Le Centre de Visionnage : Films et débats

Discutez de vos récentes expériences cinématographiques et complétez vos Tops annuels !
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

groil_groil a écrit : jeu. 6 août 2026 09:40 Ce qui déstabilise dans ce film, c'est qu'on se demande comment Breillat a pu se faire avoir de la sorte, car c'est vraiment flagrant que le type est là pour profiter d'elle et de son argent. Et ce qui est beau, mais qui peut être frustrant également, c'est que le film ne répond pas à cette question. Il montre les choses via le regard de Breillat, et cela semble presque naturel de succomber à cet homme, comme si le point de vue était celui non d'une cinéaste qui avait pris le recul nécessaire pour faire le point sur un pan de sa vie, mais au contraire celui d'une femme venant de subir un AVC.
C'est exactement ce que j'avais ressenti quand je l'avais vu à sa sortie. Je m'étais alors dit que la grande chance de Catherine Breillat, c'est d'être une femme d'une force peu commune. Elle a toujours répété que le métier de metteur en scène est un métier d'homme et, en revoyant ce film, on comprend mieux pourquoi : elle est tout sauf une déprimée (ce n'est ni Claire Denis ni Naomi Kawase, quoi).
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
groil_groil
Messages : 5082
Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12

sokol a écrit : jeu. 6 août 2026 11:40

C'est exactement ce que j'avais ressenti quand je l'avais vu à sa sortie. Je m'étais alors dit que la grande chance de Catherine Breillat, c'est d'être une femme d'une force peu commune. Elle a toujours répété que le métier de metteur en scène est un métier d'homme et, en revoyant ce film, on comprend mieux pourquoi : elle est tout sauf une déprimée (ce n'est ni Claire Denis ni Naomi Kawase, quoi).
Oui je trouve l'acte assez courageux, notamment car elle ne se met vraiment pas en valeur.
I like your hair.
Avatar du membre
Tamponn Destartinn
Messages : 1489
Enregistré le : ven. 9 oct. 2020 21:11

Image
Les matins merveilleux - Avril Besson

J'étais très enthousiaste à la sortie, mais le temps passant, je me dis que c'était surtout pour India Hair qui est à son meilleur. Et aussi pour le refus de raconter une histoire classique, notamment avec l'idée brillante de désamorcer immédiatement le rôle d'Eric Cantonna (non, ce n'est pas un film sur une fille qui retrouve son père inconnu...)
Ceci dit, un film d'errance sans scénario fixe dans un coin paumé du Sud proche de la mer, on en a eu un autre cette année, c'était Affection Affection. Et la différence est évidente : la mise en scène. Avril Besson filme trop clasiquement son film pour que cela marche pleinement. On est dans un entre-deux étrange et un peu vain, infine.

Image
Le triangle d'or - Hélène Rosselet-ruiz

A l'inverse, ici il y a un sujet, un gros. Un récit de lutte des classes, où une jeune fille de 20 ans qui compte faire l'armée devient en attendant la servante de la compagne d'un prince saoudien richissime. Elle accepte un dévouement 24h/24 et 7 jours sur 7 en échange d'un très gros salaire. Au premier abord, le rapport dominant/dominé est évident entre les deux femmes, mais progressivement, on comprend que la femme n'est "qu'une" maitresse et que son statut est tout aussi précaire, si ce n'est plus, que celui de celle qu'elle traite comme une esclave. Forcément, une fois les faux semblants envolés, leur relation évolue...
Je trouve le sujet passionnant, le choix du huis clos dans cet hôtel particulier/prison pertinent... mais j'ai déchanté sur sa dernière partie et surtout sa fin. Tout me semblait converger vers une sorte de relecture de La Cérémonie de Chabrol. Où les quatre prolétaires abusés (je compte le garde du corps palestinien et surtout la panthère noire séquestrée !) s'unissent ensemble pour péter la tronche à leur bourreaux... Bon ben pas du tout. On est dans un aveu d'échec total, une incapacité à bouger les lignes. Après, je ne dis pas non. Récemment, le Anora de Baker allait aussi dans cette direction. Mais justement, si on compare les deux, clairement il y en a un qui tient un propos à cet égard, et l'autre qui semble juste renoncer comme ses personnages. C'est dommage. Mais je pense que la réalisatrice (que je connais de loin) est à suivre.
Avatar du membre
groil_groil
Messages : 5082
Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12

