Le Centre de Visionnage : Films et débats

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Tamponn Destartinn
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Ah oui d'accord, ok !
C'est officiel, les zoomers se sont emparés du cinéma d'horreur, et ça fait un bien fou.
Après Backrooms qui a la gueule qu'il a parce que son auteur a grandi avec internet, voici donc le premier film d'un gars qui a vécu MeToo à l'adolescence. Obsession, c'est déjà cela : un film sur le consentement, là pour démonter sans sourciller le mythe du nice guy timide. On peut pinailler un peu en relevant qu'il y a deux ou trois répliques de trop en seconde partie de film, où l'auteur veut trop être sûr qu'on a compris son intention alors que c'était déjà clair... mais qu'importe : je pense qu'on n'avait pas eu un film d'horreur au sous-texte aussi efficace, engagé et contemporain depuis Get Out de Jordan Peele.
Ce qui me plait surtout dans le film, c'est qu'il est à la fois assez scolaire dans sa mise en scène et son scnéario, et en même temps c'est fait de manière si précis, voire chirurgical, qu'on ne peut pas dire que c'est juste un gamin qui reproduit ce qu'il aime chez ses modèles de cinéma. Un peu comme It Follows, mais je suis pas loin de penser que c'est encore plus impressionnant ici. Rien que sa façon de mettre en scène son incroyable actrice : il lui laisse tout l'espace pour exister et livrer une performance hallucinante, sans non plus s'effacer dans son découpage et montage. Vraiment, le dosage entre effets de mise en scène et place laissée aux acteurs est millimétré. Et en ce qui concerne son anti-héros, l'incel qui s'ignore, du début à la fin son écriture est une masterclass. Ca commence par la mort de son chat : clin d'oeil évident à la théorie de scénario la plus connue ("si vous voulez ériger en héros un personnage, faites lui sauver un chat à la première scène"), mais très bien vue malgré tout : ce n'est pas seulement qu'il n'a pas su le sauver, mais c'est que clairement, alors que ça ne sera jamais relevé, le mec en est responsable de par sa négligence. Tout est déjà dit. Et c'est comme ça tout le temps, jusqu'à la toute fin, qui est à la fois celle qu'on attendait depuis un moment, et même temps il arrive à surprendre avec un dernier détail là aussi ultra précis : le fait qu'il allait se faire vomir, n'assumant pas son suicide, et ce qui l'en empêche infine est le voeux fait par la Nikki possédée... nan, c'est vraiment malin, y a pas à dire.

Bref. J'ai adoré. Un cinéaste est né.
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Narval
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cyborg a écrit : sam. 27 juin 2026 17:11
Si vous êtes de passage ca sera un plaisir de vous voir, et sinon n'hésitez pas à diffuser l'info à votre contacts bruxellois :)

:love5:
Bravo pour l'expo ! Je suis en train de m'installer en Belgique en ce moment mais pas sûr de pouvoir passer sur ces dates !
Bon courage en tout cas.
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sokol
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Tamponn Destartinn a écrit : mer. 1 juil. 2026 11:21 je pense qu'on n'avait pas eu un film d'horreur au sous-texte aussi efficace, engagé et contemporain depuis Get Out de Jordan Peele.
Voilà, perso j'aurais dit qu'Obsession n'a pas la profondeur de Get Out
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
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Tyra
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Oui, c'est assez malin, pas trop bête, assez sincère dans ce que ça raconte. Pas dénué d'humour non plus, et ce n'est pas souvent souligné. Pas dénué d'ambiguïté non plus (le mec n'est pas le sale type intégral que tout le monde décrit) avec cette scène où il s'assure du consentement sexuel de sa copine après l'avoir envouté :D . Et puis, chose assez rare dans ce genre de production, la fin est étonnement réussie, et retombe parfaitement sur ses pieds. C'est l'avantage lorsque, au lieu de tomber dans la surenchère comme souvent dans les films d'épouvante, ici on resserre sur le drame qui se joue jusqu'à la fin.
Par contre, je trouve la facture formelle et la mise en scène du film très pauvre, c'est le gros défaut du film et ça me laisse clairement sur ma faim.
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Tyra
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Je marche encore une fois, que voulez vous. Il faut prendre Dupieux pour ce qu'il est, un auteur de comédie, qui faire rire, ou ne pas rire. Et moi qui suis difficile et rie peu devant les comédies (françaises notamment), ici je m'amuse constamment.
Dupieux est un bon dialoguiste, on ne le dit pas assez. L'utilisation d'avatars numériques, dépersonnalisant le visage des acteurs, pour mieux mettre la voix en relief, leur donne contre toute attente un supplément d'âme (Chabat et Cohen sont aussi d'excellents diseurs de répliques).
On retrouve évidemment la patte habituelle de Dupieux, cette façon d'aborder l'étrange à travers les yeux d'idiots, désamorçant constamment le potentiel fantastique et métaphysique de leurs découvertes.
Et puis ce sens de l'absurde. Absurde des situations, mais aussi de l'intrigue générale : les personnages qui partent sur la piste d'un monde de l'autre coté du miroir... qui est aussi diététiquement le fruit de la simulation... pas d'échappatoire, pas d'arrière monde. J'ai vu certains critique y voir une attaque contre la croyance, contre le cinéma en tant que tel, bon...
Modifié en dernier par Tyra le ven. 10 juil. 2026 11:15, modifié 1 fois.
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groil_groil
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Très beau film d'auteur americano / polonais qui brille par sa forme originale tout en se référençant au cinéma d'auteur américain. Belle idée (deux personnes provoquent des éruptions dans le monde chaque fois qu'elles sont ensemble), super mise en scène, et un travail sur le temps et le montage qui sont vraiment originaux. Et quelle joie de découvrir que Charlie XCX est une aussi belle actrice qu'elle est une grande chanteuse ! Elle est parfaite de A à Z.

