on découvre également que, pour son film, il s’est fait aider par Eric Roth, vétéran hollywoodien oscarisé, notamment pour Forrest Gump et co-scénariste de Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese. Et là, on comprend mieux le côté « ficelles scénaristiques » du film.
Au final, fable américaine (Ella McCay) ou fable irakienne (Le gâteau du président), ce ne sont que des fables hollywoodiennes.
1. The Mastermind (Kelly Reichardt, USA) 9.0
Une fois ça suffît :
2. Father mother sister brother (Jim Jarmusch, USA) 8.0
3. Dreams (Michel Franco, USA) 7.0
Je n’aurais pas dû aller les voir :
4. Ella McCay (James Brooks, USA) 4.0
5. exæquo : Le gâteau du président (Hasan Hadi, Irak/USA) 4.0
À mes yeux, les deux films se valent (quoi de mieux que de parler d’un film en parlant d’un autre ? Et inversement).
Si Ella McCay semble tout droit sorti des années 80 (au point que certains lui reprochent un côté ringard, accusation d’ailleurs plus complexe qu’il n’y paraît), le film irakien incarne, lui, le pur produit du cinéma de festival venu de ce qu’on appelait alors un « pays tiers-mondiste ».
Godard disait à l'époque : « Les gens préfèrent un mauvais film américain à un bon film bulgare ». Nous y sommes presque à l’envers : le « mauvais » film américain peine désormais à sortir en salles, tandis que le « bon » film bulgare (irakien, en l’occurrence) y trouve toute sa place.
Pourtant, les deux œuvres se rejoignent dans une même neutralité 'qualitative' : ni vraiment bonnes, ni franchement mauvaises. Si le film américain ressemble à un téléfilm de luxe, entièrement construit sur des champs-contrechamps bavards, sans le moindre plan (ou plan-séquence) marquant en près de deux heures, le film irakien, lui, offre quelques beaux élans visuels (ah ces travellings d’ouverture sur les maisons flottantes au milieu des roseaux des marais mésopotamiens, à l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate !). Mais au final, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
Où réside alors le « secret » de cette égalité ? Dans le scénario, encore et toujours ! Car lorsqu’on apprend que le réalisateur irakien enseigne le cinéma à l’Université de New York en tant que professeur associé (adjunct professor) au Graduate Film Program, on découvre également que, pour son film, il s’est fait aider par Eric Roth, vétéran hollywoodien oscarisé, notamment pour Forrest Gump et co-scénariste de Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese. Et là, on comprend mieux le côté « ficelles scénaristiques » du film.
Au final, fable américaine (Ella McCay) ou fable irakienne (Le gâteau du président), ce ne sont que des fables hollywoodiennes.
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Jean-Marie Straub
- groil_groil
- Messages : 4874
- Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12
1. The Mastermind – Kelly Reichardt
2. Ella McCay - James L. Brooks
3. Father Mother Sister Brother - Jim Jarmusch
4. Les Enfants de la Résistance - Christophe Barratier
2. Ella McCay - James L. Brooks
3. Father Mother Sister Brother - Jim Jarmusch
4. Les Enfants de la Résistance - Christophe Barratier
I like your hair.