Image

Visiter il y a quelques jours les châteaux de Louis 2 de Bavière, Neuschwanstein et Linderhof, m'a forcément donné envie de revoir Ludwig, un des plus beaux Visconti à mes yeux. Je n'avais jamais réalisé un truc, c'est que selon Visconti, le film fait partie d'une trilogie complétée avec Les Damnés et Mort à Venise. On peut trouver ça assez tiré par les cheveux, mais personnellement j'y vois une belle logique, une sorte de trilogie du décadentisme poussé à son extrême, Et vers les extrêmes. Ludwig serait le dernier volet, mais personnellement je le lis aussi comme les prémices des Damnés. Où comment un monarque, incapable de gouverner, s'enferme progressivement dans un monde clos, coupé de tout contact et de toutes règles extérieures, et va recréer son propre monde, régi par des règles internes et totalement coupées du monde extérieur. On peut voir cela comme les origines du nazisme quelque part, surtout que Ludwig est là au moment où l'Allemagne est censée s'unifier et qu'il lutte beaucoup pour ne pas faire partie de cette grande Allemagne promise, comme s'il se sentait supérieur aux autres. Mais je vois surtout dans le Ludwig de Visconti, le chantre du décadentisme, portrait miroir du Gustav von Aschenbach de Mort à Venise. Les deux se coupent totalement du monde extérieur et cristallisent leur attention sur un détail romantique, la beauté d'un jeune garçon chez l'un, l'enfermement dans des palais toujours plus beaux pour l'autre. L'obsession de Ludwig était de reconstruire était de singer Louis XIV en essayant de reconstruire son Versailles à lui, et de s'y enfermer, seul, pour tenter de reproduire ce que les romantiques décadents nomment l'Artifice, plus beau que la nature, par essence. C'est fou d'ailleurs, d'imaginer que Ludwig était la plus part du temps seul en ces lieux grandioses. Quand on visite Linderhof on voit cette table de diner étrange qui disparait dans le sol quand le monarque avait fini de diner pour que même les serveurs, les valets, n'entrent pas en contact avec lui pour lui amener son diner ou débarrasser la table. C'est d'ailleurs très bien montré dans le film, mais sachez que cette table à mécanisme est réelle, c'est dingue. Bref, ces deux personnages, Gustav d'un côté, Ludwig de l'autre, sont sans doute les deux personnages ayant le mieux incarné le décadentisme au cinéma, sortes de projection du Des Esseintes de Husymans au cinéma. Il faudrait désormais que je revois le mal-aimable Les Damnés que je connais un peu moins bien que les deux autres, mais ce film est tellement dur à regarder qu'il me rend malade à chaque fois. Et je pense que c'est volontaire de la part de Visconti, de rendre ce film impossible à aimer, justement à cause de son sujet.
I like your hair.
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Je viens d’avoir un deuxième écho d’applaudissements dans une salle de cinéma à la fin de L’Odyssée.

À mon avis, c’est parce que les gens approuvent la fin, assez moralisatrice : Ulysse prend conscience de ce qu’il a fait et décide de partir.

Et chez vous, ça applaudi ?
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Kahled
Messages : 1502
Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 18:04

sokol a écrit : dim. 9 août 2026 20:56 Je viens d’avoir un deuxième écho d’applaudissements dans une salle de cinéma à la fin de L’Odyssée.

À mon avis, c’est parce que les gens approuvent la fin, assez moralisatrice : Ulysse prend conscience de ce qu’il a fait et décide de partir.

Et chez vous, ça applaudi ?
Pas vraiment. :D

En vrai, je pense que ceux qui applaudissent le font surtout pour le souffle épique que dégage le film. La fin moralisatrice, c’est vraiment pas le truc que je retiens le plus de l’ensemble (perso, j’avais surtout hâte que ça se termine). :lol:
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Kahled a écrit : dim. 9 août 2026 21:14 La fin moralisatrice, c’est vraiment pas le truc que je retiens le plus de l’ensemble (perso, j’avais surtout hâte que ça se termine). :lol:
Pense bien que je ne parlais pas de toi ! :D Mais sur Internet, je lis que les gens commentent beaucoup sa fin, surtout son renoncement au trône car cela correspondrait au fameux dégagisme, devenu quasiment une espèce de sport collectif sur les réseaux sociaux (un exemple frais : les Népalais, après avoir fait une révolution partie d’Internet, ont renversé leur gouvernement élu, dit communiste, pour élire comme Premier ministre un rappeur de 36 ans :lol: :cry:
https://www.courrierinternational.com/a ... pal_242293
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
groil_groil
Messages : 5082
Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12