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Backrooms est la présentation au grand public d'un phénomène né sur internet, les backrooms, et réalisé par un très jeune cinéaste (Kane Parsons est né en 2005 !) dans la suite de ses nombreux court-métrage lancés sur youtube. Le film est scénarisé par un auteur hollywoodien, la forme est donc sans doute moins expérimentale que ses courts, mais pour moi cela ne dénature absolument pas le projet qui est certes plus destiné à un public large, mais qui garde toute son authenticité. Pour parler simplement, je trouve que ce film est un petit chef-d'oeuvre du genre. Un film d'épouvante ultra cohérent, ultra mental, et tellement flippant. Il y a une cohérence hallucinante dans l'ensemble alors que le concept, une porte imaginaire s'ouvrant sur des mondes étranges et inquiétants, souvent la projection de ses propres peurs et démons, pourrait facilement partir dans le n'importe quoi. Mais ce n'est jamais le cas, car c'est au final toujours la mise en scène qui gère le récit, et pas le scénario. Je sais que le final a pu décevoir certaines personnes, mais personnellement il m'a passionné et ouvert encore d'autres perspectives toujours plus ambitieuses, montrant que cet univers pouvait encore se déployer. Justement, le cinéaste est déjà en train de préparer le second film, ce qui me réjouis avec force.

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Montré aux enfants qui me tannaient depuis des mois pour le voir en mode "Mais papa, tout le monde l'a vu dans la classe !" Ils se sont bien marrés.

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Stéphane Demoustier est un cinéaste étonnant. J'ai vu 4 films de lui, ils sont tous différents et je les ai tous beaucoup aimés. Il revient cette été avec La Chaleur, film juste, beau et bouleversant. Toute l'action se passe dans un camping d'été au bord de la mer. Le jeune ado Merwan est en vacances avec sa famille. Il a l'âge des grosses soirées camping au bord de la gigantesque piscine, avec la techno à fond, et de la drague à tout va. Lui est plutôt réservé, mais se prête tout de même au jeu. Un autre garçon, bourré, le provoque, et en se chamaillant, ce garçon tombe, et meurt. Merwan se sent coupable. Comme personne ne les a vus, il décide de cacher le corps, pris d'une panique subite. Il tire le corps sur la plage, et l'enterre avec son téléphone portable. Sauf que le lendemain, évidemment perturbé par ce qui s'est passé la nuit précédente, il réalise qu'il a sur lui le téléphone du mort et qu'il a enterré le sien. Je ne vais pas plus loin dans le synopsis, mais c'est sur cette situation que le film va se déployer. Ce n'est pas non plus une enquête criminelle stricte, c'est avant tout un film d'ambiance, un film d'été, de vacances, de bord de mer, d'adolescence, comme rarement on l'a vu filmé avec justesse (beaucoup plus réussi que les Mektoub à mon sens, même si les films ne se ressemblent pas du tout). Et aussi un film qui construit un jeune héros hésitant, taciturne et bouleversant (magnifique Hadrien Hussein), plein de doutes, d'hésitations, et qui va finalement trouvé sa voix, sa détermination. Le film est magnifique également pour tous ses petits à côtés, ses personnages secondaires, son ambiance de camping, le bruit des vagues. C'est un film dans lequel on vit, et je n'en suis d'ailleurs toujours pas sorti.

