Outre le fait que j'étais assis à 2 sièges de Simon Pegg...complètement soufflé par Ray Gunn, qui est non seulement le meilleur film de Brad Bird depuis 30 ans, mais également à mon sens son plus grand film derrière Iron Giant et les Indestructibles !
Pourtant on pense être en terriroire familier de prime abord, avec ce mélange de Double Indemnity/Buck Rogers. Mais loin d'être simplement un amalgame stylistique (qui je l'admets fonctionne parfaitement d'entrée de jeu en venant mettre le moi enfant en pleine turgescence), Ray Gunn convoque tous les codes du film noir et en fait la diégèse parfaite malgré la classification PG.
Meurtre, adultère et tension sexuelle (oui!) cohabitent dans un mélange flashy qui ne démériterait pas avec le Pixar de la grande époque, et c'est dans nul doute sa plus grande réussite primaire : élever le cinéma d'animation américain grand public en digérant un cinéma adulte sans réel filet.
Et ce, sans se trahir : c'est beau, l'ambiance jazzy-noir (superbe score de Michael Giacchino) est délectable, et Brad Bird surprend où on l'attendait pas.
Ray Gunn délivre carrément les meilleures scènes d'action de sa filmographie (une poursuite dans un ascenseur, puis sur les toits et enfin en voiture volante m'a décroché la mâchoire), mais aussi les meilleurs dialogues de sa carrière. Bird propose pléthore de mini plans-séquences pour laisser infuser son ambiance (notamment pour les dialogues).
Faux-semblants, marchandage, séduction.... Brad Bird embrasse le genre avec maturité et se fait plaisir comme un gosse pour ce qui est de mettre en scène cette Metropia héritée de Moebius.
Et si cela ne suffisait pas, le film assène un beau message sur le racisme et tire à boulets rouges sur toute une industrie phagocytant la sève artistique (malgré ses 30 ans de gestation, Ray Gunn est complètement d'actualité).
De plus, on tient d'emblée des personnages déjà cultes au sein de la carrière impressionnante de son cinéaste (c'est vraiment à voir en VO pour le talent de Sam Rockwell, Tom Waits et surtout Scarlett Johansson).
Du coeur, du fond, de la forme... on tient un nouveau petit chef-d'oeuvre à mon sens !
4.5 ou 5/5