ça a applaudit un tout petit peu à Paris, mais comme le dit Kahled c'est surtout des gens qui étaient bluffé par le spectacle qu'ils venaient de se prendre dans la tronche, je l'ai ressenti ainsi en tout cas.
I like your hair.
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

groil_groil a écrit : lun. 10 août 2026 09:23 ça a applaudit un tout petit peu à Paris, mais comme le dit Kahled c'est surtout des gens qui étaient bluffé par le spectacle qu'ils venaient de se prendre dans la tronche, je l'ai ressenti ainsi en tout cas.
Si on va par là, niveau spectacle, les Spider-Man & co. sont quand même bien mieux placés, non ? Et je ne parle même pas de tous les autres films d’action...
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
groil_groil
Messages : 5082
Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12

Image

Revu avec les enfants qui sont en pleine Eddie Murphy mania. C'est marrant d'ailleurs, ce comédien qu'on ne connait en fait qu'à moitié, car on préfère systématiquement sa VF. Immense doubleur certes, qui a contribué pour beaucoup au succès du comédien en France (doubleur mort il y a peu de temps d'ailleurs) mais qui pour le coup nous prive un peu du jeu de Murphy, sa voix française étant indissociable de son jeu d'acteur. Est-ce le seul à bénéficier ou subir ce sort ? Harrison Ford (même s'il a changé plusieurs fois de doubleurs), Sean Connery et Bruce Willis sont les autres acteurs qui me viennent en tête mais en y réfléchissant il n'y a que peu de films avec ces acteurs-là que je choisis de regarder en VF alors que pour Murphy, c'est la totalité. Quoiqu'il en soit, Le Flic de Beverly Hills est un chouette film, et je pense qu'on va leur montrer les deux autres, signés Scott et Landis, même s'il me semble me souvenir qu'ils sont soit plus violents soit plus vulgaires que le premier volet.

Image

En pleine lecture de l'intégrale des Rougon-Macquart, je tente ensuite d'en voir les nombreuses adaptations réalisées pour le cinéma. Avec Gervaise, René Clément adapte en 1956 L'Assomoir, qui est pour le moment (j'en suis à la moitié) le gros chef-d'oeuvre de l'ensemble de l'oeuvre. Clément est très proche de l'oeuvre, peut-être même un peu trop, et en deux heures, il ne peut en proposer qu'un résumé. C'est un joli résumé, propre et fidèle, mais il ne peut qu'effleurer la richesse et la complexité du roman. Surtout, j'ai l'impression qu'il ne parvient pas du tout à en saisir l'immense noirceur, le profond désespoir qui l'habite. Son adaptation est trop proprette et bien comme il faut, ses cafés trop propres et ces personnages trop lisses. On ne peut pas lui en vouloir plus que ça, c'est sans doute lié aux us du cinéma de l'époque, mais j'ai un peu l'impression d'en voir une version édulcorée qu'on rendrait accessible à des scolaires. Et puis quel drôle de choix que de confier le rôle de Gervaise à Maria Schell qui a plus le profil d'une actrice à la Romy Schneider avec son étrange diction, qui ne ressemble pas du tout à l'idée qu'on se fait du personnage en lisant le roman, même s'il faut bien admettre qu'elle donne de sa personne et qu'elle finit par être convaincante grâce à sa gestuelle, car elle joue beaucoup avec son corps, et c'est plutôt appréciable au final car le rôle est très physique.
I like your hair.
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Je me cite (même si, je cite surtout Rohmer) mais c'est pour la bonne cause :
sokol a écrit : mer. 29 juil. 2026 11:07 Il n'y a que des images dans le dernier film de Nolan (rappelons-nous que Rohmer disait que le cinéma n'est pas seulement constitué d'images, mais avant tout de plans).