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Revu hier avec un plaisir immense, et évidemment en VF, ce qui est devenu avec le temps un classique du cinéma d'action. Le film est peut-être un peu trop long, il y avait de quoi raboter au montage sur la partie finale, mais ça reste un moment vraiment chouette, et un précis de mise en scène de cinéma d'action.
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sokol
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groil_groil a écrit : jeu. 9 juil. 2026 12:41
Et quelle joie de découvrir que Charlie XCX est une aussi belle actrice qu'elle est une grande chanteuse ! Elle est parfaite de A à Z
Je ne la connaissais pas du tout, mais c’est la meilleure actrice du film ! Elle crève l’écran. C’est drôle, car après avoir vu le film, je me suis dit qu’il fallait que je regarde où il était allé pêcher cette perle rare. Et c’est là que j’ai découvert que c’était déjà une star :ouch:

(Cela m’a fait penser un peu à l’utilisation de Chantal Goya par Godard dans «Masculin féminin ». De surcroît, cette voix off très très Nouvelle Vague !! )
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groil_groil
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sokol a écrit : ven. 10 juil. 2026 11:38
groil_groil a écrit : jeu. 9 juil. 2026 12:41
Et quelle joie de découvrir que Charlie XCX est une aussi belle actrice qu'elle est une grande chanteuse ! Elle est parfaite de A à Z
Je ne la connaissais pas du tout, mais c’est la meilleure actrice du film ! Elle crève l’écran. C’est drôle, car après avoir vu le film, je me suis dit qu’il fallait que je regarde où il était allé pêcher cette perle rare. Et c’est là que j’ai découvert que c’était déjà une star :ouch:

(Cela m’a fait penser un peu à l’utilisation de Chantal Goya par Godard dans «Masculin féminin ». De surcroît, cette voix off très très Nouvelle Vague !! )
Superstar et chanteur géniale. ma chanson préférée : B2B
l'album BRAT magnifique de A à Z d'ailleurs.
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len'
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groil_groil a écrit : ven. 10 juil. 2026 14:29 Superstar et chanteur géniale. ma chanson préférée : B2B
l'album BRAT magnifique de A à Z d'ailleurs.
Et un autre de ses albums se nomme comme le plus beau film de Cronenberg.

Elle a un certain goût pour le cinéma qui la démarque parmi les stars, ses films préférés : the addiction, Céline et Julie vont en bateau, map to the stars et Phantom Thread.

Pourquoi elle ne vient pas ici ?
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cyborg
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Coucou à vous, déjà le 20 juillet !
Reprise de quelques visionnages après mon épuisant marathon de projections début juillet.
Vu :

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(nostalgia) - Hollis Frampton, 1971

Des photos, posées une à une sur une plaque de cuisson, brulent et se transforment peu à peu en cendre. Une voix-off (celle de Michael Snow) décrit les images, jusqu'à ce que les mots et les images se décrochent les uns des autres, faisant douter le spectateur entre ce qu'il voit, entend, se souvient et imagine. Parangon de l'avant-garde new-yorkaise des années 60, et plus encore du cinéma structurel, Frampton apporte ici une touche sensible et intime à un genre généralement austère. nostalgia constitue même sans doute le seul film autobiographique du mouvement, et peut-être aussi le plus poétique.

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WVLNT (Wavelength for Those Who Don't Have the Time) - Michael Snow - 2003

Alors en proie à de multiples demandes de publier le légendaire (et magnifique) Wavelenght en DVD, Snow réagit : il sort une version express. Le film est le même que l'original à la différence majeur qu'il passe de 45 à 15 minutes.... Mais il n'est pas simplement question d'accélerer par 3 l'unique et long travelling avant du premier film, Snow le découpe en trois et superpose les bouts les uns sur les autres, de telle sorte que la (vague !) intrigue, autant que les images et les sons, deviennent un magma abstrait. Si la proposition se veut un geste face à l'évolution des techniques cinématographiques (basculement vers le numérique), difficile de ne pas voir également un commentaire abscons et drôlatique sur le nouvel esprit du temps alors déjà en proie à l'accélérationisme.

