sokol a écrit : ↑lun. 6 juil. 2026 11:27
20. Obsession ( Curry Barker, USA) 4.0 - C'e
st un film honnête, dans la mesure où il ne cherche pas à dissimuler les codes qu'il utilise. Mais c'est lassant. Personnellement, j'appelle ce genre de films des « films fantasmés », c'est-à-dire des films vidés du réel.
Un exemple précis : Obsession parle de sexe, on est bien d'accord. Le personnage principal est non seulement amoureux de Nikki, mais littéralement obsédé par elle. Or, leur seule scène de sexe dure une vingtaine de secondes, et c'est l'une des pires du film : une scène purement illustrative, sans la moindre épaisseur. Pourquoi ? Parce que le cinéaste ne pense qu'à revenir aux codes du genre, pensez bien !
Je suis plutôt d’accord avec toi, le film est censé dénoncer des films fantasmés (typiquement les nombreuses comédies américaines où tout se finit toujours bien avec le jeune homme timide et pas très beau qui tombe amoureux d’une jeune femme belle et sûre d’elle) mais il est lui-même fantasmé faute d’une mise en scène qui reste quand même assez académique bien que plus soignée que d’habitude pour un film d’horreur. Le problème n’est pas tant comment il filme la scène de sexe, ni même de filmer littéralement une scène de sexe, que d’expédier ça rapidement faute d’une véritable vision de metteur en scène sur le sujet. C’est pourtant ça le plus horrible, ça devrait s'infuser dans tout le film.
sokol a écrit : ↑lun. 6 juil. 2026 11:27
16. Backrooms (Kane Parsons, USA) 5.0 - À partir du moment où la psychanalyse entre en scène (assez rapidement dans le film), je me suis dit : c'est foutu. Et, bien évidemment, c'était foutu. Car qui dit psychanalyse dit dramatisation, donc : du déjà-vu mille fois.
Or, j'avais regardé la veille ce que le réalisateur avait fait il y a quatre ou cinq ans sur YouTube, et j'avais trouvé ça passionnant.
À qui la faute ? Le générique donne l'indice : Will Soodik, le scénariste, probablement imposé par la maison de production (la très branchouille A24). On passe de la très intéressante idée des espaces liminaires et des creepypastas (le début du film est brillant) à la psychanalyse, c'est-à-dire au divorce, à l'alcoolisme, à l'agoraphobie, et j'en passe.
Eh merde...
Oui, c’est dommage, le début partait bien et voilà la séance psy qui vient tout gâcher. Ils ne peuvent pas s’en empêcher, il faut très vite des explications rationnelles au risque de perdre le public. Je ne connaissais pas le travail préalable du réalisateur, et je regrette de ne pas l’avoir découvert sur youtube parce qu’il semble y être plus à sa place que dans un film avec un certain budget et les contraintes qui vont avec. Ce qu’il réalise m’a fait beaucoup penser à la saga de jeux vidéos
Silent Hill, en particulier le 4, notamment avec cette idée d’enfermement dans des espaces alternés et avec une menace également déformée (le principal défaut des jeux était aussi ce côté psychanalytique, même si c’était plus abstrait et donc moins gênant). Je ne sais pas s’il est fan de ces jeux et de jeux vidéos en général mais ça ne m’étonnerait pas du tout. Ça m’a fait penser aussi à ce que fait parfois l’intelligence artificielle quand elle régurgite de ce qu’on connaît déjà sous des formes variables, bizarres et dérangeantes. Vraiment un artiste de notre temps ce Kane Parsons, mais je ne suis pas sûr qu'il s’épanouisse bien au cinéma.