Bégaudeau parle pendant 15 minutes du cinéma de Nolan.
https://www.youtube.com/watch?v=Y-QwJn-b6Tk

Et il dit, je le cite :
"Un plan (une séquence, une figure cinématographique propre) de Nolan, n’existe pas. Il y a simplement des figures scénaristiques dans ses films"
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Kahled
Messages : 1502
Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 18:04

sokol a écrit : lun. 10 août 2026 10:07 Je me cite (même si, je cite surtout Rohmer) mais c'est pour la bonne cause :
sokol a écrit : mer. 29 juil. 2026 11:07 Il n'y a que des images dans le dernier film de Nolan (rappelons-nous que Rohmer disait que le cinéma n'est pas seulement constitué d'images, mais avant tout de plans).
Bégaudeau parle pendant 15 minutes du cinéma de Nolan.
https://www.youtube.com/watch?v=Y-QwJn-b6Tk

Et il dit, je le cite :
"Un plan (une séquence, une figure cinématographique propre) de Nolan, n’existe pas. Il y a simplement des figures scénaristiques dans ses films"
Oui, c’est tiré de sa Gêne Occasionnée sur Tenet (très fournie de mémoire).
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Kahled a écrit : lun. 10 août 2026 11:49 Oui, c’est tiré de sa Gêne Occasionnée sur Tenet (très fournie de mémoire).
ah ok, c'est pour cela que "L'Odyssée" n'est pas évoqué. Merci !
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Seulement 11 000 spectateurs à ce jour pour "L’Aventure rêvée"... :sweat:

Meanwhile, L’Odyssée franchit le milliard au box-office mondial (1 milliard et 104 millions de dollars : c’est le montant atteint dimanche 9 août)

P.S. 1 : Cinéma, je t’encule
P.S. 2 : "Soudain" sort demain :bounce:
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

ah oui, j'ai oublié :

P.S.3 : "Bienvenue chez les Ch’tis" a été vu par 20,5 millions de personnes :fu:
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
cyborg
Messages : 483
Enregistré le : ven. 9 oct. 2020 10:11

@groil_groil : juste pour info complémentaire, le doubleur de Murphy n'est pas qu'une voix mythique mais aussi un réalisateur de films aussi formidables que méconnus. Son nom est Med Hondo ;)
Avatar du membre
groil_groil
Messages : 5082
Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12

cyborg a écrit : mar. 11 août 2026 12:33 @groil_groil : juste pour info complémentaire, le doubleur de Murphy n'est pas qu'une voix mythique mais aussi un réalisateur de films aussi formidables que méconnus. Son nom est Med Hondo ;)
ah merci, tu me l'apprends !!!
I like your hair.
Avatar du membre
len'
Messages : 117
Enregistré le : lun. 19 juil. 2021 13:22

groil_groil a écrit : lun. 10 août 2026 09:54 Revu avec les enfants qui sont en pleine Eddie Murphy mania. C'est marrant d'ailleurs, ce comédien qu'on ne connait en fait qu'à moitié, car on préfère systématiquement sa VF. Immense doubleur certes, qui a contribué pour beaucoup au succès du comédien en France (doubleur mort il y a peu de temps d'ailleurs) mais qui pour le coup nous prive un peu du jeu de Murphy, sa voix française étant indissociable de son jeu d'acteur. Est-ce le seul à bénéficier ou subir ce sort ? Harrison Ford (même s'il a changé plusieurs fois de doubleurs), Sean Connery et Bruce Willis sont les autres acteurs qui me viennent en tête mais en y réfléchissant il n'y a que peu de films avec ces acteurs-là que je choisis de regarder en VF alors que pour Murphy, c'est la totalité. Quoiqu'il en soit, Le Flic de Beverly Hills est un chouette film, et je pense qu'on va leur montrer les deux autres, signés Scott et Landis, même s'il me semble me souvenir qu'ils sont soit plus violents soit plus vulgaires que le premier volet.
Patrick Poivey (Bruce Willis), Richard Darbois (Harrison Ford, Richard Gere), Emmanuel Curtil (Jim Carrey), Thierry Desroses (Samuel L. Jackson), Daniel Beretta (Schwarzenegger), Emmanuèle Bondeville (Michelle Pfeiffer), Virginie Ledieu (Meg Ryan), Michel Papineschi (Robin Williams)… Si je bascule de la VF à la VO pour tous ceux-là, j’ai l’impression que ce ne sont plus les mêmes acteurs. Dommage qu’on ne prenne plus le temps et le risque de faire appel à des voix aussi atypiques pour les doublages d’aujourd’hui, et des acteurs aussi fabuleux surtout, parce que ce sont avant tout des acteurs.
Avatar du membre
len'
Messages : 117
Enregistré le : lun. 19 juil. 2021 13:22

sokol a écrit : lun. 10 août 2026 09:28 Si on va par là, niveau spectacle, les Spider-Man & co. sont quand même bien mieux placés, non ? Et je ne parle même pas de tous les autres films d’action...
T’as déjà vu un des derniers Spider-man ? Il y a même plus d’images, il y a plus rien du tout. Ces films-là (ou plutôt ces machins) ne te désespèrent pas simplement sur le cinéma mais sur l’état de l’humanité en général.
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

len' a écrit : mer. 12 août 2026 14:53 T’as déjà vu un des derniers Spider-man ? Il y a même plus d’images, il y a plus rien du tout. Ces films-là (ou plutôt ces machins) ne te désespèrent pas simplement sur le cinéma mais sur l’état de l’humanité en général.
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.