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Regard sur la folie + La fête prisonnière - Mario Ruspoli - 1962

Le trop peu connu Ruspoli est l'auteur des courts-métrages magnifiques que sont Les Hommes de la Baleine (et l'encore plus extraordinaire Vive La Baleine avec Marker, 15 ans plus tard) et Les Inconnus de la terre. Il rentre ici dans un hôpital psychiatrique et pas n'importe lequel, celui de Saint Alban où pratique Tosquelles. Il filme le quotidien, les échanges entre patients et soignants, mais aussi les réunions d'équipe. Il s'attarde particulièrement sur un homme, revenant dans les deux courts-métrages, essayant de nous expliquer sa souffrance. Si le film est assurément le moins convaincant que j'ai pu voir de son auteur (peut-être un manque de temps lors du tournage, ou un sujet trop complexe à aborder brièvement), il me permet de remarquer à quel point Ruspoli était en avance sur son temps. Non pas forcément au niveau de la forme (encore que...) mais au niveau des thématiques qu'il aborde : les techniques traditionnelles de pèches, l'écologie, la modernisation et désertification des campagnes et ici la psychologie institutionnelle, encore aussi balbutiante que révolutionnaire. La modernité, ici, n'a rien d'évidente, elle est toujours questionné, regardé de biais, pour mieux débusquer les démons qui l'habitent. La question se pose alors : et si l'avant garde n'était pas seulement dans la forme mais aussi dans le fond, dans les sujets que l'on choisit d'aborder, dans les marges que l'on choisit de valoriser par ses images ?


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Si Jim Queen semble évoquer à la fois Covid et VIH, c'est peut-être plutôt au projet (véridique) de "gay bomb" du Pentagone qu'il faut penser. Si l'armée américaine envisageait de rendre instantanément les soldats ennemis homosexuels, les réalisateurs inventent ici un virus transformant les gays en hétéro. Le rythme et les vannes tiennent le choc fasse au délire du scénario qui se déroule plaisamment pendant 90 minutes. Si le film est un bon divertissement, il laisse aussi penser à une certaine normalisation du film ouvertement gay. Après "Les reines du drame" en 2024, c'est la deuxième comédie du genre qui bénéficie d'une large sortie en salle. Tant mieux.


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Regrouping - Lizzie Borden - 1976

Avant de fantasmer des USA socio-démocrates en proie à des attaques de lesbiennes militantes dans la fiction "Born in flames", Lizzie Borden s'est tout d'abord intéressé à un vrai groupe de féministe avec le documentaire "Regrouping". Plus que de filmer le quotidien et les revendication de ce groupe d'amies, Borden fini par faire un "film sur le film". Alors qu'elle leur montre un premier montage qui ne leur convient pas, les personnages tentent d'influencer leur propre représentation et le montage, ce que réfute la réalisatrice, avant de montrer le film à un public extérieur qui donne à son tour son avis... Le sujet s'élargit peu à peu (d'un groupe de femmes blanches on passe à la question de la race et de la classe) autant qu'il ne se trouble. Au coeur de tout cela, la réalisatrice, elle même féministe engagée mais censément rejetée par celles qu'elle vient filmer... La forme, frontalement expérimentale, est faite de boucles, de répétitions, de superpositions, de témoignages et de déclamation, sans que l'on puisse clairement trancher ce qui est pré-écrit de ce qui ne l'est pas. Cette approche complexe finit par poser des questions cruciale non seulement sur la militance et ses limites, mais également sur la possibilité même d'un documentaire (et donc des images) politique. Le plus sidérant dans cette affaire repose peut-être dans les noms que l'on voit surgir au générique. Certaines des personnes filmées n'était autre que Joan Jonas, Kathryn Bigelow, Nancy Holt ou Barbara Kruger, tandis que sont remerciés Sol Lewitt (!) et Vito Acconci (!!!!!). L'avant-garde, homme ou femme, straight ou gay, n'a donc bien toujours été que l'affaire d'une poignée d'humain...
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groil_groil
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Ce sont évidemment les enfants qui ont voulu le voir, et pour rester poli je dirais que ce n'est pas le meilleur de la série :D D'ailleurs ce n'est plus Baroux qui réalise, mais Rouve lui-même, j'ignore ce qu'il s'est passé. C'est un beau ratage, heureusement que j'ai dormi la plus part du temps :D

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ça c'est carrément les enfants qui le (re)voyaient tout seuls alors que je faisais autre chose, mais je me suis laissé happer par un bon gag, puis deux, à tel point que j'ai fini par voir la fin du film avec eux. Et j'ai beaucoup ri. Alors oui le Marsupilami est moche, mais on s'en bat les couilles, notamment parce que ce n'est absolument pas le sujet du film, tout le monde se branle du Marsu dans le film, il pourrait être remplacé par un sac en plastique ou un coton-tige que ce serait le même film, il est juste un MacGuffin, prétexte à faire avancer le film qui n'a qu'une ambition, c'est de mettre en scène des gags, et il le fait très bien. Je le reverrai en entier avec eux la prochaine fois.

