The Odyssey (Christopher Nolan, juillet 2026)
Posté : mer. 6 mai 2026 12:02
Et surtout je trouve que c'est l'un des rares films de guerre qui amène à s'interroger sur le rapport au temps dans un conflit.
Généralement, un film de guerre se concentre sur une mission (Soldat Ryan), une localisation (Stalingrad), une phase particulière de la guerre (Le Jour le Plus Long) ou alors un point de vue (Shindler). Le temps n'est ici qu'une frise en guise d'agenda pour dire :
- Là les généraux ont l'idée de la mission
- Là le personnage principal rencontre machin
- Là y a son premier combat
- Là machin meurt.
...
L'intrigue du film pourrait se dérouler sur 1 journée ou 2 mois... ça ne changerait rien au rythme du film, ni la perception qu'on en aurait en tant que spectateur.
Et c'est là que j'aime beaucoup Dunkirk : il nous amène vraiment à nous dire : "En fait... pour tel soldat... comme la guerre a dû être longue car stress intense sur plusieurs jours de combat, tandis que pour d'autres soldats, c'était une mission d'une heure par semaine : donc le gros stress le temps d'un moment."
Et cette notion a été pas mal décuplée entre 2014 et 2018 car on y fêtait les 100 ans de la WW1 : et durant cette période, la LCP, ARTE et France 5 s'adaptait pour faire des documentaires adaptés par rapport au centième aniversaire de chaque évènement.
- L'Attentat de Sarajevo
- Les déclarations de guerre au jour le jour.
- Les taxis de la marne
- Le début de Verdun
- La fin de Verdun (dans mon imaginaire elle durait des années cette bataille... alors qu'en fait elle a à peine duré 10 mois)
- Le Lusitania
- La révolution Bolchevique
...
Et je trouvais ça PASSIONANT de faire l'expérience, à 100 ans d'intervalle, de cette impression du temps qui passe. Parce que même quand il n'y avait pas de documentaire spécial synchronisé, ben en fait je me demandais :
"Au fait, c'est toujours Verdun en ce moment... donc là en ce moment y a plein de gens entrain de se faire tuer à 2 heures en voiture de Paris."
...
Et je trouve que Dunkirk, le film de Nolan... est l'un des rares films de guerre a réussir (ou essayer) pendant 2 heures d'interroger le spectateur sur cette perception du temps et des distances (parce que tout se déroule entre deux plages : celle de France et celle d'Angleterre... deux terrains visibles d'un côté comme de l'autre... et pourtant y a un terrain qui symbolise la sécurité et l'autre le danger).
Et là-dessus... Dunkirk fait merveille.