Le Centre de Visionnage : Films et débats

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groil_groil
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Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12

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Un scientifique est envoyé dans l'espace à des années lumière de la Terre afin de résoudre un problème majeur qui fait qu'une étrange substance est en train de bloquer la diffusion de la lumière du Soleil. Arrivé sur place, il y rencontre une étrange présence extra-terrestre, sorte de minecraft avec des pattes de crabe; et ils vont oeuvre ensemble, et même devenir amis, afin de trouver une solution au problème puis de tenter de rentrer chacun chez soi. Si le film, porté à bouts de bras par Ryan Gosling qui ne s'en tire pas si mal, est amusant dans son postulat, proposant une vision plus ludique et bon enfant de la SF traditionnelle, il finit par fatiguer par excès de niaiseries et autres neuneuseries qui font que le film finit par ressembler à une production Disney ou équivalent, tout poli tout lissé et bien propret du dedans comme du dehors...

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Alors évidemment c'est un très bon film, super intelligent, super bien mis en scène, qui dresse un magnifique parallèle avec notre époque, qui montre parfaitement comment on bascule dans le fascisme en mêlant laxisme et capitalisme, bref, c'est un super beau film, en plus il cartonne, ce qui prouve qu'il remplit aussi sa fonction sociale, et c'est vraiment salutaire, et encourageant, mais malgré tout ça, je ne peux pas m'empêcher d'être déçu, sans doute car on me l'avait trop vendu et que je m'attendais à un chef-d'oeuvre absolu. Dans le détail, déjà, je trouve que les anachronismes ne fonctionnent pas, qu'ils soient musicaux ou dans les dialogues. Entendre Alphaville ou Opus là-dedans ça n'a aucun sens, si ce n'est faire le petit malin. Pop Corn ça fonctionne un peu mieux, car la scène est dansée, mais Luc Moullet l'avait déjà fait de danser sur Pop Corn in extenso, déjà vu... Marre veut sans doute dire que ce qu'il se joue dans son film est intemporel mais alors pourquoi passer des vieux hits des 70's et des 80's qui ne parlent absolument pas aux jeunes d'aujorud'hui. Pourquoi ne pas passer des hits actuels ? On passe des hits par souci de connivence avec son public, qui a grandit dans ces décennies là, et je trouve le clin d'oeil un peu grossier. Idem pour le personnage qui refuse une cigarette en disant 'non merci j'essaie d'arrêter' ou des tics de langage qui sont ceux d'aujourd'hui, je ne comprends à quoi ça sert, si ce n'est à me sortir du film, à déréaliser l'ensemble. Après je trouve aussi que le film est trop long, oui c'est bien que ça dure, pour qu'on comprenne le glissement, très bien, mais il y a bien 30mn de trop à mon sens, où ça s'écoute parler un peu trop... Le film souffre aussi à mes yeux d'un manque de moyens par rapport à ses ambitions affichées. Car j'adore les films fauchés, au contraire ce sont même souvent les meilleurs, mais il ne faut pas jouer à la grande reconstitution et ne pas avoir les moyens de la mettre en scène. Attention, on croit à ce qu'on voit, les costumes, les décors, c'est parfait, mais le film souffre d'enfermement, les seuls rares moments extérieurs sont à la campagne, dans les champs, et lorsqu'on sort en ville, on ne voit pas une seule profondeur de champ, on cadre serré, et ce pourrait n'être qu'un vulgaire détail, mais là on en souffre. Je trouve que le film souffre de ne pas parvenir à montrer. C'est d'ailleurs intéressant de voir que parmi les choses les plus intéressantes du film, il y a les lettres qu'envoie l'épouse de Marre à son mari. Des moments bouleversants, mais qui restent à l'état de texte, comme si on ne parvenait pas à les filmer. Un mot sur la comédienne Sandrine Blancke qui joue le rôle de l'épouse : elle est bouleversante, pour moi c'est le plus beau personnage du film, et toutes les scènes où elle joue sont les meilleurs moment du film. Et elle forme un magnifique duo avec Swann Arlaud, qui est extraordinaire de bout en bout. Swann Arlaud, Henri Marre, donc, collabo, admirateur de Pétain, et vrai arrière-grand-père du cinéaste. Je pense qu'il avait besoin de faire ce film pour expier un trauma familial et personnel, ça ne doit pas être facile d'avoir un tel personnage dans son arbre généalogique. Marre charge Marre bien sûr, mais je pense que si cela n'avait pas été son aïeul il l'aurait accablé d'avantage. On retient quand même pas mal le bel homme, on lui trouve non pas des excuses mais des circonstances atténuantes. Je ne pense pas que le cinéaste veuille le dédouaner de toute responsabilité, au contraire, il le rend responsable, mais je pense quand même qu'une certaine indulgence, compréhension, empathie, je ne sais pas comment le formuler, entre en compte, à cause des liens familiaux, même de manière inconsciente, et cela me dérange.