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Un gars marié, père, petit cadre, à la COGIP s'il vous plait (on reconnait là les premières amours de Nicolas & Bruno <3 ), dans une tranquille banlieue pavillonnaire, voit arriver un couple de nouveaux voisins, dont le mari est son sosie absolu, mais avec des cheveux. Et de l'assurance, et de la réussite, et de la bogossité... Bref, c'est lui, mais en mieux. Et quand il s'aperçoit que le type devient également son nouveau boss à la COGIP, il devient dingue. Content de retrouver Nicolas & Bruno à un tel niveau, c'est de loin leur meilleur film, et il rivalise en qualité avec les messages à caractère informatif de leur début de carrière. La montée crescendo est parfaitement maitrisée, Lafitte fabuleux, et surtout le film ne s'essouffle pas aux 2/3 comme c'est le cas de quasiment chacun des films de ce type. Alter Ego est bon jusque dans son final (malgré quelques facilités pour boucler l'intrigue, mais franchement on s'en fout complètement), et ce final est d'ailleurs tout aussi sombre et étrange que son ouverture était comique. Le film a basculé lentement vers le drame sans que l'on s'en rendre compte, et nous avec, et cette bascule est aussi réussie que vertigineuse.

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Je n'avais encore jamais vu ce classique du cinéma indépendant français du début des années 80, film presque devenu mythique, comme le Simone Barbès ou la Vertu, d'ailleurs très proche des productions Diagonale, à tel point que je pensais que c'en était une. Il s'agit du premier long-métrage (co)réalisé par l'actrice Juliet Berto, égérie de plusieurs cinéastes légendaires, à commencer par Rivette ou Godard. Le film décrit les bas-fonds du Pigalle de l'époque, entre trafic de drogue, prostitution et bars de nuit, et le fait si bien que la plongée est quasi instantanée, on a vraiment l'impression de vivre cette époque comme si on y était. La partie récit mais un peu de temps à démarrer, classique du genre, mais je me suis surpris à découvrir finalement un récit beaucoup plus construit qu'il n'y paraissait, et sans que le film ne perde rien de sa liberté initiale. C'est un très beau film, magnifié qui plus est par cette superbe copie restaurée à l'image extraordinaire.

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C'est drôle de voir l'histoire vraie de deux personnes dont personnellement tu n'avais jamais entendu parler en amont. C'était mon cas face à cette grande success story à l'américaine de deux petits français qui à force de conviction et de persuasion vont devenir deux grands agents de joueurs de basket pour la NBA, je crois même qu'ils sont parmi les plus influents au monde, notamment parce qu'ils s'occupent de la star actuelle Wembanyama. Le film est vraiment très bien réussi dans son genre. C'est une vraie belle et grande success story et le film est vraiment fait à l'Américaine, avec des moyens, de l'ampleur, des enjeux, une construction imparable. Au niveau cinéma il n'y a rien, zéro, mais ce n'est même pas ce qu'on est venu chercher. Le résultat est malgré ça assez passionnant, le duo d'acteurs, qu'on avait déjà apprécié ensemble dans Pourquoi tu souris ?, fonctionne vraiment à merveille, rajoutant une touche d'humour dans un sujet sérieux. On peut être gêné de lire au générique que le film est produit par les deux vrais agents, ils se sont payé leur pub, construit leur propre légende en finançant un film à leur gloire, mais après tout je me dis pourquoi pas, les Américains font ça tous les jours. Tant que le résultat est correct et que cela donne un film qui ne soit pas indigne, comme ici, profit, mercantilisme, ego surdimensionné et autocongratulion sont de toutes façons des données omniprésentes dans le milieu du cinéma.

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Revu pour la millième fois avec les enfants ce coup-ci, ma fille en est méga fan comme quoi même un vieux truc de plus de 45 ans peut encore franchir les générations.

