Film sympathique signé Geraldine Nakache, renvoyant à Mon Roi de Maïwenn : soit l'histoire d'amour sur 2 temporalités (les 2 premières années de relation puis le mariage 6 ans plus tard) entre Monia Chokri et Niels Schnieder.
Un mariage néanmoins assombri par le caractère toxique de ce dernier, prônant avant tout une pratique stricte de sa foi et un isolement progressif de sa compagne vis-à-vis de don entourage.
Le film vaut surtout pour la performance des 2 acteurs mais c'est bien écrit sans renouveler quoi que ce soit
3/5
Quelques mots d'amour, ou comment toucher en plein coeur avec une justesse comique et émotionnelle rares pour explorer une unité familiale fragilisée par l'absence de la figure paternelle. Hafsia Herzi est encore une fois stellaire, et Nour Alam une belle révélation en ado dévorée par ce désir de reconnaissance d'un père absent. C'est constamment juste, et un vrai plaisir
3.5/5
Après Cold War en 2018, Pawel Pawlikowski brasse avec Fatherland un nombre assez dingue de thématiques en 1h15. Un modèle de subtilité dans l'écriture des dialogues pour traiter une Allemagne en perte de repères (familiaux, patriotiques, philosophiques..), tandis que les divins Hanns Zischler et Sandra Huller ncarnent respectivement Thomas Mann et sa fille. En résulte un voyage dans l'Allemagne communiste d'après-guerre impeccablement filmée (le chef op' de Zone of Interest et Hamnet) dans un sublime noir et blanc jusqu'à un final parfait. Cela méritait peut-être un approfondissement sur divers points via une durée plus ample, mais en l'érat une belle réussite
3.5/5 ou 4/5
Ni Hitchcockien, ni minéral comme Kieślowski, Histoires Parallèles trouve néanmoins sa voix dans un récit au cast XXL tenu par le regard de Farhadi, où le désir de fiction vient contaminer insidieusement le réel pour faire remonter ses sédiments relationnels. Ça commence assez difficilement tout de même, avec cette impression d'entre-soi et ces scènes de fiction clichées. Pourtant, le script à combustion lente arrive à renverser ses codes, traiter ses 5 personnages et retomber sur ses pattes. Rien de marquant, mais ça reste une sympathique proposition qui est étonnamment cohérente avec le cinéma iranien (le rapport à autrui et la surveillance)
3/5

Body horror timoré et récit (trop) scolaire n'empêchent pas Sanguine d'être une honnête série B, mettant en lumière une jeunesse en burn-out bien personnifiée par Mara Taquin. Et puis en tant que médecin forcément petit affect sur son propos : le récit suit une interne dans le service des urgences d'un hosto, tandis qu'une mystérieuse maladie hémolytique touche certaines personnes. D'abord via des saignements par tous les pores, les signes laissent présager une transformation des hôtes du virus...
En terme de visions horrifiques on reste sur du classique, qui sert son fond thématique, au service d'une mise en scène carrée (c'est le 1er film de Marion Le Corroller). Classique, mais amusant
3/5

Tangles, ou un récit sensible conjuguant romance, comédie et drame dans un récit biographique hanté par l'Alzheimer maternel. Le medium de l'animation montre encore qu'il s'agit du moyen expressionniste ultime au cinéma, proposant un superbe noir & blanc crayonné n'hésitant pas à verser dans le surréalisme sans annihiler la dimension intimiste et émotionnelle. Un très bon film, mature et indpirant malgré son climat de chagrin
4/5
Sheep In The Box ne renouvelle rien des thématiques de SF lié à un être aimé artificiel, en l'occurence un enfant (AI, Black Mirror...), ce qui de facto en fait un Kore-eda vraiment mineur. Le réalisateur sait ceci dit toujours capter l'humain et traiter la parentalité et le deuil via sa caméra de velours. C'est bien mis en scène, bien interprêté, mais le côté programmatique (jusqu'aux citations directes du Petit Prince de St-Exupéry) nuisent à l'émotion
2.5/5

Les kiffeurs d'Hamaguchi seront peut-être aux anges sans questionner ce que raconte ce Soudain, mais on tient là un gros parpaing lénifiant de 3h15 qui se veut complètement didactique. Centrée sur la (réussie) relation entre les personnages de Virginie Efira et Tao Okamoto, le film veut avant tout promouvoir une attitude humaniste envers les seniors d'EHPADs. Un retour à la médecine douce centrée sur l'infividu, et à une société moins basée sur le capitalisme. Mais tout ça est fait avec didactisme (une scène de 30 min où les actrices t'expliquent ce qu'est le monde occidental comme en cours de collège) sans réelle évolution de personnage.
C'est dommage, car le film est du vrai Hamaguchi aérien par instants (cette super scène de dialogue en franco-japonais le long des Quais du 13e arrondissement, le final..) et les actrices sont au top. Mais le tout parait vain et rébarbatif.
2/5

Incroyable : Guillaume Canet revient au thriller, et réussit (presque) un bon film 20 ans après Ne le dis à personne. Photographié par Benoit Debie (le chef op' de Gaspar Noé), Karma prend place à la frontière entre la France et la Catalogne. Il se permet même de reprendre 2 acteurs de As Bestas : Luis Zahera et Denis Ménochet ! Ce dernier campe ainsi le chef d'une communauté sectaire, dont le personnage joué par Marion Cotillard s'est échappée 7 ans plus tôt. Mais lorsque son filleul est porté disparu, elle va devoir revenir au sein de cette communauté pour tenter de le retrouver.
C'est propre en mise en scène, le cast est von, mais après une 1e heure bien tenue le script convoque des codes un peu galvaudés dans le but de dépeindre cette secte religieuse autogérée. Un bon moment quand même, on en attendait pas autant de la part de Canet
3/5

Belle pioche que Gentle Monster, porté par une excellente Léa Seydoux en mère de famille découvrant l'horrible crime supposé de son mari. Difficile d'en dire plus sans divulgacher, mais le film saisit bien aux tripes pour ce qui est de sonder l'horreur du doute en attente de jugement ou de contre-preuves. Dommage que structurellement par contre, sa dernière partie doit moins forte, offrant un flash-back plutôt inutile et un personnage réusdi de flic finalement relégué au second plan. Pas mal quand même
3/5