C’est intéressant, ce que tu dis. Je n’ai jamais vu un seul Spider-Man & co. (le dernier film Marvel/DC Comics que j’ai vu, c’était "The Dark Knight, Le Chevalier noir", justement de ce même Nolan. Ça remonte à 2007. C’est dire !)

Mais j’ai lu un peu à gauche et à droite sur le dernier "Spider-Man" et quelque chose me dit que, peut-être, il y a un tout petit peu plus de cinéma (des plans, des séquences, des figures cinématographiques) que dans "L’Odyssée". Mais ce n’est bien évidemment qu’une hypothèse ! Car je me demande si, à propos de ce dernier, comme le dit Critikat, je les cite, « on aurait encore préféré un péplum un peu daté façon "Troie" de Wolfgang Petersen » (en bon godardien incorrigible, je fonctionne par association, qui est une démarche dialectique. Même si, là, je pars d’une hypothèse, puisque je n’ai pas vu Spider-Man).
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

len' a écrit : mer. 12 août 2026 14:53
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.
Ca, par contre, oui, l'idée que Nolan a sauvé le cinéma ( :D ), circule énormément sur les réseaux sociaux (tout en précisant qu’il a sacrifié Homère : acteurs de couleur, changement de la fin, etc., etc). Donc tu vois, c’est toujours très lié à l’histoire (au scénario, à la morale du film, quoi).
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
Tyra
Messages : 1700
Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 16:59

sokol a écrit : mer. 12 août 2026 15:54
len' a écrit : mer. 12 août 2026 14:53
C’est peut-être pour ça que certains ont applaudi à la fin de l’Odyssée, ils se sont dit que c’était un chef-d’œuvre en comparaison.
Ca, par contre, oui, l'idée que Nolan a sauvé le cinéma ( :D ), circule énormément sur les réseaux sociaux (tout en précisant qu’il a sacrifié Homère : acteurs de couleur, changement de la fin, etc., etc). Donc tu vois, c’est toujours très lié à l’histoire (au scénario, à la morale du film, quoi).
Ce qui distingue Nolan des autres "faiseurs de blockbusters", c'est qu'il tient au filmage en décors réels, évitant le plus possible le recours à la béquille des images numériques qui enlaidissent l'ensemble de la production grand public à l'heure actuelle. Cette seule volonté qui va à l'encontre de l'industrie semble valoir comme système cinématographique au yeux des gens, et doit produire un certain effet par les temps qui courent, d'où les applaudissements à la fin.
Au pays des aveugles, les cyclopes sont rois. :D
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Tyra a écrit : jeu. 13 août 2026 10:55
Ce qui distingue Nolan des autres "faiseurs de blockbusters", c'est qu'il tient au filmage en décors réels, évitant le plus possible le recours à la béquille des images numériques qui enlaidissent l'ensemble de la production grand public à l'heure actuelle.
Je ne crois pas que ce soit l'unique raison mais bon, ça doit faire partie du délire
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Kahled
Messages : 1502
Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 18:04

En fait, Nolan est un réalisateur de « blockbusters d’auteurs » parce qu’il se targuerait à la fois de faire du cinema d’action spectaculaire ET du cinéma cérébral (donc « intelligent »). Et, pour citer Bégaudeau (encore), il ne peut pas gagner sur tous les tableaux.
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 11:43 En fait, Nolan est un réalisateur de « blockbusters d’auteurs » parce qu’il se targuerait à la fois de faire du cinema d’action spectaculaire ET du cinéma cérébral (donc « intelligent »). Et, pour citer Bégaudeau (encore), il ne peut pas gagner sur tous les tableaux.
Toutes mes connaissances l’ont vu et m’ont dit : "Ça donne envie de lire Homère" :D
J’ai chaque fois une envie folle de leur rappeler ce que disait Godard à propos de "La Liste de Schindler" (" Il a fallu que les Américains voient ce film pour qu’ils apprennent l’existence de la Shoah " ), mais je me retiens, car je ne parle de cinéma qu’ici et à la maison
:D
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Kahled
Messages : 1502
Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 18:04

Sur Soudain. :love:

Il serait tentant mais réducteur de voir dans Soudain un simple pot-pourri du cinéma d’Hamaguchi. Si on retrouve effectivement tous les motifs de son cinéma depuis Senses, au minimum, comme la représentation théâtrale et le jeu sur les multiples langues qui avaient déjà été pleinement abordés dans Drive my car, les longues discussions de Senses, ou encore le vampirisme capitaliste du Mal n’existe pas, ici, Hamaguchi opère un nouveau virage.