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Petit retour à Monteiro dont j'ai quasi achevé de refaire cette intégrale avec l'un de ses plus grands films, 3ème partie de la trilogie Jean de Dieu. C'est toujours aussi immense, perturbant, provocateur, à revoir aujourd'hui, peut-être même encore plus dérangeant qu'à l'époque, et au delà du contenu, qui filme mieux que Monteiro ? C'était vraiment un immense metteur en scène, à tous niveaux, mais plastiquement, je ne connais pas beaucoup de cinéastes aussi époustouflants.
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cyborg
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Les images tremblantes et confuses ouvrant Backrooms n'étaient qu'un leurre. A rebours des attentes, l'horreur principale du film se manifestera au contraire par des visuels nets et précis. Désormais l'angoisse ne viendrait plus d'une limitation qualitative des images (sur lequel reposait, par exemple, Blair Witch et autres films de "caméra embarquée") mais se draperait de leurs perfections aliénantes et de leur prolifération.

Si tel est le cas, le choix de placer l'action du film dans les années 90 n'est pas simplement esthétique mais conceptuel. Ici la Haute Définition semble scruter son lointain parent low-fi : par un regard retrospectif, Backroom se penche sur notre rapport inédit aux images induit par la naissance du format vidéo. Si j'aime à dire que les images numériques n'ont "plus de dos" (au sens de "plus de verso", comme pouvait l'avoir un tirage 10x15) elles n'en sont pas "plates" pour autant. Au contraire ces images ont un volume d'un genre nouveau. Leur démultiplication à l'excès, leur capacité à "apparaitre" n'importe où, leur stockage supposément infini, ont fait naitre une dimension nouvelle, un "volume" qui porterait en germe le concept "d'espace liminal". En ce sens, Backrooms mettrait en scène l'apparition de ce monde nouveau, généré par une technologie inédite, jusque dans ses dérives.

Un des aspect les plus intéressants de la philosophie des techniques est sa façon d'explorer les liens et rétroactions se tissant entre corps et outils, entre esprits et machines. Backrooms suit cette voie en établissant rapidement un rapport entre les espaces mystérieux qu'explore Clark et son espace mental. Le problème est que ces espaces sont hantés. Mais non pas hanté par une mystérieuse entité maléfique mais par Clark lui-même, par ses souvenirs immédiats ou plus lointains, par ses frustrations, ses hontes, ses remords. Il est toujours intéressant de regarder un film d'épouvante en se demandant non pas "quelle est la figure du mal qui habite le film" mais "que représente-elle ? Que dit-elle de nous, de notre société ?". Avec cette clé de lecture, la réponse est ici : le mal vient de nous-même, de notre rapport à l'inconscient. Et si notre inconscient est malade c'est peut-être parce qu'il est modelé par notre rapport aux images, lequel confine lui-même à une forme de folie par son omniprésence délirante.

Ici se dessine le nœud d’intérêt que présente Backrooms : sa mise en relation de la structure de notre psychisme et la structure de nos technologies visuelles (Backroom, film d'horreur structurel ?). En ceci Kane Parsons signe un film spécifiquement de son époque (transformant la santé mentale en sujet horrifique) et qui ne pouvait provenir que d'une personne de sa génération. Si l'on aime à rappeler la jeunesse du réalisateur, peut-être est-il encore plus important de rappeler un fait complémentaire : Kane Parsons est plus jeune que Youtube... de 6 mois. Si nous autres, êtres ancestraux, avons pu connaitre un avant et un après, lui n'a connu que cette époque, cette dimension inflationniste de l'image mélangée aux techniques néo-libérales les plus sauvages (avec toutes les logiques de standardisation, de répétition ad-nauséam, de reboot, de superficialité, d'aliénation qu'elles engendrent). Il est donc l'auteur le plus à même de s'y situer et d'en pointer les aveuglants problèmes.