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La montage accouche d'une souris, mais on m'avait tellement dit que le dernier Farhadi était catastrophique (un peu à l'image du reste de sa carrière non ?) que j'en étais presque agréablement surpris. Enfin un cinéaste étranger qui sait filmer les acteurs français, c'est suffisamment rare pour le souligner, et son intrigue à tiroirs est souvent vaine, mais elle distille une petite musique qui n'est pas désagréable à suivre (le travail excellent du chefop y est d'ailleurs pour beaucoup).

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Revu cet immense film, sorte de Foucault + Besson au carré, sur une des plus anciennes et des plus passionnantes affaires criminelles de notre pays, qui est filmé avec une recherche absolue de la vérité dans son sens ontologique qui force l'admiration. Je lui connais un héritier, le très beau 'Bruno Reidal, confession d'un meurtrier' de Vincent le Port, sorti récemment. Il faut que je vois d'urgence le film de Nicolas Philibert (que j'adore) Retour en Normandie, que j'ai en dvd depuis des lustres, et qui revient sur le tournage de ce film immense.

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Alors que son ex-femme entre en clinique psychiatrique, un homme s'éprend d'une jeune patiente aux troubles bien développés va-t-on dire, qui fout le feu à la propriété avant de s'enfuir avec lui. Le film sera leur longue fuite en avant, recherchés par la police comme des Bonnie & Clyde ou plus encore les héros de Badlands de Terrence Malick. C'était la première fois que je voyais un film de Jean-Gabriel Albicocco et la surprise est de taille. Il peut avoir un côté très agaçant par ses aspects criards, les acteurs hurlent tout le temps, la caméra bouge en permanence, mais il est d'une originalité que je n'avais jamais vue dans le cinéma français. Il tourne tout le temps au fisheye, créant des perspectives grand angle totalement hallucinante, et plus le film avance, plus il vire à l'épure et se perd dans la nature hédoniste, rappelant aussi bien Terence Malick que Wernez Herzog ou encore dans un autre registre Kenneth Anger. Une vraie curiosité !

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Immense film, peut-être le meilleur Cukor, et l'un des premiers grands chefs-d'œuvre sur la masculinité toxique et sur le désir de l'homme d'anéantir la femme aimée pour mieux la posséder, la dominer, l'exterminer par simple exercice du pouvoir. C'est magistral.

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J'adore Landis, mais je n'avais vu Innocent Blood qu'une fois, cette relecture est plus que bénéfique car c'est un bon film, qui est à la croisée des chemins des genres et de l'oeuvre de Landis dans son ensemble. Car c'est à la fois un film d'horreur et un film de mafieux (on y voit toutes les têtes connues et identifiées, avant ou après, chez Scorsese, De Palma ou dans les Sopranos), c'est à la fois un drame, une romance et une comédie, et on se retrouve pile poil entre Le Loup Garou de Londres et Série Noire pour une Nuit Blanche. Le film, estampillé film d'horreur, ne fait franchement pas peur, mais ce n'est en rien un défaut, tant l'ambiance créée par Landis ici se satisfait à elle-même et renvoie au spectateur un sentiment de plénitude.
I like your hair.
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