Il délocalise son intrigue en France, sans pour autant oublier son pays natal vers lequel il revient avec aisance, rendant les frontières beaucoup plus poreuses par l’image et par l’entraide, ce qui est le projet de ce beau et grand film qui nous introduit d’abord dans le quotidien d’une locale, Marie-Lou, dirigeante d’un EHPAD au bord du burn-out, aux prises avec les contradictions capitalistes de la gestion budgétaire de son établissement et à la stratégie de sa direction, alors que se met en place un nouveau système de traitement des résidants, dont l’horizon est la liberté et l’autonomie de ces derniers, avant de complexifier son jeu en abordant la rencontre avec le personnage de Mari, une metteuse en scène japonaise atteinte d’un cancer terminal, le film lorgnant un peu vers ce que Chris Marker appelait le dépays, espace autant mental que géographique dans lequel les rapports entre les deux personnages vont pleinement et intimement se déployer et redessiner un imaginaire d’une profonde vivacité, et un champ des possibles alors impensé : emprunter la voie qui amène de l’impossible au possible pour paraphraser plus ou moins Mari - je pense que toute la clé de ce film riche et foisonnant se situe-là.

C’est sans aucun doute le film le plus pédagogique de l’auteur, son plus didactique aussi, et celui où la parole est à la fois la plus maîtrisée - on perd un peu la fragilité qui faisait la beauté de Senses à ce niveau, je me rappelle de ce magnifique échange entre un mari en instance de divorce et une jeune écrivaine après sa représentation littéraire où les mots étaient davantage hésitants et tâtonnants - et la plus foisonnante, dense, stimulante et riche intellectuellement, ça parle capitalisme avec une précision rare et bienvenue, vulgarisant avec une aisance redoutable des concepts tout à fait précis, c’est presque d’utilité publique pour parler un peu trivialement - et quand je pense qu’on a parlé en ces termes du film L’Abandon sorti quelques mois plus tôt, ça me donne d’autant plus envie de vomir quand on voit ce qu’Hamaguchi a fait à côté, c’est d’un tout autre niveau (bref…).

Le film est découpé en chapitres, lesquels vont créer des espaces géographiques - un jardin dans un EHPAD, une scène dans un théâtre, une esplanade parisienne - et des temporalités qui vont mettre en leur centre les actrices, lesquelles vont alors laisser libre cours à toute leur intelligence, de jeu, de parole, d’actes et de gestes pour donner vie à l’utopie à l’œuvre dans ce film beau et généreux : la dignité des patients, leur liberté et, pour cela, l’abolition totale des frontières dessinées par le capitalisme, en brouillant au maximum les barrières entre les résidants et le personnel de l’établissement, chacun devenant tour à tour soignant et patient, les rôles s’intervertissant avec souplesse, avec ludisme au gré de ces ateliers et de ces cafés inventés et qui sont autant d’espaces d’émancipation à l’intérieur d’un système cloisonné.

C’est là que se trouve ce nouveau pays inventé par Hamaguchi : dans les interstices et les angles morts d’un système qui arrive à saturation.
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38
C’est sans aucun doute le film le plus pédagogique de l’auteur, son plus didactique aussi,
Un tout petit peu trop quand même :langue:
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Avatar du membre
sokol
Messages : 2470
Enregistré le : lun. 12 oct. 2020 11:54

Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38 le film lorgnant un peu vers ce que Chris Marker appelait le dépays, espace autant mental que géographique dans lequel les rapports entre les deux personnages vont pleinement et intimement se déployer et redessiner un imaginaire d’une profonde vivacité,
Alors, justement là, j’étais un peu déçu, car, comme je savais que Virginie Efira parlait japonais dans le film, je croyais que cela ne s’expliquait pas forcément scénaristiquement (or, on apprend qu’elle avait fait des études de japonais, etc., etc.), mais que c’était un « caprice » cinématographique, un peu comme dans un film des Straub, où l’on parle avec un accent pas possible, ou chez Godard, ou je ne sais trop. Il doit y avoir d’autres exemples, mais ils ne me viennent pas à l’esprit (quel est ce film où, d’un coup, un ou plusieurs personnages se mettent à parler une autre langue ? :??: ).
Je m’attendais plutôt à ce genre de folie.