Si le parallèle est ambitieux, il est particulièrement réjouissant qu'il soit traité avec toute l'ambition cinématographique qu'il mérite. Les choix de Parsons sont ainsi extrêmement maitrisés et échappent aux tics hollywoodiens redoutés, en optant au contraire pour des images précises et une direction d'acteurs remarquable. La grande question de mise en scène du film rejoint l'une des plus importantes du cinématographe : l'espace. Le film déploie progressivement cette approche au long du film et de la déambulation avec Clark et dans son esprit (esprit, rappelons-le, d'un architecte raté - la blague est délicieuse) à travers un dédale aux formes improbables, aux perspectives biscornues et aux circulations alambiquées toujours adroitement mise en images. Il y a fort à parier qu'à une porte près, chacun se serait retrouvé à errer dans ses propres méandres les plus intimes. Car, assurément, les backrooms ne sont pas le seul esprit de Clark, mais la forme spatiale prise par l'esprit d'une génération façonné par les images et les technologies numériques.
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groil_groil
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C'est peut-être le film le plus simple de Christopher Nolan, et c'est aussi l'un de ses plus beaux, un film ouvert, ample et beau, qui ressemblerait presque à un Ridley Scott réussi (je sais ça parait compliqué, mais il y parvient). On se fout complètement de savoir si l'oeuvre originale est trahie ou non, d'ailleurs la plupart des gens qui s'en offusquent ne l'ont sans doute pas lu, ou pas depuis le lycée, et leur réaction n'est souvent qu'une pose, ce qui compte c'est que l'esprit de la chanson homérienne soit là, et c'est le cas : le film est épique, le héros héroïque, le geste est ample et généreux, certes très américain, mais comment peut-on faire autrement quand le plus grand cinéaste hollywoodien s'empare d'un texte dont la projection est si hollywoodienne, comment s'attendre à autre chose ? Toutes les grandes étapes de L'Odyssée sont bien au rendez-vous, du Cyclope à Circée, du chant des Sirènes à Calypso, même si les scènes avec cette dernière, jouée par Charlize Theron, ressemblent plus à une pub Dior sur la plage aux couleurs contrastées, qu'à une scène mythologique. Qu'importe au final, l'ensemble se tient, se tient bien et offre des morceaux de bravoure incroyables, le Cyclope, la sortie du cheval de Troie, la visite à Tirésias au royaume d'Hadès ou l'épisode moins connu des Lestrygons, assez terrifiant. Mais le plus important dans tout ça, c'est que le film ressemble vraiment à un beau film de Nolan, il a réussi à en faire un projet incroyablement personnel. Par son image, noire, ocre, dense, par le ton général de l'ensemble, sa mise en scène en scène, spectaculaire, certes mais qui n'en fait jamais trop non plus (sauf au niveau du son, qui atteint une spatialisation et une force rarement entendues auparavant), mais qui sait aussi se faire plus sobre, mesurée lorsque c'est nécessaire, et surtout dans sa construction narrative. Le déroulé du film n'est en effet jamais linéaire. Il commence chez Pénélope qui attend patiemment le retour de son mari en repoussant avec difficulté une horde de prétendants, puis bascule sur Ulysse mais qui est alors chez Calypso et qui tarde à rentrer, drogué et inconscient du temps qu'il passe là-bas, puis revient au début des aventures d'Ulysse, mais son fils, Télémaque décide de partir à sa recherche, et lui aussi devient un vecteur narratif, car lorsqu'il arrive chez Mélénas, ce dernier lui raconte la guerre de Troie et quelques exploits de son père, occasionnant de nouveaux flashes back et un nouvel axe narratif. Le film se construit à partir de ça, le présent du récit étant celui de Pénélope et tout le reste raconté en différents flashes back qui se croisent en permanence, formant des tresses de récit toujours incroyablement fluides et sans le moindre confusion. Mais surtout, et pour finir, le film est très personnel car il brasse des thématiques qui sont chères à son cinéaste. C'est simple, je vois finalement L'Odyssée, comme un remake d'Interstellar, ça me semble assez évident. Il y est question d'un homme qui part aux confins de son espace, au-delà même de l'espace connu, pour vivre sa vie d'homme, son destin, sa carrière, et qui cherche ensuite désespérément à rentrer chez lui pour pouvoir voir son fils grandir, ce qu'il ne verra pas car dans les endroits - sur les planètes - où il est retenu, le temps s'écoule différemment (on parle de passer 10 ans sur une plage avant d'attaquer, puis Calypso altère le temps en droguant Ulysse à coup de fleurs de lotus). Et puis il finira par rentrer, mais son fils est déjà devenu adulte, il part déjà vers sa destinée, il va devenir roi. Ulysse est certes rentré, mais il n'a pas vu son fils grandir, il a échoué dans son rôle de père.
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cyborg a écrit : jeu. 23 juil. 2026 01:00 Les choix de Parsons sont ainsi extrêmement maitrisés et échappent aux tics hollywoodiens redoutés, en optant au contraire pour des images précises.
[...]
La grande question de mise en scène du film rejoint l'une des plus importantes du cinématographe : l'espace.
Cela dit, le passage à travers le mur... :( : j'ai été assez déçu par cette "trouvaille" cinématographique : on a vu ça cent fois, non ?
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Je ne vois pas que en quoi ce choix de mise-en-scène aurait à voir avec un "tic hollywoodien" ? Et les gens qui passent à travers les murs ce n'est pas Hollywood qui l'a inventé non plus.

