
Ah oui d'accord, ok !
C'est officiel, les zoomers se sont emparés du cinéma d'horreur, et ça fait un bien fou.
Après Backrooms qui a la gueule qu'il a parce que son auteur a grandi avec internet, voici donc le premier film d'un gars qui a vécu MeToo à l'adolescence. Obsession, c'est déjà cela : un film sur le consentement, là pour démonter sans sourciller le mythe du nice guy timide. On peut pinailler un peu en relevant qu'il y a deux ou trois répliques de trop en seconde partie de film, où l'auteur veut trop être sûr qu'on a compris son intention alors que c'était déjà clair... mais qu'importe : je pense qu'on n'avait pas eu un film d'horreur au sous-texte aussi efficace, engagé et contemporain depuis Get Out de Jordan Peele.
Ce qui me plait surtout dans le film, c'est qu'il est à la fois assez scolaire dans sa mise en scène et son scnéario, et en même temps c'est fait de manière si précis, voire chirurgical, qu'on ne peut pas dire que c'est juste un gamin qui reproduit ce qu'il aime chez ses modèles de cinéma. Un peu comme It Follows, mais je suis pas loin de penser que c'est encore plus impressionnant ici. Rien que sa façon de mettre en scène son incroyable actrice : il lui laisse tout l'espace pour exister et livrer une performance hallucinante, sans non plus s'effacer dans son découpage et montage. Vraiment, le dosage entre effets de mise en scène et place laissée aux acteurs est millimétré. Et en ce qui concerne son anti-héros, l'incel qui s'ignore, du début à la fin son écriture est une masterclass. Ca commence par la mort de son chat : clin d'oeil évident à la théorie de scénario la plus connue ("si vous voulez ériger en héros un personnage, faites lui sauver un chat à la première scène"), mais très bien vue malgré tout : ce n'est pas seulement qu'il n'a pas su le sauver, mais c'est que clairement, alors que ça ne sera jamais relevé, le mec en est responsable de par sa négligence. Tout est déjà dit. Et c'est comme ça tout le temps, jusqu'à la toute fin, qui est à la fois celle qu'on attendait depuis un moment, et même temps il arrive à surprendre avec un dernier détail là aussi ultra précis :
Bref. J'ai adoré. Un cinéaste est né.