Mais ça va, le film n’est pas romanesque pour autant, pas du tout même.

@B-Lyndon puisque tu as vu le film : qu’est ce que t’en penses ?
"Le cinéma n'existe pas en soi, il n'est pas un langage. Il est un instrument d’analyse et c'est tout. Il ne doit pas devenir une fin en soi".
Jean-Marie Straub
Kahled
Messages : 1502
Enregistré le : jeu. 16 juil. 2020 18:04

sokol a écrit : jeu. 13 août 2026 22:29
Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38
C’est sans aucun doute le film le plus pédagogique de l’auteur, son plus didactique aussi,
Un tout petit peu trop quand même :langue:
C’est pour la bonne cause ! :D
Avatar du membre
len'
Messages : 117
Enregistré le : lun. 19 juil. 2021 13:22

sokol a écrit : mer. 12 août 2026 15:51 Car je me demande si, à propos de ce dernier, comme le dit Critikat, je les cite, « on aurait encore préféré un péplum un peu daté façon "Troie" de Wolfgang Petersen » (en bon godardien incorrigible, je fonctionne par association, qui est une démarche dialectique. Même si, là, je pars d’une hypothèse, puisque je n’ai pas vu Spider-Man).
J’ai entendu quelqu’un dire que l’Odyssée lui a donné envie de revoir Troie qu’il a beaucoup aimé alors qu’il avait trouvé ça moyen à l’époque. Il a surtout parlé de décors plus touffus, plus jolis, donc je ne sais pas si on peut vraiment le prendre au sérieux (il n’aime pas Villeneuve pour les mêmes raisons, décors trop minimalistes à son goût). Cela dit, moi aussi j’ai de plus en plus tendance à réhabiliter des films des années 80-90 que je ne trouvais pas fameux et qui finalement, en comparaison…

Mais ça finit par m’inquiéter ce côté nostalgique que je ressens aussi. J’entends ce discours partout, et ça se voit partout sur les étagères des magasins avec les mêmes coffrets de vieux films qui ressortent tous les ans (et tous les autres trucs rétro qui vont avec). Surtout que certains ont de plus en plus souvent un discours réac qui se greffe à ça qui n’a plus rien de bon enfant.

Le problème aussi, c’est que la « période dorée » qui ressort régulièrement sur internet c’est surtout celle des années 90-début 2000 avec majoritairement des films américains. On ne fera pas les étonnés, mais bon, ça devient lassant. Des influenceurs prétendent tout connaître en cinéma mais focalisent en réalité uniquement sur cette période parce qu’ils n’ont connu que ces films quand ils étaient enfants. Si seulement tous les gros influenceurs cinéma sortaient de leur zone de confort et s’intéressaient aux cinéastes de la Nouvelle Vague ou au cinéma italien des années 60, ce serait déjà un sacré progrès dans la nostalgie. On peut toujours rêver.

C’est pour ça que j’étais content de voir une star et influenceuse comme Charli XCX sur un grand plateau tv citer Rivette, même si on a toujours l’impression que c’est devenu quelque chose de super-intellectuel de citer Rivette, alors que non, c’est juste naturel. Il faut être plus intellectuel selon moi pour apprécier Bienvenue chez les ch’tis et les Marvel parce qu’ils nécessitent un bagage beaucoup plus important en matière de codes culturels, de langage, etc. Je me dis, un extra-terrestre qui débarque et qui ne connaît rien à la Terre, j’ai bon espoir qu’il ne s’oriente pas vers Bienvenue chez les ch’tis ou spider-man en premier.
Avatar du membre
groil_groil
Messages : 5082
Enregistré le : jeu. 8 oct. 2020 21:12

Image

Je pense que dans 2000 ans (ou moins), si tu veux montrer un film qui serait le cas typique du film d'action américain des 80"s, eh bien tu pourras choisir celui-ci. C'est vraiment un cas d'école. Et c'est plutôt bien fait, Tony Scott va vite, mais il est encore en début de carrière, donc son cinéma reste lisible, on a le temps de voir chaque plan. D'ailleurs il a tellement privilégié l'action sur ce second volet que j'ai lu qu'on lui avait demandé de tourner a posteriori des scènes d'humour, de gag, pour les réinsérer dans le film au montage, tant elles manquaient.