Pour ma part j'ai surtout aimé que la porte soit invisible puis qu'il la marque ensuite avec du skotch bleu. Ca m'a rappelé Le Mont Analogue de Daumal : "La porte de l'invisible doit être visible"...
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Mikey, Nicky, les lettres diffèrent mais les prononciations anglaises sont extrêmement proches, créant une confusion récurrentes aux oreilles des spectateurs. Les deux personnages, les deux hommes, ne sont séparés que par un caractère, pis encore, par la patte typographique d'une lettre. C'est sur cet enchevêtrement que repose la dynamique du film.
Tandis que Nicky se cache dans un hôtel, persuadé d'être menacé de mort, il appelle son vieil ami Mikey à sa rescousse pour le sortir du pétrin. S'en suivra une longue dérive nocturne des deux truands à travers New-York, de bar en cinéma, de bus en voiture, de cimetière en appartements. Réalisé par Elaine May, le film ressemble à s'y méprendre à une version alternative du cinéma de Cassavettes, par ses acteurs évidemment, mais aussi par son ambiance, son énergie, sa mise en scène. Mais ici la réalisatrice ne semble pas scruter des relations humaines, plutôt un combat intérieur entre deux personnages qui n'en forment qu'un, les deux faces d'une même pièce qui ne serait autre qu'un certain type de masculinité.
Alors que l'on pensait que le film jouerait la carte du "good guy - bad guy", on s'aperçoit vite qu'ils sont chacun "bad guy" à leurs manières, au point de devenir presque indiscernable l'un de l'autre par les dialogues confus, par les faits et par les gestes. Le long-métrage finit presque par tendre vers une sorte de schizophrénie lorsqu'une de ses scènes centrales est constituée par la longue bagarre des deux personnages au sein d'une ruelle sombre, semblant soudain totalement identique par leurs gestuels, leurs corpulences, leurs tenues (seul la couleur de la cravate diffère, il me semble),. Assistons nous ici au final de Fight Club avant l'heure ? L'aboutissement du film (la mort de l'un des deux, que l'autre ne laisse pas rentrer dans son foyer et qui finit par se faire assassiner à même la porte), ressemble à un sacrifice psychologique, comme un esprit confus bien décidé à faire disparaitre sa plus mauvaise facette. Le film n'oriente en rien sa lecture dans cette direction, mais parfois les structures semblent parler d'elles-même.
Mikey & Nicky se révèle ainsi un film fort étrange et un peu épuisant, une variation atypique du thème du double (qui, il est vrai, m'obsède, tout en jalonnant l'histoire du cinéma) à la fois proche d'un cinéma tout à fait identifié (Cassavettes est là) et à sa marge, telle une comète se détachant de sa trajectoire pour nous raconter sa propre vision des faits.
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cyborg a écrit : jeu. 23 juil. 2026 17:15 Je ne vois pas que en quoi ce choix de mise-en-scène aurait à voir avec un "tic hollywoodien" ? Et les gens qui passent à travers les murs ce n'est pas Hollywood qui l'a inventé non plus.
Peu importe qui l’a inventée. Visuellement, je la trouve conventionnelle.

Cela me fait penser à ce que Godard racontait à propos de Hélas pour moi : pour réaliser la scène de l’arrivée de Dieu (Depardieu), il voulait qu’il marche sur l’eau; il avait rendu visite à plusieurs sociétés qui lui proposaient leurs solutions visuelles. Il en était reparti en courant. Puis il a imaginé son sublime dispositif (le changement de chapeau de Depardieu, etc.).

Il en va de même pour cette scène. Je la trouve conventionnelle et mille fois vue.


cyborg a écrit : jeu. 23 juil. 2026 17:15 Pour ma part j'ai surtout aimé que la porte soit invisible puis qu'il la marque ensuite avec du skotch bleu. Ca m'a rappelé Le Mont Analogue de Daumal : "La porte de l'invisible doit être visible"...
Là OUI !
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