Image

Inspiré des souvenirs de la jeune réalisatrice (son second film, je crois), L'Académie narre une première année de Beaux-Arts à l'Académie de Munich - ville que j'ai eu du plaisir à retrouver quelques jours après l'avoir visiter. Ce n'est pas un grand film de cinéma, la mise en scène est justement très scolaire, mais j'ai passé un bon moment, notamment pour tout ce qu'elle a pu y vivre d'édifiant.

Image

Une adolescente est contrainte par ses parents d'être toujours en fuite, ou à défaut sur le qui-vive, suite à un passé des parents lié à des activités terroristes. La gamine prenant vraiment conscience de la difficulté de la situation lorsqu'elle tombe amoureuse d'un garçon. Premier film de Christian Perzold, Contrôle d'identité est un film plutôt réussi, notamment dans sa première partie, présentant cette famille en fuite de manière permanente, sans qu'on ne comprenne alors pourquoi, et ne sachant plus au bout d'un moment si le danger est réel ou fantasmé. Le film rentre un peu plus dans le rang dans sa seconde partie mais reste recommandable.

Image

Revu avec les enfants, cette très réussie adaptation de Gaston Leroux par le plus tintinophile des cinéastes, transformant son Rouletabille en petit Tintin et rajoutant au roman beaucoup de liberté et surtout d'humour, tout en restant fidèle à l'esprit. Du cinéma classique mais mutin, et jamais vieux.
I like your hair.
Avatar du membre
B-Lyndon
Messages : 957
Enregistré le : sam. 10 oct. 2020 09:31

sokol a écrit : jeu. 13 août 2026 22:45
Kahled a écrit : jeu. 13 août 2026 15:38 le film lorgnant un peu vers ce que Chris Marker appelait le dépays, espace autant mental que géographique dans lequel les rapports entre les deux personnages vont pleinement et intimement se déployer et redessiner un imaginaire d’une profonde vivacité,
Alors, justement là, j’étais un peu déçu, car, comme je savais que Virginie Efira parlait japonais dans le film, je croyais que cela ne s’expliquait pas forcément scénaristiquement (or, on apprend qu’elle avait fait des études de japonais, etc., etc.), mais que c’était un « caprice » cinématographique, un peu comme dans un film des Straub, où l’on parle avec un accent pas possible, ou chez Godard, ou je ne sais trop. Il doit y avoir d’autres exemples, mais ils ne me viennent pas à l’esprit (quel est ce film où, d’un coup, un ou plusieurs personnages se mettent à parler une autre langue ? :??: ).
Je m’attendais plutôt à ce genre de folie.

Mais ça va, le film n’est pas romanesque pour autant, pas du tout même.

@B-Lyndon puisque tu as vu le film : qu’est ce que t’en penses ?

Sur le japonais d'Efira ? Il me semble (j'ai vu le film en juin) qu'elle se met à parler comme si de rien n'était, dans la scène où elles sillonnent Paris depuis Bercy non ? (Soit dit en passant, ça vaut ce que ça vaut d'un point de vue cinématographique, mais j'habite à Paris depuis 8 ans et je n'ai jamais vu la ville filmée comme ça, avec une telle fantaisie et en même temps une telle vérité, de ce point de vue là le film est magnifiquement rivettien).

Parce qu'après il y a une justification scénaristique, oui, mais la première fois, la surprise et le plaisir est total. Et qu'il y ait oui ou non une justification scénaristique, ça ne change rien pour moi. De plus, la langue chez les Straub n'a rien d'un caprice, puisqu'ils cherchent avant tout à représenter "l'ancrage" sous toutes ses formes. Soudain est un anti-Staub : il cherche l'air, la légereté, la porosité des idées, des cultures, des systèmes.

Je rejoins tes réserves sur le chapitrage qui pour moi corsète un peu trop le film, joue trop à lui donner un cadre ordinaire alors qu'il n'a rien d'ordinaire. Mais à part ça, je suis assez fou du film. Sa gentillesse radicale et politique, comme sa façon de filmer Paris, je n'ai pas vu ça ailleurs.

Et un mot sur les acteurs et actrices du film : :love2:
« j’aurais voulu t’offrir cent mille cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l’appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous »
Répondre